Découvrez mon activité d'écrivain public
Agréé par Plumes & Mails et l'Academie des écrivains publics de France
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Ça
fait partie des sujets « tabous » qui me tiennent à cœur. Quand arrêterons-nous de faire semblant de considérer que les prêtres, auxquels on demande de s'engager au célibat, ne sont
pas, comme tout un chacun, des êtres sexués. Chacun connaît des prêtres qui vivent mal cette situation prétendument choisie. Je ne nie pas que le célibat puisse, pour certains, être un état
totalement choisi. Mais il est illusoire et hypocrite de croire que c'est le cas de la grande majorité. J'ai lu il y a quelques années, le livre de Jacques Perotti (Un prêtre parle, éditions
Filipacchi) qui fut le secrétaire particulier de l'abbé Pierre. Il y raconte la galère sentimentale et sexuelle vécue par les prêtres gays, qu'ils soient passés à l'actes ou pas. C'est un
témoignage terrible ! Que de vies abîmées pour avoir voulu ne pas voir, ne pas écouter, ne pas comprendre. Mais pour avoir au contraire rejeté, ignoré, condamné. Sans compter ceux, et j'en ai
connus, qui ont choisi de vivre leur amour au grand jour plutôt que cachés et ont été rejetés du jour au lendemain, y compris, parfois, par leur propre famille. Rien, dans les textes sacrés ne
justifie une telle rigidité. Rien ne permet de dire qu'un prêtre sexuellement épanoui ne serait pas un aussi bon prêtre que s'il était resté célibataire. Personnellement, je suis même persuadé du
contraire. Le célibat vraiment choisi est signe. Mais une vie sexuelle épanouie aussi. En revanche une abstinence subie ou une vie sexuelle cachée ne sont pas très « appelantes » pour les autres et
très dures à vivre par les intéressés, avec, à l'extrême, les terribles dérives pédophiles que l'on connaît, ou, « à défaut », l'enfer de l'alcool. Dieu, je le crois profondément, veut que chaque
homme et chaque femme vive heureux dans le respect des autres. Or, les chemins du bonheur sont multiples.
Dans la dernière édition de
Souvenirs et
solitudes, Patrick Pesnot, le
« Monsieur X » de France Inter, a qualifié Jean Zay de « ministre de l'intelligence française ».
« Dans la paix de ma pensée
». Accusé, avec trois autres officiers-parlementaires de « désertion », Jean Zay est arrêté en août 1940 pour avoir voulu continuer à se battre contre l'Allemagne
nazie, quant Pétain et son gouvernement décidaient de collaborer avec l'innommable. Il ne retrouvera jamais la liberté.
« Les prisons françaises sont de plus en plus criminogènes », annonçait un jour sur France Inter un journaliste à la suite de quelques-uns des faits divers
sordides qui ont défrayé la chronique au début de l'été dernier. Une nouvelle alarmante qui n'a pourtant rien de nouveau. Depuis longtemps, et encore plus depuis le retour en force d'un discours
sécuritaire, on enferme, on incarcère, sans trop se préoccuper - ou presque - de ce qu'il advient des hommes, pour l'essentiel, et des femmes que l'on met derrière des barreaux, dont la moitié a
peu près est constituée de prévenus, c'est à dire de prisonniers en attente de jugement et donc, présumés innocents.
Plus on en construit, plus on enferme. Qu'on ne s'y trompe
pas : en disant cela, je n'incrimine pas particulièrement les hommes et les femmes qui travaillent dans les prisons françaises. La majorité d'entre eux font ce qu'ils peuvent avec les moyens qu'on
leur donne. Non, la responsabilité se situe ailleurs. À commencer par ceux qui mettent les gens en prison. En juin dernier, tous les parlementaires français étaient invités par l'OIP à aller
visiter, à l'improviste, une prison de leur circonscription ou de leur département. Un certain nombre d'entre eux l'ont fait, comme Jean-Pierre Sueur, le sénateur pour lequel je travaille, qui
s'est rendu à la prison d'Orléans. Il a constaté et déploré une nouvelle fois – ça n'était pas la première fois qu'il y allait - un taux d'occupation de plus de 200 %. Mais combien ont décliné la
proposition ? En 2002 déjà, une mission d'enquête parlementaire avait relevé les très graves dysfonctionnements, concernant les mineurs en particulier, de notre système carcéral. Une fois passée
l'émotion qui a suivi la publication de leur rapport, rien n'a changé, bien au contraire. Les prisons continuent de se remplir. Plus on en construit, plus on enferme.
Abolition de la
prison. Je rêve d'une société qui rendrait obligatoire un « séjour » en prison pour tous ceux qui ont la lourde responsabilité d'y faire incarcérer - et aussi d'y faire travailler -
des hommes et des femmes : législateurs, policiers, juges. Sans doute certains prendraient-ils un peu moins à la légère un certain nombre de décisions, sans trop se soucier ce qu'il adviendra, un
jour, de ces êtres humains qu'on enferme et puis qu'on oublie presque le temps de leur détention. Car c'est bien là, selon moi, le fond du problème. Dans nos sociétés dites évoluées, développées,
la prison reste la sanction appliquée quasiment « par défaut », parce que l'on ne sait pas ou l'on veut pas faire autrement. Alors je rêve encore. Je rêve d'un homme ou d'une femme politique, de la
trempe d'un Jean Zay par exemple, qui serait le « Badinter de l'abolition de la prison ». Je pèse mes mots. On ne peut pas, on ne peut plus, si tant est que l'on croie en l'Homme, se contenter d'un
statuquo lâche et irresponsable. Car non seulement notre société a prouvé qu'elle était incapable, par la prison, de régler les problèmes qu'elle est censée résoudre, mais que, de surcroît, elle
les aggrave. Je fais partie de ceux qui pensent qu'une refonte de notre système punitif constituerait une avancée considérable vers une société plus humaine. Plutôt qu'un secrétariat d'État chargé
du programme immobilier de la justice (un des gadgets sécuritaires de Raffarin II), créons un ministère de la réforme de notre système punitif. Mettons autour d'une table, pendant tout le temps
qu'il sera nécessaire, des hommes et des femmes concernés par la question. Étudions les solutions alternatives mise en œuvre dans d'autres pays. Et inventons, ayons le courage politique d'inventer
des peines qui laissent aux condamnés toute leur dignité, qui témoignent de notre foi en la rédemption de l'être humain. Notre société en sortira grandie, plus juste, plus humaine, plus
fraternelle, plus sûre aussi.| Février 2012 | ||||||||||
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