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Agréé par Plumes & Mails et l'Academie des écrivains publics de France
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S’il fallait une confirmation que Nihad Souaid n’était, sur la liste de Serge Grouard en 2008, que la « beurette de
service », on l’a eue au conseil municipal vendredi 28 mai. La 44e candidate de la liste UMP-MoDem-Nouveau Centre–etc. devait y faire son entrée, pour succéder à la "gauche moderne" Liliane
Coupez, récemment décédée. Mais la jeune femme de 22 ans n’aurait pas fourni à temps son attestation de domicile et n'a donc pas été convoquée. Autrement dit, le maire d’Orléans ne possédait même
pas son adresse en la faisant figurer sur sa liste. Ce qui ne l’a pas empêché de dénigrer publiquement – sans la nommer - sa colistière saint-marcelline, la considérant quasiment comme une sans
papier. On savait Serge Grouard fréquemment désobligeant avec les élus d’opposition. On constate que son indélicatesse dépasse les clivages politiques.
En réalité, derrière cette tentative d’intimidation, se cache un pathétique calcul politique. La majorité voulait faire siéger au conseil le candidat situé en 45e position, l’UMP Christophe
Magnier, habitant de l’Argonne, un quartier sous représenté. Il n’y a pas de doute, ça cadre mieux dans le tableau général.
Il y a quand même quelque paradoxe à vouloir exclure du conseil une jeune fille, représentant d'une certaine diversité particulièrement très présente à l’Argonne.
Mais Nihad Souaid n’a pas l’intention de jouer le rôle de la potiche qu’on sort le temps d’une campagne et qu’on jette après. Elle entend siéger au conseil municipal. Prochaine session le 18
juin.
>> Lire l'interview de Nihad Souaid dans La République du Centre du 2 juin 2010
S’il fallait se convaincre de l’amoralité du ministre de
l’Immigration (etc.), il suffisait de regarder le « portrait » d’Eric Besson diffusé ce 8 avril dans Envoyé spécial sur France 2. L’homme qui renvoya sans vergogne
des sans-papiers en Afghanistan y apparaît suffisant. La seule morale quoi anime le transfuge du Parti socialiste est celle qui sert son goût démesuré pour le pouvoir. Eric Besson explique ainsi
que tout cela ne relève que d’un jeu – et du « je » sans aucune doute – et d’une faculté d’adaptation. Il ne voit ainsi aucune contradiction, par exemple, à dénoncer le bouclier fiscal un jour
pour le défendre le lendemain. Les convictions politiques n’auraient rien à y voir. Tout est question de point de vue : suivant qu’il parle au nom du parti socialiste ou pour défendre le
président de la République, il ne fait qu’adapter son discours. On voudrait donner une définition imagée de l’opportunisme qu’on ne s’y prendrait pas mieux. On comprend mieux, en tout cas, après
avoir vu ce reportage, pourquoi Nicolas Sarkozy a nommé Eric Besson à cet ignoble ministère. Qui mieux que cet homme sans morale pour appliquer sans états d’âme une politique qui déshonore notre
démocratie ?
Il faut voir et revoir la chronique de Stéphane Guillon sur Eric Besson
Comment peut-on être lycéen – en âge de voter -, apprenti ou étudiant en région Centre et s’abstenir aux élections régionales ?
C’est oublier tous les lycées construits et rénovés, les manuels scolaires et les outils gratuits, les chéquiers Clarc, les
transports interurbains à tarif réduit et les prêts d’ordinateurs aux étudiants de 3e cycle. Comment peut-on être usager ou salarié d’une des très nombreuses associations sportives, culturelles
ou d’insertion ayant bénéficié d’un emploi Cap’Asso et
s’abstenir ? Y a-t-il plus concret comme action politique ? Peut-on s’abstenir en sachant que l‘extrême-UMP Novelli et ses acolytes Nouveau Centre, chasseurs et villiéristes n’auraient d’autres
objectifs, s’ils étaient élus, que de supprimer toutes ces aides, au nom d’un ultralibéralisme forcené ? Comment peut-on être lycéen en âge de voter et prendre le risque de mettre au pouvoir
dans le Centre une droite dont le programme pour les lycées se concentre essentiellement autour de l’installation de caméras de vidéosurveillance ? Comment peut-être être jeune, être humaniste,
être républicain et ne pas vouloir dire stop aux Sarkozy-Besson-Hortefeux et consorts qui expulsent sans vergogne des lycéens, des étudiants, des familles ? Arrêtons de ne juger ces élections –
et les autres – que par le prisme réducteur et déformateur de la télévision. Alors, ouvrons et nos yeux et nos oreilles et dimanche, donnons à la gauche une majorité qui exclue à la fois
l’extrême-UMP Novelli et le Front National et qui fera de notre région un espace solidaire et écologique.
>> Le site de la campagne
Ainsi l’expulsion
express dont a fait l’objet Najlae Lhimer il y a quelques jours ne serait pas si justifiée que cela. Pourquoi, sinon, Nicolas Sarkozy a-t-il déclaré à une délégation de
femmes reçues ce 8 mars à l’Elysée qu’il était « prêt à [l’]accueillir en France ». Le préfet du Loiret avait pourtant juré ses grands dieux – croix de bois, croix de fer… - que
toute cela était tout a fait légal et légitime. En fidèle « fusible de l’Etat », Bernard Fragneau doit ce soir « manger son chapeau ».
Le syndrome du complot serait-il contagieux à Orléans ? Ignorant totalement les coups dont Najlae Lhimer
affirme avoir été victime de la part de son frère ainsi que les menaces de mariage forcé qui pèsent sur elle, le préfet du Loiret dénonce, dans cette affaire d’expulsion expéditive, « une
polémique soigneusement organisée », un coup monté, en quelque sorte. Pire, aux yeux du représentant de l’Etat « la participation à cette polémique de certains élus (voir
à ce sujet la réaction de Jean-Pierre Sueur évidemment mis en cause) achève de donner à ce dossier une connotation politique et électoraliste ». Outre qu’en publiant un communiqué sur
ce sujet, Bernard Fragneau sort totalement du devoir de réserve qu’il commence par brandir, il ose laisser penser que la jeune lycéenne marocaine aurait été manipulée de bout en bout. C’est faire
peu de cas des raisons qui ont amené Najlae à se présenter – en victime – à la gendarmerie de Château-Renard. C’est rester, de manière indécente, insensible au désarroi qui est le sien depuis
qu’elle a été forcée, en quelques heures, d’arrêter ses études et de quitter ses amis. Le préfet n’a pas eu « un mot de compassion » confirme Marie-Noëlle Vitry, la représentante de la
CIMADE qui participait mardi à la délégation reçue à la préfecture du Loiret.
C’était donc ça ! Un odieux complot ourdi contre la municipalité
d’Orléans par l’opposition et le parti socialiste (voire pire !). Parlant de la création du comité de coordination des associations de sauvegarde et d’aménagement de
l’agglomération d’Orléans (CCASAAO), le premier-maire adjoint, l’UMP Olivier Carré, sans doute pour mieux moquer l’initiative citoyenne, parle de « faux nez d’un parti ». C’est
dans La République du Centre du 2 mars. Une page entière pour répondre aux cinq colonnes publiées dans l’édition du 26 février au lendemain de la réunion qui a donné naissance au comité.
Dix associations qui « reprochent toutes vertement à la mairie UMP d’Orléans, dixit Antony Gautier, le journaliste de La Rep’, son manque d’écoute et de concertation pour tous
les grands projets qui vont restructurer la ville, et même parfois l’agglo ». Aux critiques qualitatives du CCASAAO, l’adjoint à l’urbanisme répond chiffres. Comme si la démocratie
municipale se mesurait d’abord à l’aune du nombre de réunions organisées. Quand Anne-Marie Coursimault lui rappelle que la secrétaire générale du comité, Michèle Pluvinage, serait plutôt située
politiquement au « centre droit », Olivier Carré s’en sort avec une pirouette : « Je ne savais pas ».
C’est mal connaître (ou feindre de) Michèle Pluvinage que de
lui prêter des accointances quasiment gauchisantes et, surtout, méprisant à l'égard de la présidente de l’ADAQ, que de laisser croire qu’elle puisse être ainsi manipulée.
Une fois de plus, la ficelle de la thèse du complot est une un peu grosse. Quand des associations comme le comité de quartier Saint-Marceau ne sont pas contestataires, le premier maire adjoint
leur accorde le label indépendant. Mais que l’une d’elles ose contester les choix de la majorité et elle est immédiatement accusée d’être manipulée par ceux qui n’accepteraient pas le verdict des
unes. Il y a quelque chose de paradoxal de vouloir les associations hors du jeu politique tout en leur refusant la légitimité de contester des projets de la municipalité en place, fussent-ils
inscrits à son programme électoral.
>> Lire aussi :
- Main basse sur les régies
- Le chiffon rouge usé de Serge Grouard
Elle venait pour éviter d’être mariée de force et se protéger de son frère
violent. Le vendredi 19 février, Najlae Lhimer, jeune lycéenne sans papier d’origine marocaine âgée de 19 ans s’est présentée à la gendarmerie de Château-Renard dans le
Loiret pour pour porter plainte contre son frère. Selon RESF 45, « les gendarmes lui conseillent de récupérer ses affaires chez son frère et l’y accompagnent un peu plus tard. Ils en profitent pour prendre son
passeport et la placent en garde à vue à 15 h 30. Vers 23 h, elle est transférée à la gendarmerie de Montargis ». Dans la nuit du samedi au dimanche, elle était expulsée vers le Maroc.
Il y a décidément quelque chose de pourri au royaume de Sarkozy. Comment des gendarmes ont-ils pu n’avoir aucune compassion pour la jeune fille victime de violence, ne voyant dans la lycéenne qui
s’est volontairement présentée à eux qu’une énième sans-papier ? Comment le préfet du Loiret a-t-il pu signer l’arrêté d’expulsion, indifférent aux menaces qui pèsent sur la tête de
Najlae ? Il a, sans doute, comme tous les préfets de notre pays, des quotas à respecter. Comment a-t-on pu en arriver là en France, terre des Droits de l’Homme, soixante-cinq ans après la fin de
la Seconde Guerre mondiale ? En quoi la lycéenne studieuse et dévouée menace-t-elle l’ordre de notre République ? On ne peut qu’être effaré devant une telle décadence de notre démocratie, devant
le recul insidieux et quotidien des valeurs de fraternité et de liberté qui sont les nôtres. Jusqu’où iront-ils ?

>> Une « manifestation virtuelle et citoyenne pour exiger une véritable protection des femmes étrangères
victimes de violences » est organisée à la suite de l’expulsion de Najlae Lhimer.
>> Lire le communiqué du Réseau Education Sans Frontière - 45
>> Lire l'article sur LibéOrléans
>>
Voir aussi l'intervention du sénateur socialiste Jean-Pierre Sueur à ce sujet
Du « dire » au « faire
», il y a parfois un pas important à franchir. Micheline Prahecq l’a fait. La conseillère générale du Loiret a diffusé dans toutes les boites aux lettres du canton Saint-Marc
Argonne un « guide pratique des services publics de l’Argonne ». On y trouve les coordonnées et les horaires d’ouverture de chacun d’eux ainsi qu’un repère pour le situer sur le plan du quartier
que contient aussi le document. L’initiative vaut d’être saluée. Parce que ce guide va sans nul doute rendre un vrai service à ses destinataires, tant il est vrai que l’information, même la plus
utile, a souvent du mal à circuler. Parce que c’est une belle manière d’utiliser son indemnité de conseillère générale. Parce qu’au-delà des positions que Micheline Prahecq peut prendre au sein de
l’assemblée départementale et des dossiers qu’elle y défend, ce document donne de la visibilité et du crédit à sa mission d’élue et, plus largement, à la politique.
L’art sous
contrôle. Nicolas Sarkozy en rêve sans doute. Peut-être même y pense-t-il le matin en se rasant. Après Eric Raoult et le prix Goncourt, c’est au tour du directeur de l’Ecole nationale des Beaux-Arts de réaliser
les rêves du président de la République. La prestigieuse institution n’a, dans un premier temps, gardé que quelques heures sur ses façades, le 12 janvier, l’œuvre d’une artiste franco chinoise
Ko Siu Lan composée de bannières reprenant chacun un des mots d’un slogan électoral : « travailler », « plus », « gagner » et « moins ». « Atteinte à la
neutralité du service public » a jugé la direction de l’école nationale. De deux choses l’une. Ou bien cette dernière a découvert l’œuvre après qu’elle a été installée et il s’agit
d’autocensure. Ou alors, plus probablement « quelqu’un » s’est ému d’une telle provocation et a exigé qu’on décrochât ce nouveau « crime de lèse-majesté ». Il est heureux que le ministre de la
Culture, Frédéric Mitterrand, ait fait remettre en place les banderoles dès le lendemain. Reste que ce nouvel incident témoigne une fois de plus de la méfiance de l’Etat Sarkozy à l’égard de l’art,
de sa volonté de le mettre au pas.
Aux petits maux, les grands
moyens. La Police nationale française ne reculant devant aucune démesure, elle a débarqué de mardi 9 février au domicile d’une adolescente parisienne de 14 ans pour
l’arrêter. Sans même lui laisser le temps de se changer, raconte
France Info qui a révélé l'information, elle a été emmenée au commissariat menottée et en pyjama. Elle y est restée onze heures. Objet du délit : sa « participation » à une bagarre
dans son collège. La jeune fille affirme avoir seulement tenté de séparer les protagonistes. A la préfecture de police, on ne trouve rien à redire. La procédure a été respectée : examen
médical, garde à vue filmée, parents prévenus par téléphone. Ouf ! Voila qui va sans aucun doute rassurer tous les parents d’adolescents. Au moment où Brice Hortefeux nous prépare son couvre feux,
on peut douter que la police soit la plus apte à protéger nos enfants.
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