Olivier Citron, Angerville-la Rivière ; Hubert Fournier, Neuvy-en-Sullias ; Claude Petit, Préfontaines ; Bernard Gallier,
Santeau ; Patrick Lutton, Barville-en –Gâtinais : ils sont cinq. Cinq maires du Loiret à avoir parrainé la candidature de Jacques Cheminade à la prochaine élection
présidentielle. Quand on découvre l’illuminé émission après émission, on se demande qui a bien pu offrir à ces idées aussi saugrenues que dangereuses une telle tribune. Et quand on lit les noms
de ceux qui ont succombé, on s’interroge sur leurs motivations. Car quand même, qui peut décemment souhaiter que se présente aux suffrages des Français un homme, qui, entre autres inepties,
défend l’idée que Barak Obama puisse être assimilé à Hiller, a mis la conquête de Mars à son programme ou considère l’attentat contre le World Trade Center comme une mystification ?
On trouve une explication dans La République du Centre de ce 3 avril 2012. L’un des élus concernés – dont je tairai le nom – confie au
quotidien départemental : « En 2002, comme cette année, Jean-Pierre Chevènement avait ma signature. Quand il s’est retiré, ma signature est allée à la première équipe qui m’a contacté,
afin de ne plus être sollicité. Même si je privilégie les petits candidats, je ne connais pas Jacques Cheminade. C’est le hasard » (sic).
S l’on peut s’étonner – pour le moins – qu’un parrainage puisse être ainsi accordé « par hasard », on espère néanmoins que l’élu a, depuis, pris
connaissance du « programme » de Jacques Cheminade.
Car derrière l’homme qui se donne des airs goguenard sur les plateaux de télévision, se cache un personnage qui défend des idées à côtés desquelles même
Marine le Pen pourrait passer pour un enfant de cœur. Bien sûr, Jacques Cheminade n’a jamais aucune « chance » (au sens mathématique du terme,) d’être élu président de la République. Mais, outre
qu’il est malsain d’offrir une telle tribune à ses idées nauséabondes, notre démocratie donne un triste spectacle en laissant croire que cet homme, qui ne représente quasiment que lui-même,
puisse prétendre à la plus haute responsabilité de l’Etat. Nous sommes, il est vrai, tombé bien bas depuis cinq ans. Inutile d’en rajouter.
Il a trouvé, comme souvent, les mots justes, la mise en
perspective pertinente. Plutôt que de longs discours sur l’analyse qui peut être faite des trois tueries qui ont touché Toulouse et Montauban ces derniers jours, je vous invite à
écouter la chronique Géopolitique de Bernard Guetta ce mardi 20 mars sur France Inter. Ou il
rappelle, notamment, que toutes les victimes ont un point commun : elles appartiennent à des minorités historiquement la cible des assassins et idéologues d’extrême droite : juifs, maghrébins,
musulmans, noirs.
La réaction de la «classe politique» reste pour, l’heure, très digne – y compris celle de Marine Le Pen, à cent lieues de ce qu’aurait pu éructer son
père en pareille circonstance, ce qui n’obère évidemment pas les compromissions antisémites est les propos haineux de la candidate FN à la présidentielle. Ceux qui distillent en permanence des
discours racistes ont toujours une part de responsabilité historique lorsqu’un homme convaincu de ces thèses passe à l’acte.
Mais face à un tel drame, c’est l'attitude de Nicolas Sarkozy et de la droite dite «républicaine» qui est le plus à craindre. Souvenons-nous de
l’affaire Paul Voise entre les deux tours de l’élection présidentielle de 2002 dont la droite, de Chirac à Montillot, fit ses choux gras sans vergogne ; ou encore de la tuerie de la grotte
d’Ouvéa en Nouvelle Calédonie quelques années auparavant. Je n’ai, pour ma part, aucune confiance en l’UMP en général et en Nicolas Sarkozy en particulier quant à ses capacités à résister à la
tentation d’instrumentaliser ces drames. Et à ce dangereux jeu-là, la droite sera toujours plus forte que la gauche, globalement attachée à une plus grande éthique politique.
>> Ecouter la chronique de
Bernard Guetta
Le quotidien régional La République du Centre
publie dans son édition du 14 février un portrait de moi en tant qu'écrivain public.
Merci à Richard Zampa d'avoir su, lui aussi, trouver les mots justes pour dire mon amour des mots.
Un petit erratum cependant. Contrairement à ce qui a été écrit par erreur, je ne brigue nullement la présidence de l'Académie des écrivains publics de France. je suis simplement candidat pour faire partie, à partir du 17 mars (date de l'assemblée générale) du conseil d'administration de l'association.
A propros des écrivains publics, j'apparais également dans un récent reportage réalisé et diffusé par France 3 Centre le 9 février
Il est quand même un peu paradoxal d’entendre – y compris dans la bouche de
certains commentateurs avisés – que le débat sur la proposition de loi sur le droit des étrangers serait inopportun. Nul doute que parmi ces éminents observateurs on n’en trouve qui déplorent
ailleurs que les hommes politiques ne tiennent jamais leur promesse. Or ce droit de vote est une promesse faite en 1981 par François Mitterrand puis renouvelée très fréquemment depuis trente ans.
Mais jusqu’à présent, le Sénat bloquait cette réforme d’ordre constitutionnel et qui demande donc un vote positif des deux chambres. Il était donc logique que la Haute assemblée, désormais
majoritairement à gauche, décidât de mettre en application cette promesse. Comme le fit en son temps une majorité de députés de gauche avant que les sénateurs d’alors ne la rejettent.
Mais au-delà de cette polémique sur l’opportunité, ce débat oppose deux conceptions de notre démocratie. Il s’agit en effet de savoir si l’on peut dissocier citoyenneté et nationalité. Autrement dit, faut-il avoir une carte d’identité bleu-blanc-rouge pour être reconnu comme citoyen de France. Le principe de la séparation entre citoyenneté et nationalité est inscrit dans l’histoire de notre pays depuis la Révolution Française. Mais la droite d’hier et d’aujourd’hui s’est toujours opposée à cette idée et en particulier cette vieille droite dont le corpus génétique contient une volonté, plus présente que jamais, de remettre en cause les acquis de 1789.
Impôts. Outre qu’il est contraire aux intuitions initiales de notre démocratie, ce refus d’accorder le droit de vote aux étrangers non communautaires pose plusieurs problèmes.
D’abord, les opposants à cette réforme dénient des droits à ceux-là mêmes auxquels ils imposent néanmoins des devoirs liés à leur présence en France, à commencer par celui de payer des impôts.
De plus, pour nombre d’entre eux, il s’agit d’hommes (pour l’essentiel) et de femmes que la
France est allée chercher dans ses anciennes colonies pour venir, durant les trente glorieuses, construire nos routes, nos immeubles, nos voitures, etc. Leurs enfants sont devenus français pour
la plupart (par le droit du sol avant que la même droite ne remette aussi en cause cette intuition de 1789). Ils ont donc le droit de voter. Mais pas leurs parents qui vivent parfois en France
depuis bien plus longtemps. Ce qui n’empêche pas la toujours même droite réactionnaire de faire de grands discours sur l’intégration ratée de ces fils et filles d’immigrés. Quelle France
intégrationniste leur donne-t-on à voir, à aimer et à respecter si l’on refuse ce droit le plus élémentaire à leurs parents ?
Enfin, si c’est la nationalité qui est la clé de la citoyenneté, pourquoi accorder le droit de vote aux ressortissants étrangers de l’Union européenne ? Certes, c’est le cas partout en Europe. Mais cela revient alors à reconnaître le principe – que je valide totalement – d’une citoyenneté européenne. Je doute cependant que l’idée emporte l’adhésion de cette droite réactionnaire et souvent nationaliste qui s’oppose depuis toujours dans notre pays à toute avancée de notre démocratie.
Revenu stable. Ainsi donc, cependant, la nationalité serait la clé. Encore faudrait-il qu’on l’accorde à ceux qui en font
la demande et qui répondent aux grands principes de ce droit. Or celui-ci aussi est bafoué. Des directives du ministère de l’intérieur, qu’aucun parlementaire n’a jamais validé, ordonnent
actuellement aux services compétents de ne pas accorder la nationalité française à des hommes et des femmes qui ne pourraient pas justifier d’un revenu stable et convenable depuis au moins trois
ans ! Il y a ainsi cette femme à qui l’on refuse le droit d’être française à cause de sa situation précaire et dont la fille encore mineure, sportive de haut niveau, ne peut intégrer
l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire (INJEP) parce qu’elle n’est pas française. A ellee aussi, on reprochera sans doute un jour de ne pas vouloir s’intégrer ! Il y
a des footballeurs qui n’ont pas tant attendu pour obtenir la nationalité française. Mais eux, bien sûr, ne connaissent pas la précarité. Loin s’en faut !
On connaît l’habitude qu’a le Front National de déclarer personna non grata des
médias jugés trop critiques. On n’oublie pas aussi, dans une moindre mesure, les frasques d’un Jean-Luc Mélenchon prêt à en venir aux mains avec des journalistes qui ont le don
d’énerver sa majesté du Front de Gauche. On pourrait encore rappeler les attaques répétées de Nicolas Sarkozy contre la liberté de la presse dans notre pays.
On a désormais, de surcroît, Serge Grouard, député-maire d’Orléans, élu de la République, garant de la Constitution qui se pose en censeur de la
déontologie journalistique, en procureur des crimes de lèse-Grouard.
Non content d’avoir interdit l’accès à une conférence de presse sur l’affaire Bardet à Mourad Guichard, le premier magistrat d’Orléans a porté, en
public, lors du conseil municipal du 21 octobre dernier, de graves accusations contre le journaliste du quotidien Libération, non sans avoir insulté la conseillère municipale, Corinne
Leveleux-Teixeira, qui l’interpellait à ce sujet. Mourad Guichard va porter plainte contre Serge Grouard. Qui a décidément le don pour donner de notre ville une image exécrable.
La vidéo de l'échange musclé entre Serge Grouard et Corinne Leveleux-Texeira le 21 octobre
La magazine municipal de Saran, Repères, a accordé une large place, dans son numéro de
novembre 2011, à mon activité d'écrivain public. Un grand merci à Arnaud Guilhem pour son article.

«Leader incontesté», «candidat naturel» : des militants aux dirigeants, l’UMP n’est pas avare d’expressions plus lyriques, plus définitives les
unes que les autres pour dénigrer les primaires citoyennes et expliquer que, chez eux, le chef a toujours raison. Car dans cette histoire, contrairement à 2007, c’est la droite qui est à la
traine. Autopersuadée que ces primaires seraient un fiasco, elle n’a pas vu le coup venir. Elle s’en trouve aujourd’hui fort dépourvue. Au point que, faute de propositions crédibles à opposer à
celles des candidats socialistes, les ténors de l’UMP tirent sur tout ce qui bouge dans notre démocratie ravivée par ces primaires, jusqu’à couvrir les timides voix qui s’élèvent dans leur camp,
pour reconnaître, que, quand même, ces primaires, ça n’est pas si mal. Et celles aussi de ceux qui, à demi-mots, commencent à dire que Nicolas Sarkozy ne serait peut-être pas si « naturel
» et « incontesté » que cela. Des voix s’élèvent pour dire l’évidence que beaucoup semblent feindre : le roi est nu.
Que n’a-t-on entendu à droite – et à gauche aussi parfois – sur ces primaires ! Ca allait être la pagaille, la foire d’empoigne, la
débandade même. Les journalistes en mal d’infos croustillantes, après avoir abusé du cas DSK, attendaient les candidats au tournant. On espérait des coups bas pour mieux les dénoncer ensuite.
Rien de tout cela n’est arrivé. Au grand dam d’une certaine presse et d’une grande partie de la droite et de l’extrême gauche sans doute aussi.
Mieux, les primaires ont rencontré un succès quasiment inespéré. Une fois de plus, le Parti socialiste, nonobstant tous ses travers inhérents à tout
groupe humain, a prouvé une fois de plus qu’il était le parti le plus démocratique de France.
Je me rappelle de la joie que j’avais ressentie lorsqu’en 2005, au congrès du Mans, l’italien Romano Prodi avait parlé avec enthousiasme de l’expérience
transalpine des primaires et de la « Fabrica ». Ce jour-là, j’ai rêvé – avec beaucoup d’autre sans doute – que notre parti ait un jour l’audace de tenter pareille aventure. Martine Aubry, avec
d’autres, a eu cette audace. Le Parti socialiste, ses militants, ont eu cette audace. Rien d étonnant. Non-cumul des mandats (il y a encore beaucoup à faire), financement des campagnes
électorales et des partis politiques, élections internes au suffrage « universel » à bulletin secret : c’est, depuis toujours, le Parti socialiste qui fait avancer la démocratie dans notre pays.
Et pas seulement dans le domaine électoral bien sûr.
Aussi ai-je vécu ce premier tour des primaires citoyennes avec une grande fierté. Fier d’avoir modestement contribué à faire grandir notre démocratie.
Fier d’avoir donné la possibilité à des hommes et des femmes qui se reconnaissent dans nos valeur de d’exprimer. En toute liberté.
C’est la victoire de la liberté
d’expression contre une conception étriquée de la caricature politique. C’est la victoire des Daumier, Plantu et autres Guignols de l’Info contre les censeurs de tout poil.
Antoine Bardet, alias Fansolo, a gagné en Cassation contre Serge Grouard. Le député –maire d’Orléans lui avait intenté un procès pour « usurpation d'identité dans l'intention de nuire », suite à
la mise en ligne, durant la campagne des élections municipales de 2008, par Fansolo, d’un faux blog des amis de Serge Grouard. Un site Internet contenant des articles satiriques et volontairement
bourrés de fautes. Le candidat – ou le maire, on ne sait plus – s’était senti offensé et avait engagé des poursuites contre Antoine Bardet bien après sa réélection.
Chacun connait le côté soupe au lait* de Serge Grouard qui s’énerve très facilement. Mais il s’agissait là d’une décision réfléchie. L’acharnement
judiciaire – empreint d’une incompréhensible haine – avait fait perdre son emploi à l’ancien colistier de Jean-Pierre Sueur et l’avait contraint à quitter Orléans avec femme et enfants. Les juges
orléanais avaient donné raison au maire d’Orléans en première instance et en appel. Mais la Cour de Cassation, dans sa grande sagesse, vient, dans un arrêt définitif et irrévocable, de
casser le jugement de la Cour d’Appel d’Orléans et de condamner Serge Grouard aux dépends et à payer une amende de 3 000 euros.
Reste une question : qui va payer ? Le député-maire-vice président de l’agglo avec les deniers publics ou l’offensé citoyen Grouard sur ses fonds
propres ?
*Se dit d’une personne particulièrement susceptible et qui s’emporte rapidement.
photo : (c) Mourad Guichard - Libération
>> L'arrêt de la Cour de Cassation
>> Lire aussi, à ce sujet : Le maire et le citoyen et l'article très complet de Corinne Leveleux-Teixeira
Pour tenter de contrer une inexorable montée de la gauche au Sénat depuis plusieurs scrutins successifs, Nicolas Sarkozy avait,
comme le fait toujours la droite en pareil cas, changé la règle du jeu. En rehaussant à quatre sièges de sénateurs (au lieu de trois en 2011) le seuil à partir duquel l’élection avait lieu à la
proportionnelle, l’Etat UMP a essayé de limiter les dégâts. Perdu ! Avec 177 sièges, la gauche socialiste, verte, communiste et radicale emporte la majorité au Sénat.
Dans le Loiret, l’élection dès le premier tour du sénateur socialiste sortant Jean-Pierre Sueur était aussi inattendue que savoureuse. Elle le fut
d’autant plus que le président UMP du Conseil général, Eric Doligé, a dû attendre le second tour pour retrouver son siège et que son compère Jean-Noël Cardoux fait son entrée au Palais du
Luxembourg sans savoir obtenu la majorité absolue. L’ancien maire de Sully a pour ainsi dire donné le « la » de son mandat en refusant l’invitation de France Bleu Orléans, lundi 26 septembre, au
motif que : « Moins je parle à la radio, mieux je me porte » (sic). Cruel pour un département réputé conservateur.
Mais ici comme ailleurs, les grand électeurs ont sanctionné un gouvernement englué dans les affaires, qui ne cesse de ponctionner le budget de l’Etat –
et donc les aides aux collectivités locales – pour faires des cadeaux fiscaux aux plus riches ; un gouvernement qui, sous couvert de décentralisation, réduit en réalité les marges de liberté de
communes.
Don d'ubiquité. Dans le
Loiret, le vote des grands électeurs en faveur de Jean-Pierre Sueur marque aussi un rejet de la campagne arrogante et mensongère menée par Eric Doligé qui n’a rien trouvé d’autre, pour expliquer
la victoire di socialiste sortant, que de moquer son « don d’ubiquité ». Comme pour mieux cacher, sans doute, son propre don d’invisibilité. Le succès de l’ancien maire d’Orléans
sanctionne aussi le mandat fantôme de la très conservatrice Jeannine Rozier.
Mais surtout, les grands électeurs ont validé le travail considérable et dénué de tout sectarisme accompli par Jean-Pierre Sueur pendant dix ans tant au
Sénat que dans le Loiret. N’oublions jamais qu’il est arrivé en 2010, premier sur 343, dans le classement établi par le magazine Lyon Capitale de tous les sénateurs, sur le travail
parlementaire.
La victoire de Jean-Pierre Sueur l’est aussi à l’intérieur du Parti socialiste, dans le Loiret en particulier, où certains et certaines n’ont de cesse,
depuis quelques années, de tenter de le dénigrer et de le déboulonner, lui et ceux qui lui sont fidèles.
Nationalement, on peut espérer que le groupe socialiste du Sénat, à l’instar des grands électeurs du Loiret, reconnaisse à sa juste valeur à la fois
l’importance de la victoire de Jean-Pierre Sueur et le travail qu’il a accompli, pour le Loiret, ses communes et ses habitants, pour la démocratie, pour le Parti socialiste. Vœu pieux
?
>> Voir la déclaration de Jean-Pierre Sueur sur son site
PS : après de longs mois d'absence, me voici de retour sur mon blog. En espérant pouvoir à nouveau l'alimenter régulièrement.
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