Lundi 8 mars 2010
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Ainsi l’expulsion
express dont a fait l’objet Najlae Lhimer il y a quelques jours ne serait pas si justifiée que cela. Pourquoi, sinon, Nicolas Sarkozy a-t-il déclaré à une délégation de
femmes reçues ce 8 mars à l’Elysée qu’il était « prêt à [l’]accueillir en France ». Le préfet du Loiret avait pourtant juré ses grands dieux – croix de bois, croix de fer… - que
toute cela était tout a fait légal et légitime. En fidèle « fusible de l’Etat », Bernard Fragneau doit ce soir « manger son chapeau ».
Passé maître dans l'art de la politique spectacle, le président de la République n’a évidement pas choisi au hasard le moment et les interlocuteurs. En faisant cette annonce en cette
100e journée internationale des droits des femmes, il cherche, outre à récupérer une bévue, à redorer son blason à moins d’une semaine d’élections régionales qu’il sait perdues. Ca n’est pas par
humanité que Nicolas Sarkozy consent, en prince se faisant tout à coup magnanime, a autorisé le retour en France de la jeune lycéenne marocaine. Personne n’est dupe. L’ancien ministre de
l’Intérieur est l’auteur ou l’instigateur de nombreuses lois qui réduisent un peu plus chaque fois la dimension de terre d’accueil de notre démocratie. Il aura fallu toute la mobilisation politique
et citoyenne à laquelle on a assisté pour que l’Etat expulseur retrouve un peu la raison.
Par DAZIBAO
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Mercredi 3 mars 2010
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10:29
Le syndrome du complot serait-il contagieux à Orléans ? Ignorant totalement les coups dont Najlae Lhimer
affirme avoir été victime de la part de son frère ainsi que les menaces de mariage forcé qui pèsent sur elle, le préfet du Loiret dénonce, dans cette affaire d’expulsion expéditive, « une
polémique soigneusement organisée », un coup monté, en quelque sorte. Pire, aux yeux du représentant de l’Etat « la participation à cette polémique de certains élus (voir
à ce sujet la réaction de Jean-Pierre Sueur évidemment mis en cause) achève de donner à ce dossier une connotation politique et électoraliste ». Outre qu’en publiant un communiqué sur
ce sujet, Bernard Fragneau sort totalement du devoir de réserve qu’il commence par brandir, il ose laisser penser que la jeune lycéenne marocaine aurait été manipulée de bout en bout. C’est faire
peu de cas des raisons qui ont amené Najlae à se présenter – en victime – à la gendarmerie de Château-Renard. C’est rester, de manière indécente, insensible au désarroi qui est le sien depuis
qu’elle a été forcée, en quelques heures, d’arrêter ses études et de quitter ses amis. Le préfet n’a pas eu « un mot de compassion » confirme Marie-Noëlle Vitry, la représentante de la
CIMADE qui participait mardi à la délégation reçue à la préfecture du Loiret.
>> Dans le même registre, on lira avec effarement cet article de La République du
Centre du 3 mars qui raconte l’histoire d’un étudiant en médecine – frère d’un médecin fleuryssois - menacé d’expulsion.
Par DAZIBAO
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Mardi 2 mars 2010
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14:43
C’était donc ça ! Un odieux complot ourdi contre la municipalité
d’Orléans par l’opposition et le parti socialiste (voire pire !). Parlant de la création du comité de coordination des associations de sauvegarde et d’aménagement de
l’agglomération d’Orléans (CCASAAO), le premier-maire adjoint, l’UMP Olivier Carré, sans doute pour mieux moquer l’initiative citoyenne, parle de « faux nez d’un parti ». C’est
dans La République du Centre du 2 mars. Une page entière pour répondre aux cinq colonnes publiées dans l’édition du 26 février au lendemain de la réunion qui a donné naissance au comité.
Dix associations qui « reprochent toutes vertement à la mairie UMP d’Orléans, dixit Antony Gautier, le journaliste de La Rep’, son manque d’écoute et de concertation pour tous
les grands projets qui vont restructurer la ville, et même parfois l’agglo ». Aux critiques qualitatives du CCASAAO, l’adjoint à l’urbanisme répond chiffres. Comme si la démocratie
municipale se mesurait d’abord à l’aune du nombre de réunions organisées. Quand Anne-Marie Coursimault lui rappelle que la secrétaire générale du comité, Michèle Pluvinage, serait plutôt située
politiquement au « centre droit », Olivier Carré s’en sort avec une pirouette : « Je ne savais pas ».
C’est mal connaître (ou feindre de) Michèle Pluvinage que de
lui prêter des accointances quasiment gauchisantes et, surtout, méprisant à l'égard de la présidente de l’ADAQ, que de laisser croire qu’elle puisse être ainsi manipulée.
Une fois de plus, la ficelle de la thèse du complot est une un peu grosse. Quand des associations comme le comité de quartier Saint-Marceau ne sont pas contestataires, le premier maire adjoint
leur accorde le label indépendant. Mais que l’une d’elles ose contester les choix de la majorité et elle est immédiatement accusée d’être manipulée par ceux qui n’accepteraient pas le verdict des
unes. Il y a quelque chose de paradoxal de vouloir les associations hors du jeu politique tout en leur refusant la légitimité de contester des projets de la municipalité en place, fussent-ils
inscrits à son programme électoral.
>> Lire aussi :
- Main basse sur les régies
- Le chiffon rouge usé de Serge Grouard
Par DAZIBAO
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Mardi 23 février 2010
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17:21
Elle venait pour éviter d’être mariée de force et se protéger de son frère
violent. Le vendredi 19 février, Najlae Lhimer, jeune lycéenne sans papier d’origine marocaine âgée de 19 ans s’est présentée à la gendarmerie de Château-Renard dans le
Loiret pour pour porter plainte contre son frère. Selon RESF 45, « les gendarmes lui conseillent de récupérer ses affaires chez son frère et l’y accompagnent un peu plus tard. Ils en profitent pour prendre son
passeport et la placent en garde à vue à 15 h 30. Vers 23 h, elle est transférée à la gendarmerie de Montargis ». Dans la nuit du samedi au dimanche, elle était expulsée vers le Maroc.
Il y a décidément quelque chose de pourri au royaume de Sarkozy. Comment des gendarmes ont-ils pu n’avoir aucune compassion pour la jeune fille victime de violence, ne voyant dans la lycéenne qui
s’est volontairement présentée à eux qu’une énième sans-papier ? Comment le préfet du Loiret a-t-il pu signer l’arrêté d’expulsion, indifférent aux menaces qui pèsent sur la tête de
Najlae ? Il a, sans doute, comme tous les préfets de notre pays, des quotas à respecter. Comment a-t-on pu en arriver là en France, terre des Droits de l’Homme, soixante-cinq ans après la fin de
la Seconde Guerre mondiale ? En quoi la lycéenne studieuse et dévouée menace-t-elle l’ordre de notre République ? On ne peut qu’être effaré devant une telle décadence de notre démocratie, devant
le recul insidieux et quotidien des valeurs de fraternité et de liberté qui sont les nôtres. Jusqu’où iront-ils ?

>> Une « manifestation virtuelle et citoyenne pour exiger une véritable protection des femmes étrangères
victimes de violences » est organisée à la suite de l’expulsion de Najlae Lhimer.
>> Lire le communiqué du Réseau Education Sans Frontière - 45
>> Lire l'article sur LibéOrléans
>>
Voir aussi l'intervention du sénateur socialiste Jean-Pierre Sueur à ce sujet
Par DAZIBAO
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Mardi 23 février 2010
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15:30
Du « dire » au « faire
», il y a parfois un pas important à franchir. Micheline Prahecq l’a fait. La conseillère générale du Loiret a diffusé dans toutes les boites aux lettres du canton Saint-Marc
Argonne un « guide pratique des services publics de l’Argonne ». On y trouve les coordonnées et les horaires d’ouverture de chacun d’eux ainsi qu’un repère pour le situer sur le plan du quartier
que contient aussi le document. L’initiative vaut d’être saluée. Parce que ce guide va sans nul doute rendre un vrai service à ses destinataires, tant il est vrai que l’information, même la plus
utile, a souvent du mal à circuler. Parce que c’est une belle manière d’utiliser son indemnité de conseillère générale. Parce qu’au-delà des positions que Micheline Prahecq peut prendre au sein de
l’assemblée départementale et des dossiers qu’elle y défend, ce document donne de la visibilité et du crédit à sa mission d’élue et, plus largement, à la politique.
>> Le blog de Micheline Prahecq
Par DAZIBAO
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Mardi 23 février 2010
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11:23
L’art sous
contrôle. Nicolas Sarkozy en rêve sans doute. Peut-être même y pense-t-il le matin en se rasant. Après Eric Raoult et le prix Goncourt, c’est au tour du directeur de l’Ecole nationale des Beaux-Arts de réaliser
les rêves du président de la République. La prestigieuse institution n’a, dans un premier temps, gardé que quelques heures sur ses façades, le 12 janvier, l’œuvre d’une artiste franco chinoise
Ko Siu Lan composée de bannières reprenant chacun un des mots d’un slogan électoral : « travailler », « plus », « gagner » et « moins ». « Atteinte à la
neutralité du service public » a jugé la direction de l’école nationale. De deux choses l’une. Ou bien cette dernière a découvert l’œuvre après qu’elle a été installée et il s’agit
d’autocensure. Ou alors, plus probablement « quelqu’un » s’est ému d’une telle provocation et a exigé qu’on décrochât ce nouveau « crime de lèse-majesté ». Il est heureux que le ministre de la
Culture, Frédéric Mitterrand, ait fait remettre en place les banderoles dès le lendemain. Reste que ce nouvel incident témoigne une fois de plus de la méfiance de l’Etat Sarkozy à l’égard de l’art,
de sa volonté de le mettre au pas.
Par DAZIBAO
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Mardi 9 février 2010
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11:30
Aux petits maux, les grands
moyens. La Police nationale française ne reculant devant aucune démesure, elle a débarqué de mardi 9 février au domicile d’une adolescente parisienne de 14 ans pour
l’arrêter. Sans même lui laisser le temps de se changer, raconte
France Info qui a révélé l'information, elle a été emmenée au commissariat menottée et en pyjama. Elle y est restée onze heures. Objet du délit : sa « participation » à une bagarre
dans son collège. La jeune fille affirme avoir seulement tenté de séparer les protagonistes. A la préfecture de police, on ne trouve rien à redire. La procédure a été respectée : examen
médical, garde à vue filmée, parents prévenus par téléphone. Ouf ! Voila qui va sans aucun doute rassurer tous les parents d’adolescents. Au moment où Brice Hortefeux nous prépare son couvre feux,
on peut douter que la police soit la plus apte à protéger nos enfants.
Par DAZIBAO
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Lundi 8 février 2010
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17:35
Chaque semaine nous apporte une pièce supplémentaire au puzzle de la monarchisation de notre République à
laquelle s’active doucement mais sûrement son président. Tenez ce matin encore sur France Inter. Dans son édito politique, l’excellent Thomas Legrand nous apprend qu’une « partie de chasse présidentielle » était organisée le
week-end dernier au Château de Chambord. Maître d’œuvre de l’événement : Pierre Charon, tout nouveau « Monsieur Chasse » de Nicolas Sarkosy. Objectif : « En faire un objet
d’influence et d’entretien de réseaux » explique le chroniqueur du « 6h30-10h » de l’impertinente radio. « Tout le décorum le plus éculé, le plus clinquant le plus monarchique, le plus
impérial, le plus déplacé pour ne pas dire le plus obscène est réhabilité. Tout ça bien sûr, dans la confidentialité et l’opacité la plus totale. On ne sait pas combien ça coute. Le contribuable
n’a pas le droit de savoir qui est invité. Pas de listes, pas de photos. C’est clinquant, pompeux et dépensier et c’est secret comme une réunion de secte. » s’indigne Thomas Legrand.

En 1981, Alain Bombard, éphémère ministre de l’environnement de François Mitterrand, avait tenté en vain (avant d’être promptement remercié), de supprimer la chasse à cour. La chasse
présidentielle, « elle, avait partiellement disparu sous Jacques Chirac qui, sous l’influence moderniste de sa fille Claude, avait supprimé les chasses de Marly et Rambouillet »
rappelle Thomas Legrand.
Il y a, dans notre France léthargique, des hommes et des femmes qui osent penser que l’esprit revanchard de la droite qu’incarne Nicolas Sarkozy a pour cible bien plus que de remettre en cause les
acquis démocratiques du Conseil national de la Résistance et du Front Populaire : en pratiquant la confusion
des pouvoirs et en rétablissant des privilèges , c’est la Révolution française qui est visée.
Par DAZIBAO
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Mercredi 3 février 2010
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11:57
En demandant aux préfets d’aller faire la retape pour
une loi non encore votée, Nicolas Sarkozy, via son ministre de l’Intérieur, témoignage une fois de plus de l’idée qu’il se fait de la séparation des pouvoirs qui constitue
un des fondements de notre République. Les représentants de l’Etat dans les départements ont ainsi été invités à organiser des conférences de presse pour dire tout le bien qu’ils pensaient du
statut de « conseiller territorial », dont le projet de loi est encore en discussion au Sénat. Autrement dit, le président de la République fait fi à la fois des amendements qui pourraient encore
êtres votés au Parlement mais aussi d’une éventuelle décision du Conseil constitutionnel, qui sera sans doute saisi par les socialistes. Les sénateurs socialistes ont immédiatement
réagi à cet affront par la voix de
Jean-Pierre Sueur qui a, mardi 2 février, fait un « rappel au règlement ». « Il ne revient pas aux préfets de soutenir une position plutôt qu’une autre dans un débat qui a lieu au
Parlement. Il leur revient de veiller à l’application des lois effectivement adoptées par le Parlement » s’est insurgé le sénateur du Loiret.
« L’omniprésident » n’en est malheureusement pas à son premier coup en la matière. Jusqu’où devra-t-il aller pour que s’ouvrent enfin les yeux de celles
et ceux qui n’osent ou ne veulent pas voir derrière tous ces débordements une remise en cause patiente, insidieuse, acharnée de notre démocratie ?
Par DAZIBAO
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Mercredi 3 février 2010
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64,13 % d’absentéisme pour Hervé Novelli au Conseil régional du Centre. L’enquête publiée par La République du
Centre ce 3 février sur l’assiduité de nos élus régionaux nous révèle que la tête de liste UMP dans le Centre, jusqu’à sa nomination comme ministre, n’a pas siégé durant sept des vingt-deux
journées de séance plénière, qu’il a séché sept commissions permanentes sur trente-deux et, enfin, qu’il n’a participé à aucune des 41 réunions de la commission éducation. Hervé Novelli est la
lanterne rouge du classement établi par le quotidien régional, juste avant une élue frontiste, Jacqueline Peslerbe, qui affiche un taux d’absentéisme de 100% ! Il a été sanctionné par un abattement
de 30% de ses indemnités mensuelles. Si le candidat-ministre était élève dans un des lycées dont le Conseil régional a la responsabilité, il aurait été viré depuis longtemps.
Pour sa défense, celui qui prétend devenir président de la région affirme que son mandat de député d’Indre et Loire l’empêchait de participer aux réunions de la commission éducation (sic). Au lieu
de s’interroger sur l’incompatibilité des deux fonctions, la candidat UMP en en vient même à accuser le président du conseil régional de ne pas avoir su accorder le calendrier des commissions avec
celui de l’Assemblée Nationale. CQFD. Le cas Novelli est une nouvelle illustration des effets négatifs du cumul des mandats. Constat confirmé par une lecture attentive de la liste publiée par
La Rep’. Ainsi, chez les socialistes, on trouve trois cumulards parmi les élus qui dépassent un taux d’absentéisme de 40% : le député Michel Sapin (66e, 10,24%), le maire de Tours
Jean Germain (71e, 46,67%) et le président du Conseil général du Cher Alain Rafesthain (74e, 48,23%). Quand à Hervé Novelli, reconnaissons lui une très belle assuiduité : le candidat multiplie les
visites "ministérielles" en région Centre. Aux frais de la princesse.
Par DAZIBAO
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