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Agréé par Plumes & Mails et l'Academie des écrivains publics de France
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Quentin Thomas aura ainsi été démissionné par Serge Grouard. L’ex-conseiller municipal estampillé
Mouvement pour la France (MFP) paie là ses bavures commises sur le net : la publication il y a
quelques mois sur feu son blog d’un commentaire hautement diffamatoire à l’égard de Simone Veil et la participation, cet été, via Facebook, à une soirée aux terribles relents racistes
organisée par l’ex-Nouveau Centre Martin Berthelot. Le jeune villiériste a bien tenté de jouer les vierges effarouchées en affirmant qu’il s’était retrouvé à son insu comme « administrateur » de
cet événement privé. Or, si l’on peut effectivement être ainsi désigné « administrateur » par le créateur de l’événement (Martin Berthelot) sans l’avoir souhaité, il est obligatoire d’être dans
la liste des invités ayant répondu positivement. Une action qui ne peut être faite que depuis le profil de l’intéressé (par lui-même ou par un tiers qui y aurait accès). Il est donc de totalement
impossible que Quentin Thomas ait pu être inscrit comme participant à son insu. Ni y laisser de commentaires (voir l'image). On ne choisit pas de s’acoquiner avec un parti aussi nauséabond que le
MPF sans risquer un jour de s’y bruler les ailes d’un militantisme naissant.
Reste que si la sanction est juste, elle pose de questions.
La précédente bavure, au moins aussi grave, ne méritait-elle pas à elle seule la punition infligée par Serge Grouard à Quentin Thomas ?
Mais surtout, l’acharnement dont le député-maire d’Orléans fait preuve à l’égard de Fansolo alias Antoine Bardet apparaît plus que jamais totalement
disproportionnée. Comme si, pour l’édile UMP, son égo comptait plus que l'honneur d'une grande dame de son parti.
Lire aussi :
>> L'infâme sur "Orléans par passion"
>> Il faut sauver le militant Bardet
>> L'indigne indignation de Serge Grouard
Merci à Mourad Guichard de Libé Orléans pour la photo >> Lire son article
C’était en page deux de
La République du Centre du vendredi 22 septembre. La photo
illustre sur cinq colonnes la visite de la secrétaire d’Etat à la famille venue vanter l’accompagnement parental made in Orleans. Les « figurants » ont été sélectionnés avec soin,
représentant la diversité du la population de l’Argonne. Ou presque : en dehors de la ministre, du maire et de son adjoint, aucun blanc n’apparaît sur la photo. A croire que le « conseil des
droits et devoirs des familles » auquel était venue assister Nadine Morano, ne concerne que les familles d’origine immigrée. Mais c’est surtout l’attitude de Serge Grouard qui étonne le plus.
Faisant fi des règles élémentaires de préséance, le député-maire est placé devant Nadine Morano. Il bombe le torse, « fier comme s’il avait un bar-tabac » aurait dit Coluche. La
paternité du dispositif revient pourtant à son adjoint à la sécurité recalé à l’arrière-plan. En embuscade ?
Sarkozy-Hortefeux-Besson : l'humiliation. Après l'ONU, le Pape, de nombreux évêques, des dizaines d'organisations laïques et confessionnelles, des démocrates de gauche et de droite, des milliers de citoyens, le Parlement européen, c'est au tour de la Commission européenne, par la voix de sa commissaire à la Justice, la Luxembourgeoise Viviane Reding, de dénoncer l'insupportable politique anti-Roms de la France auquel s'ajoute le mépris à l'égard des institutions internationales dont font preuve de nombreux caciques de l'UMP. « J’ai été personnellement consternée, a-t-elle dit, de cette situation dans laquelle des gens sont expulsés d’un Etat membre de l’Union simplement parce qu’ils appartiennent à une minorité ethnique. C’est une situation que j’espérais que l’Europe n’aurait pas à vivre à nouveau. Ce n’est pas un délit mineur et j’irais même plus loin : c’est honteux ».
Article 2 du traité sur l'Union européenne : « L'Union est fondée sur les valeurs de respect de la dignité humaine, de liberté, de démocratie, d'égalité, de l'État de droit, ainsi que de respect des droits de l'homme, y compris des droits des personnes appartenant à des minorités. Ces valeurs sont communes aux États membres dans une société caractérisée par le pluralisme, la non-discrimination, la tolérance, la justice, la solidarité et l'égalité entre les femmes et les hommes ».
>> Lire la chronique de Bernard Guetta sur France Inter ce mercredi 15 septembre
Expulsions
de roms, projet de déchéance de la nationalité française : on dira ce que l’on voudra, cette escalade sécuritaire du gouvernement pue terriblement. Elle diffuse de nauséabonds
relents d’une époque qu’on croyait révolue. Il y a une époque où l’on faisait la distinction en France entre les Français d’origine juive et les autres, entre les juifs français et les juifs
étrangers, une époque où l’on arrêtait – et déportait – des hommes, des femmes, des enfants pour leur seule appartenance à la religion juive. Comme aujourd’hui on arrête et expulse des hommes,
des femmes et des enfants pour le seul fait de leur appartenance à la communauté des roms de Roumanie. Il faut appeler un chat un chat. C’est la terrible et intolérable logique du bouc émissaire.
On fait croire aux citoyens gavés de 13h de TF1, de Koh Lanta, et autres secret story que leur sentiment d’insécurité, voire leurs difficultés économiques vont prendre fin avec l’expulsion de
quelques centaines d’être humains qui fuient la misère et la discrimination d’un état postcommuniste.
Après la gauche et le pape Benoît XVI, même une partie de la droite s’en émeut. Dominique de Villepin dénonce « une tâche de honte sur notre drapeau
».
Interrogé récemment sur France Inter, Edwy Plenel, le fondateur du site Médiapart – par qui le scandale Woerth-Bettancourt est arrivé – qualifie le
président de la République, à propos de l’annonce d’une déchéance de nationalité, de « délinquant constitutionnel ».
Comme d’autres et avec d’autres, je n’ai de cesse, ici, de tirer la sonnette d’alarme face aux coups de boutoirs qui martyrisent notre démocratie
depuis que Nicolas Sarkozy est chef de l’Etat.
Plus que jamais, il devient nécessaire de « un ruban violet pour dire stop à Sarkozy ».
Consommateur-utilisateur assidu de réseaux sociaux, j’ai évidemment lu avec une grande attention
l’article paru dans La République du Centre du 18
août à propos de l’engouement des Orléanais pour Facebook.
Un encadré intitulé « une véritable arme politique » nous apprend que « Serge Grouard, Jean-Pierre Sueur et François Bonneau font partie
des hommes politiques qui occupent le terrain Facebook ». Le
sénateur du Loiret et le président
du conseil régional du Centre ont y ont effectivement un profil très actif. Le député-maire d’Orléans, lui, en est quasiment absent, contrairement à ce que laisse entendre le quotidien. Une
recherche approfondie permet seulement de découvrir deux pages au contenu très indigent, l’une, rubrique « intérêt », comptant un seul et unique ami ; et l’autre, estampillée « personnage public », totalisant quatre fans. A comparer aux presque 5 000 amis du profil de
Jean-Pierre Sueur. Autant dire que Serge Grouard accorde une importance négligeable à ce nouveau mode de communication. Enfermé dans sa tour d’ivoire, le maire d’Orléans aurait-il peur de la
liberté que laisse aux internautes un espace ouvert à tous les commentaires ? Il y préfère sans doute une communication coûteuse et totalement maîtrisée.
Didier Porte, Stéphane Guillon… les matinales de France Inter vont devenir
tristes et en tout cas beaucoup moins corrosives. Jean-Luc Hess, et l’ex impertinent qu’est Philippe Val ont décidé de débarrasser les ondes publiques de ces deux
dérangeants caricaturistes. La radio nationale pouvait pourtant s’enorgueillir, dans cette France soumise à la néomonarchie sarkozyenne, d’être un ilot de dérision des pouvoirs en place, de
liberté d’expression, d’impertinence politique. Si l’un et l’autre ont pu, rarement, paraître border line, cela ne fut jamais indécent. La vraie indécence médiatique est celle qu’étalent
à longueur de journée toutes ces émissions de pseudo réalité qui utilisent et manipulent les misères humaines pour faire de l’audience, transformant les téléspectateurs en voyeurs. Elle a encore
de « beaux » jours devant elle.
Il ne serait pas juste, bien sûr, de jeter le bébé avec l’eau du bain. France Inter reste sans doute une des radios les plus libres de note PAF. Daniel Mermet n’est pas (pas encore ?) viré. Mais
il faut cependant s’inquiéter de cette double éviction qui témoigne d’une première tentative de normalisation dont chacun sait qui est l’instigateur. Encore un contre-pouvoir qu'on tente de
museler.
>> Signez la pétition "Pour le retour de l'indépendance et l'impertinence sur France Inter"
La dernière chronique de Stéphane Guillon, le 23 juin
Dans l’affaire Woerth, la question n’est évidemment pas de savoir – en
premier lieu – si la collusion entre l’ancien ministre du budget et sa femme ont pu être à l’origine de pratiques illégales. En jouant les « père la pudeur » de l’homme intègre, Eric Woerth et
tous ceux qui tentent de le défendre essaient de noyer le poisson. Le vrai scandale, d’un point de vue éthique, est que Florence Woerth ait pu accepter de s’occuper de la plus grande fortune de
France alors que son mari était à la fois trésorier de l’UMP et en charge du trésor public. De deux choses l’une : ou bien « ces gens-là » vivent dans un monde tellement différent qu’ils sont
incapables de mesurer la portée de tels agissements ; ou bien, le cynisme constituant leur pain quotidien, ils se moquent totalement de la morale publique, trop attirés par l’appât du gain,
fusse-t-il parfaitement honnête.
La même question se pose évidemment s’agissant, en vrac, de l’utilisation abusive de logements de fonction, de frais de missions démesurés, de cumul salaire de ministre – retraite de
parlementaire. Dans une France qui supprime les postes d’enseignants spécialisés, qui réduit l’accueil des enfants de moins de trois ans en maternelle, qui refuse de prendre en compte la
pénibilité au travail, qui veut faire passer les chômeurs pour des assistés et les jeunes pour des fainéants, ou encore – la liste est longue - qui met les cinquantenaires en pré retraite, dans
cette France sarkozyenne-là, l’indécence d’une certaine classe politique (qui touche malheureusement tous les partis) donne la nausée.
« Conditions de
détention indignes ». Une nouvelle fois, après Nantes et Caen, la justice française donne raison à des détenus qui dénonçaient leurs conditions de détention. Le
tribunal administratif du Rouen vient ainsi de condamner en référé l’Etat à indemniser 38 personnes qui se plaignaient d'être incarcérées ou de l'avoir été « dans des conditions
n'assurant pas le respect de la dignité inhérente à la personne humaine ».
Il en est ainsi de notre système pénitentiaire. Régulièrement, et plus encore depuis la parution, en 2000,
du livre de Véronique Vasseur, Médecin-chef à la prison de la santé, le monstre hideux de notre système carcéral sort la tête des souterrains de notre République, le temps d’une
indignation. Avant que le couvercle de notre société sécuritaire ne se referme dessus. Malgré les nombreux rapports, les condamnations de la Cour européenne des droits de l’Homme et la vigilance
de l’Observatoire international des prisons.
L’indignité des conditions de détention est le signe de l’indignité générale de notre système pénitentiaire. Parce qu’il est criminogène. Parce qu’en plus de priver les détenus de liberté,
il leur retire le droit à l’intimité, au plaisir, et, souvent, à l’éducation, à l’hygiène, aux soins, à la réinsertion. On ne le redira jamais assez : à trop traiter les détenus comme des
animaux, à nier et bafouer trop souvent leur humanité, on finit par les transformer en animaux, laissant s’instaurer, au sein même des établissements, une véritable « loi de la jungle », où les
plus forts s’imposent aux plus faibles, par la violence, le racket, le viol.
Gênée aux entournures. Interrogée sur cet état des lieux le 15 juin sur
France Inter, Michèle Alliot-Marie a servi le discours politiquement correct de rigueur.
Elle est apparue beaucoup plus gênée aux entournures lorsqu’avec insistance, Nicolas Demeurant puis Thomas Legrand lui ont demandé si elle militait en faveur du non cumul de son salaire de
ministre (quelques 17 000 euros mensuels) avec sa « retraite » de parlementaire (elle a annoncé 4 000 euros). La ministre UMP de la justice a résisté tant bien que mal à l’assaut, refusant de
s’engager sur une voie aussi dangereuse… Elle s’est même défendue en affirmant sans rire qu’au nom de ses idées, elle a refusé des emplois bien plus lucratifs qu’on lui a plusieurs fois offerts
dans le privé.
A l’heure où l’on s’apprête à faire travailler plus longtemps les salariés du privé, ces derniers apprécieront.
On ne va évidemment pas résoudre la crise économique en réduisant les revenus des ministres. Mais la politique est aussi faite de symboles. Et celui-ci est désastreux.
Quelle justice – dans tous les domaines - pouvons-nous réellement créer dans notre pays quand la ministre de la justice elle-même n’a même pas le courage de remettre en cause le moindre privilège
? A force, l’indignité déborde des murs gris de nos prisons. A moins que ce ne soit l’inverse.
Le Sénat avait eu la sagesse, par des amendements de l’UMP soutenus par la gauche, de retirer le Défenseur des enfants du
dispositif fourre-tout du « défenseur des droits ». Un petit déjeuner élyséen plus tard et la Haute Assemblée s’est mise au garde à vous présidentiel. Le sénateur socialiste Robert Badinter a
dénoncé « le fait du prince » et affirmé, avec son ton des grands combats et des causes justes, que « le véritable vaincu, c’est la défense des intérêts des
enfants ». C'est « une manière de bafouer notre assemblée qui a délibéré longuement sur cette question, le Sénat s'est prononcé en connaissance de cause », s'est
exclamé son collègue Jean-Pierre Sueur. Amnesty International France « regrette fermement la volonté ainsi affichée par le gouvernement de le faire revenir sur un vote allant dans le
sens des recommandations des associations et de la Commission nationale consultative des droits de l'homme ».
L’actuelle titulaire de la fonction, Dominique Versini, a eu des mots très durs sur France Info pour dénoncer
ce revirement. Elle a balayée d’un revers de main les accusations d’intérêt partisan en rappelant qu’elle avait été secrétaire d’Etat d’un gouvernement dirigé par Jean-Pierre Raffarin. Pour
l’ancienne candidate UMP aux législatives à Paris, ce qui dérange avant tout le pouvoir en place, ce sont les positions prises par l’institution dont elle a la charge sur des questions aussi
délicates que la justice des mineurs ou la rétention administrative d’enfants de sans-papier. C’est bien là le fond du problème. Nicolas Sarkozy ne supporte aucun contre-pouvoir. Alors quand il
ne parvient pas à les confondre, il les noie, les délite, les vide de leur substance. Jouant les « Tontons flingueurs » de notre démocratie, il dynamite, il disperse, il ventile...
Inlassablement, Nicolas Sarkozy poursuit son travail de sape contre ce qui fonde notre République. Jusqu’à quand ?
Lire aussi :
« Quand on ouvre une école, on ferme une prison
». La phrase de Victor Hugo est bien connue. L’Histoire lui a largement donné raison. Et pourtant, en France, en 2010, Nicolas Sarkozy ouvre des prisons et ferme
des écoles. La nouvelle idée géniale de Luc Châtel, contenue dans le « schéma d’emploi 2011-2013» pour l’éducation nationale envisage ainsi de faire de économies de profs
(15 000 à 17 000 postes en 2011) en ajoutant un élève supplémentaire dans chaque classe. Le ministre, qui ne manque pas d’aplomb, affirme sans rire que cela n’aurait pas pour
conséquence de « dégrader les performances globales ». Alors même que toutes les études menées depuis de nombreuses années démontrent évidemment le contraire. L’effectif d’une
classe est un facteur de réussite ou d’échec des élèves et en particulier de ceux qui rencontrent des difficultés. Pire encore, cette mesure s’accompagnerait d’une réduction – ah ! Parce qu’il en
reste encore ? - du nombre d’enseignants spécialisés dans les Réseaux d'aides spécialisées aux élèves en difficulté (RASED) et d’une diminution de la scolarisation à deux ans. Deux dispositifs
qui, là aussi, ont fait toutes leurs preuves pour réduire et rattraper les inégalités et les difficultés scolaires des enfants les plus défavorisés et en particulier, ceux issus de familles non
francophones.
Mais, cyniquement, Luc Châtel n’a malheureusement pas tort. En effet, dans un système qui réduit son soutien aux élèves en difficulté, l’élite républicaine, ceux qui ont l’entourage familial,
social et culturel adapté continueront à tirer leur épingle du jeu, assurant à notre société la reproduction d’une classe dirigeante conservatrice et politiquement correcte. Pour les autres, il
reste les prisons, les ghettos urbains, le repli identitaire, les policiers référents et les caméras de surveillance.
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