Découvrez mon activité d'écrivain public agréé
Président de l'Academie des écrivains publics de France
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A l’heure où une vague homophobe déferle sur la France, le clip vidéo « Collège boy », du mythique groupe Indochine, ne pouvait pas mieux tomber. Ecrit et réalisé par le talentueux Xavier Dolan, ce
court-métrage rappelle une réalité crue : l’homophobie tue.
De bonnes âmes, jouant parfois les vierges effarouchées, se sont dites choquées de la violence de ce clip, où l’on voit un jeune lycéen, harcelé par ses camarades de classe, se faire uriner dessus puis finalement crucifier et tuer à balles réelles.
Prenons un peu de recul.
Tout d’abord, nous sommes là dans une fiction, une allégorie, et non un reportage. C'est de l'art. Et la fiction dit souvent les choses aussi bien que le documentaire. Comme en témoigne cette formidable "trouvaille" des yeux bandés, paraboles de tous ces « moutons » qui suivent aveuglément ceux qui crient au loup.
Ensuite, si le harcèlement ne va pas en général jusqu'au meurtre (mais parfois, quand même, jusqu’au viol* qui est un crime), il provoque souvent le suicide. Xavier Dolan aurait pu se « contenter » d’évoquer un suicide, voire de le montrer. Mais c’était ne pas regarder la réalité en face. Car cet assassinat symbolique témoigne à la fois de la cruauté de ce harcèlement et dénonce les vrais coupables. Dans un suicide, le seul « coupable » avéré est celui-là même qui s’est donné la mort. Trop facile.
En outre, l’action se déroule visiblement dans un lycée catholique (on voit d’ailleurs un rideau – celui du bureau du
directeur ? - retomber furtivement à une fenêtre une fois le crime commis). On peut ainsi imaginer que le clip renvoie à l’hypocrisie de l’Eglise qui condamne l’homosexualité, mais a longtemps
couvert des prêtres pédophiles, les établissements catholiques étant parfois le lieu de ces crimes, comme en témoigne le film récemment diffusé sur France 2, Le silence des églises, et adapté de faits réels. Un évêque belge, André-Joseph
Léonard ne vient-il pas de déclarer que traduire systématiquement tous les prêtres coupables de faits de pédophilie en justice s'assimile à un acte de vengeance. N'est-ce pas aussi choquant
et insupportable ?. Ai-je entendu un seul évêque français condamner ses propos ? Aucun ! Violer un enfant, c’est le crucifier.
Enfin, notre téléréalité de caniveau montre aujourd’hui des images bien plus choquantes et toujours plus indécentes (cf. « Confessions intimes » par exemple), sans aucun talent pour le coup et même de manière très vulgaire et voyeuriste. Rien de tout cela dans les superbes images de Xavier Dolan.
Le groupe Indochine et Xavier Dolan ont le mérite, outre de répondre aux textes homophobes de Section d’assaut, de donner un coup de projecteur sur le drame quotidien encore subi par des dizaines et des dizaines de collégiens et lycéens gays, contraints de cacher leur homosexualité par peur des conséquences si cela se savait, ou de subir, lorsqu’elle est connue, parfois dans l’indifférence générale, les sarcasmes et les violences de jeunes homophobes, avec parfois, oui et encore oui : la mort. Le suicide d’un jeune gay harcelé est une forme d’autocrucifixion.
* Il faut d’ailleurs s'interroger sur le sens d’un tel acte et sur la force du refoulement de l’homosexualité qui conduit un homophobe à punir un homosexuel en commettant lui-même un acte homosexuel. L’homophobe homosexuel refoulé tente de détruire une image de lui-même qui le dégoûte ou lui fait peur.
Voir le clip
Le président de l'Assemblée Nationale, Claude Bartolone, vient de recevoir une menace de mort sous la forme d'une enveloppe remplie de poudre. La semaine dernière, des députés de droite et de gauche qui soutiennent le projet de loi ont reçu une lettre anonymes citée par la journaliste Caroline Fourest, dans laquelle ils sont menacés d’êtres « pendus pour avoir trahi le France » et qui dit, notamment : « Les naïfs croient que les juifs de Sénat votent en 2013 pour le bien des gouines et des pd. C’est faux. Les juifs de tous temps travaillent en souterrain pour eux et polluent tout ce qu’ils touchent ». On croirait se retrouver dans l’intrigue antisémite dénoncée par Umberto Eco dans « Le cimetière de Prague » (à lire absolument). Voilà les démons – la bête immonde - que réveille la droite homophobe en faisant mine de ne pas y toucher. Et que l’on ne vienne pas me dire que c’est le projet de loi qui suscite cette haine. Ce sont bien les appels à la sédition et à la discrimination qui font remonter toute cette fange empoisonnée à la surface de notre République.
Il y a 11 ans, au lendemain du 21 avril 2002, j'ai, sans hésiter, par réflexe républicain, voté Chirac pour dire non à Le Pen. Je suis
même descendu dans la rue pour manifester mon attachement à la démocratie. Et hier, 21 avril 2013, j'ai vu l'UMP défiler bras dessus bras dessous avec le FN , contre le mariage pour tous et, au
delà contre notre démocratie représentative et parlementaire. J'ai longtemps assumé ce vote. Aujourd'hui, je le regrette amèrement. Pire : J'AI HONTE.
Florilège de commentaires postés sur Facebook à propos du mariage pour tous.
13 avril 2013.
On aurait aimé que tous ces cathos coincés, prout-prout, frigides et psychorigides, frustrés et refoulés, manifestassent avec autant - sinon plus - de véhémence et d'indignation contre les dizaines de prêtres et moines pédophiles qui ont détruit la vie de centaines de garçons et de filles, avec la complicité de la hiérarchie catholique ! Moi j'ai vu des amis prêtres brisés parce que le pape les avait démis de leur fonction sacerdotale en raison de leur relation amoureuse saine avec une femme alors que, dans le même temps, la hiérarchie se contentait de déplacer discrètement des prêtres pédophiles, d'un lieu de crime à un autre. Je le dis, moi le chrétien, quelle est cette Eglise qui vient nous donner des leçons sur la protection de l'enfance, complice de crimes contre l'enfance qui a laissé crucifier ces enfants quand Jésus est mort sur la croix pour que plus jamais un être humain ne soit sacrifié ; quelle est cette Eglise qui vient s’opposer aux lois de la République adoptées dans un Etat démocratique; quelle est cette Eglise qui, implicitement au moins, laisse faire voire soutient des factieux haineux et homophobes ; quelle est cette Eglise dirigée par des hommes célibataires non élus dénier le droit à un couple d'hommes ou à un couple de femmes d'élever un enfant quand elle a laissé des êtres sans défense aux mains de prédateurs sexuels ? Honte, honte, honte.
[à propos d’un jeune homme qui de déclare prêt à mourir pour combattre le mariage pour tous] : Alors lui, ça doit vraiment être un refoulé de chez refoulé. Mais qu'il passe à l'acte (sexuel) et ça ira beaucoup mieux ! Fais l'amour pas la guerre mec ! (…) Oh je n'ai pas pitié. Faut juste qu'il arrête de se sentir coupable de mater les mecs dans la rue ou dans sa classe, ou aux vestiaires, ou à la piscine ! lol
Manuel VALLS pourrait peut-être faire arrêter la "fri*ba*" et quelques autres meneurs frustrés et refoulés (frustrés par ce que refoulés) pour trouble à l'ordre public, incitation à la haine, à l'insurrection. En outre, sauf à jouer très dangereusement avec le feu, la hiérarchie de l'Eglise catholique d'une part et l'UMP d'autre part devraient condamner ces agissements de la manière la plus ferme qu'il soit.
12 avril 2013.
Le Sénat a
adopté le projet de loi ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe. J'en ai des frissons partout. Et "mon" JPS qui cause en premier à l'issue de ce votre historique.. il parle de
"grande émotion", de "passer de la honte à la fierté". Vive la République, vive la France. Fier d'être socialiste et d'être le collaborateur parlementaire de Jean-Pierre Sueur.
La droite essaie de nous vendre un "contrat d'union civile" qu'elle a eu dix ans pour faire adopter après s'être farouchement opposé, au Parlement et dans la rue, parfois avec haine et violence au PACS qui est devenu tout à coup sa nouvelle bible. Quelle tartuferie !
Bien qu'elle s'en défende, la droite distille, derrière un discours faussement ouvert, rétrograde, conservateur, une idéologie fondamentalement homophobe en ce qu'elle valide une discrimination à l’égard des homosexuels qui n'auraient pas le droit au mariage parce que, finalement, ils se sont pas "comme tout le monde".
Excellente Esther Bensassa, sénatrice écologiste, qui a livré une émouvante explication de vote en faveur du mariage pour tous, tandis qu'un minable Philippe Darniche, lui succédant, parle de "nature", "lobby homosexuel" et autres mots affreux qu'il vaut mieux taire ici. N'en déplaise aux gays de droite : la droite est la gauche ça n'est pas la même chose. Cette loi et ce combat sont l'honneur de la gauche et de notre République !
[Dialogue avec un ami évêque de Cayenne, Emmanuel Lafont, qui a signé la pétition « Pour un recours constitutionnel contre le mariage pour tous »].
Emmanuel : Cette loi change la nature du mariage au lieu de l'étendre - car le mariage était déjà pour tous ! Il suffit d'en prendre les moyens, qui est de trouver un partenaire de l'autre sexe. Le risque le plus grave sera de faire de l'enfant un objet de droit et de le priver - PAR UNE LOI ! - de son droit fondamental à connaitre ses parents
Moi : « Prendre un partenaire de l'autre sexe" quand on est homosexuel » ?! Je ne comprends pas bien. On ne choisit pas sa sexualité. Il faudrait nier sa propre sexualité pour avoir le droit de se marier ? Si tu penses qu'un homosexuel choisit d'être ce qu'il est, alors, Cher Emmanuel, je tombe des nues. Tu es un homme d'une très grande intelligence. Je ne peux imaginer que tu penses cela.
Emmanuel : Tu as raison, Pascal, on ne choisit pas forcément sa sexualité. Je le reconnais parfaitement. Tu sais, si nous pouvions nous retrouver, ça me ferait plaisir. Et je ne suis pas d'accord avec beaucoup de choses qui sont dites, soit pour, soit contre ce projet de loi. Mais c'est sur la nature d'un "droit" que nous avons une divergence de compréhension. Christiane Taubira a parfaitement raison lorsqu'elle reconnait que ça n'est pas le mariage qui est étendu à tous, c'est la "nature du mariage" qui a été changée, de manière à ce que tous y aient "droit". Et encore une fois, ce qui nous paraît dans ce cadre le plus dangereux, c'est ce que cela va avoir comme conséquence pour les enfants. Pas pour les tiens, bien sûr, car ils connaissent leur père et leur mère, même si vous avez changé de situation matrimoniale. Mais Je parle des enfants - et nous allons arriver là, tu le sais bien - qui seront nés dans des conditions telles qu'ils ne connaîtront pas l'un ou l'autre - ou peut-être même qui sait, un jour, les deux, non pas parce que l'un ou l'autre ou les deux auront disparu, mais en raison de la manière même dont ils auront été conçus. Pour cela, LA LOI aura décidé qu'ils n'ont pas besoin de savoir. Quelle discrimination, tout de même !
Comme l'a très bien exprimé Dominique Baudis dans son rapport à la commission des lois, ce projet de loi a été rédigé à partir des adultes et ne traite des enfants « que par voie de conséquence »...
Moi : Mais la loi est d'abord faite pour les enfants comme les miens. Pour ces centaines d’enfants qui vivent
déjà dans des familles homoparentales. Mon compagnon s'occupe de mes enfants et les aime comme si c'étaient les siens. Sans pour autant que lui ou moins ne nions qu'ils ont une maire. Bien au
contraire. Les enfants adoptés par des couples hétéros ne connaissent pas non plus leur père et leur mère biologiques. Si l'on suit ton raisonnement, il faudrait interdire l'adoption tout court.
Or, ne penses-tu pas qu'un enfant sera plus heureux dans une famille homoparentale que dans un orphelinat ? Quant au "pas forcément" à propos de la sexualité, il est vraiment de trop. On ne
choisit pas. Tout court. On choisit ou pas de passer à l'acte, d’être chaste ou pas, abstinent ou pas (mais c'est vrai aussi pour les hétéros). Mais on ne choisit pas ses désirs. « Se retrouver »
: intellectuellement ? Ca va être difficile vu le fossé qui nous sépare sur ce point Et crois-moi que je le regrette du fond du cœur car je t'ai en très haute estime, tu le sais. En "vrai" pour
en parler de vive voix, de ça et de plein d'autres choses ? Avec grand plaisir.
10 avril 2013.
C'est dingue le nombre de gens de droite qui, tout à coup, sont favorables au PACS, après avoir, pour certains, il y a quelques années, défilé derrière des pancartes qui disaient : "Les PD au bûcher".
Mariage pour tous : mon Dieu que la droite au Sénat est affligeante ! Tous ces relents homophobes qui se cachent derrière un discours policé.
Combien, parmi ceux qui manifestent - parfois violemment - contre le mariage pour tous au nom de « l'intérêt et la protection de l'enfant » ont commis, couvert ou même subi cela ? Bas les masques les Tartuffe !
Le site « Vos Meilleures Idées », qui propose
des conseils en images pour la vie quotidienne, a réalisé un sujet sur mon activité d’écrivain public. J’étais en compagnie de Stéphanie Hadoux, aujourd’hui infirmière, que j’avais aidée dans la
relecture, la correction et la mise en page de son mémoire de fin d’étude.
Le sujet est ainsi présenté : «Vous devez rédiger votre mémoire de fin d'études mais vous souhaitez rendre un travail parfait sans fautes de syntaxe et
une mise en page parfaite? Pourquoi ne pas faire appel à un écrivain public qui saura être à l’écoute de vos besoins (courriers administratifs, secrétariat, lettres de motivations,
correspondances vie professionnelles etc.) et mettre à votre service son savoir-faire en termes de techniques de l’écrit ?»
>> Voir la vidéo
Quand des députés et des sénateurs socialistes refusent d’appliquer, pour eux-mêmes, la règle instaurée par
Martine Aubry, du non-cumul de leur mandat de parlementaire avec celui d’un exécutif local, ils commettent deux fautes.
D’abord, ils ne respectent pas la « loi du parti », ce qui, pour des législateurs, n’est pas très glorieux.
Mais surtout, ils privatisent purement et simplement un mandat qui ne leur appartient pas. Pour des raisons qui tiennent autant à un égo surdimensionné (ils se considèrent comme irremplaçables) qu’à l’appât du gain, soyons honnêtes.
Or, ce mandat, même s’il est le résultat (mais pas toujours) de leur engagement, ils le doivent d’abord aux militants socialistes de leur section, de leur circonscription, de leur département qui, un jour les ont désignés ; et à la direction du parti socialiste qui a validé leur désignation.
L’obstination des récalcitrants est un mauvais message envoyé non seulement aux militants du PS mais à tous les électeurs. Comment croire des élus qui ne sont même pas capables de tenir une promesse aussi facile et peu coûteuse (elle ne l’est d’ailleurs que pour eux) à appliquer ?
Il fut un temps où l’on disait les femmes incapables de faire de la politique. D’aucuns voudraient nous faire croire aujourd’hui qu’on ne peut jamais député ou sénateur débutant (ne l’ont-ils jamais été ?). Qu’il faudrait, en même temps, être et avoir été.
Les pieds sur terre
Dans ce débat, l’argument, brandi comme un étendard, de l’ancrage local ne tient évidemment pas. Il est fallacieux. Pour deux raisons. Et je suis bien placé pour le savoir, en tant que collaborateur d’un parlementaire au mandat unique. D’abord parce que, pour prendre l’exemple de Jean-Pierre Sueur, les permanences qu’il tient à Orléans, les centaines de kilomètres qu’il parcourt dans le département du Loiret chaque année, lui permettent, soyons-en sûrs, de garder les pieds bien sur terre. C’est -notamment - toute la misère de notre société qu’il reçoit dans son bureau chaque semaine. Ce qui ne l’empêche évidemment pas d’être présent dans l’hémicycle du Palais du Luxembourg. Bien au contraire.
Ensuite, parce que le cumul de deux mandats importants réduit en réalité la disponibilité pour être « sur le terrain ». Un député-maire d’une grande ville, par manque de temps, reçoit, dans son bureau, bien moins de ses concitoyens que ne le fait mon sénateur avec mon mandat unique.
Comme pour la parité, il ne faut donc pas compter sur le civisme, la bonne volonté, le sens du service, et l’abnégation pour supprimer le cumul des mandats concomitants (et dans le temps). Il faudra une loi stricte qui honorera la gauche. C’est à cette incontournable condition qu’on renouvellera profondément la pratique politique en France. Notre pays ne manque pas d’hommes et de femmes talentueux pour cela.
>> Voir le "cumuloscope" de Rue89 et encourager ses élus préférés à respecteur leur engagement
Le nier
serait se voiler la face : une certaine forme de racisme anti-Blancs existe bel et bien. Et si je m’autorise à affirmer cela, c’est que j’ai pu le constater moi-même, lorsque
mes enfants étaient scolarisés dans un établissement classé en ZEP, l’école Charles-Péguy dans le quartier populaire de l’Argonne à Orléans. Avec quelques autres familles, nous étions les
derniers « Blancs » et cadres moyens, militants à la FCPE, encore parents d’élèves dans cette école.
Nos enfants se faisaient régulièrement traiter de « franscouilles » et quand nous nous permettions, à titre personnel, de signaler aux parents
concernés, le comportement désagréable voire agressif de leur progéniture, nous nous heurtions la plupart du temps à de l’incompréhension, voire à une accusation de racisme. Pour ces raisons et
pour d’autres, nous avons d’ailleurs fini par craquer et les avons changé d’école.
Voilà pour le constat. Il est navrant mais bien réel. Cependant, s’en tenir à cela, comme le fait Copé, ne règle rien, bien au contraire. En plus du
fait qu’il fait, une fois de plus, le lit de l’extrême-droite.
Car, comme l’a si bien fait remarquer quelqu’un – dont j’ai oublié le nom - à la télévision récemment, jamais on n’a refusé à un Blanc, à cause de
la couleur de sa peau, un emploi, un logement ou encore l’accès à une discothèque. Le racisme dont sont victimes les Noirs, les Métis, les Antillais, les Nord-Africains, le Roms et les Asiatiques
est sans commune avec celui que dénoncent haut et fort Copé et sa clique.
Une vraie citoyenneté
Mais surtout, cette situation n’est qu’un très « normal » retour de bâton. Celui que l’on a utilisé pendant des décennies, outre le racisme ordinaire,
en parquant des populations entières dans des cités ghettos ; en refusant le droit de vote à celle et ceux qui, durant les trente glorieuses, sont venus construire nos routes, nos ponts, nos
voitures ; en reconduisant à la frontière leurs frères, oncles et fils venus chercher en France de quoi survivre et faire survivre leurs familles ; en rendant à leur égard une justice
discriminatoire.
En rendant très difficile, voire impossible, l’accès de ces populations à une vraie citoyenneté, politique, sociale, culturelle et économique, nous
avons favorisé le repli communautaire, mais aussi l’économie parallèle, l’intégrisme, les violences urbaines. Nous n’avons, je le crains malheureusement, pas fini de payer collectivement, le prix
de ces décennies de discrimination et de rejet.
A la suite de mon élection comme président de l'Académie des Ecrivains Publics de France le 22 juin, j'étais l'invité de France Bleu Orléans ce mercerdi 27 juin à 7h45.
Olivier Citron, Angerville-la Rivière ; Hubert Fournier, Neuvy-en-Sullias ; Claude Petit, Préfontaines ; Bernard Gallier,
Santeau ; Patrick Lutton, Barville-en –Gâtinais : ils sont cinq. Cinq maires du Loiret à avoir parrainé la candidature de Jacques Cheminade à la prochaine élection
présidentielle. Quand on découvre l’illuminé émission après émission, on se demande qui a bien pu offrir à ces idées aussi saugrenues que dangereuses une telle tribune. Et quand on lit les noms
de ceux qui ont succombé, on s’interroge sur leurs motivations. Car quand même, qui peut décemment souhaiter que se présente aux suffrages des Français un homme, qui, entre autres inepties,
défend l’idée que Barak Obama puisse être assimilé à Hiller, a mis la conquête de Mars à son programme ou considère l’attentat contre le World Trade Center comme une mystification ?
On trouve une explication dans La République du Centre de ce 3 avril 2012. L’un des élus concernés – dont je tairai le nom – confie au
quotidien départemental : « En 2002, comme cette année, Jean-Pierre Chevènement avait ma signature. Quand il s’est retiré, ma signature est allée à la première équipe qui m’a contacté,
afin de ne plus être sollicité. Même si je privilégie les petits candidats, je ne connais pas Jacques Cheminade. C’est le hasard » (sic).
S l’on peut s’étonner – pour le moins – qu’un parrainage puisse être ainsi accordé « par hasard », on espère néanmoins que l’élu a, depuis, pris
connaissance du « programme » de Jacques Cheminade.
Car derrière l’homme qui se donne des airs goguenard sur les plateaux de télévision, se cache un personnage qui défend des idées à côtés desquelles même
Marine le Pen pourrait passer pour un enfant de cœur. Bien sûr, Jacques Cheminade n’a jamais aucune « chance » (au sens mathématique du terme,) d’être élu président de la République. Mais, outre
qu’il est malsain d’offrir une telle tribune à ses idées nauséabondes, notre démocratie donne un triste spectacle en laissant croire que cet homme, qui ne représente quasiment que lui-même,
puisse prétendre à la plus haute responsabilité de l’Etat. Nous sommes, il est vrai, tombé bien bas depuis cinq ans. Inutile d’en rajouter.
Il a trouvé, comme souvent, les mots justes, la mise en
perspective pertinente. Plutôt que de longs discours sur l’analyse qui peut être faite des trois tueries qui ont touché Toulouse et Montauban ces derniers jours, je vous invite à
écouter la chronique Géopolitique de Bernard Guetta ce mardi 20 mars sur France Inter. Ou il
rappelle, notamment, que toutes les victimes ont un point commun : elles appartiennent à des minorités historiquement la cible des assassins et idéologues d’extrême droite : juifs, maghrébins,
musulmans, noirs.
La réaction de la «classe politique» reste pour, l’heure, très digne – y compris celle de Marine Le Pen, à cent lieues de ce qu’aurait pu éructer son
père en pareille circonstance, ce qui n’obère évidemment pas les compromissions antisémites est les propos haineux de la candidate FN à la présidentielle. Ceux qui distillent en permanence des
discours racistes ont toujours une part de responsabilité historique lorsqu’un homme convaincu de ces thèses passe à l’acte.
Mais face à un tel drame, c’est l'attitude de Nicolas Sarkozy et de la droite dite «républicaine» qui est le plus à craindre. Souvenons-nous de
l’affaire Paul Voise entre les deux tours de l’élection présidentielle de 2002 dont la droite, de Chirac à Montillot, fit ses choux gras sans vergogne ; ou encore de la tuerie de la grotte
d’Ouvéa en Nouvelle Calédonie quelques années auparavant. Je n’ai, pour ma part, aucune confiance en l’UMP en général et en Nicolas Sarkozy en particulier quant à ses capacités à résister à la
tentation d’instrumentaliser ces drames. Et à ce dangereux jeu-là, la droite sera toujours plus forte que la gauche, globalement attachée à une plus grande éthique politique.
>> Ecouter la chronique de
Bernard Guetta
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