Découvrez mon activité d'écrivain public
Agréé par Plumes & Mails et l'Academie des écrivains publics de France
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A
l'intiative du quotidien anglais The Guardian, cinquante-six journaux de quarante-cinq pays ont pris l'initiative sans précédent, à l'occasion de l'ouverture du sommet historique de
Copenhague, de parler d'une seule voix en publiant un éditorial commun.
Certes, il y a la présomption d’innocence. Et André Vallini, en défendant
Julien Dray, sait de quoi il parle : il a présidé la commission d’enquête parlementaire sur l’affaire d’Outreau. Mais fallait-il pour autant, s’agissant d’une affaire interne au Parti socialiste –
la désignation des candidats aux élections régionales dans l’Essonne – prendre ainsi fait et cause pour un élu qui est mis en cause de manière peu équivoque dans des histoires de gros sous. On peut en effet comprendre que la
fédération de ce département ait préféré ne pas mettre en tête de liste un personnage qui traine derrière lui de telles casseroles. Sauf à se tirer une balle dans le pied. Ne soyons pas hypocrites.
En d’autres temps, des socialistes ont réclamé – à juste titre - de telles mesures à l’égard d’élus UMP pas très clean. La vie politique a ses règles. Julien Dray n’est pas devenu député et
vice-président du conseil régional d’Ile de France tout seul. Mais parce qu’un jour il a été désigné candidat à ces fonctions par le Parti socialiste. Il n’est pas scandaleux que les instances de
ce parti se réservent le droit de retirer cette confiance à qui que ce soit. Reste qu’il y a une autre bonne raison – pourtant nullement invoquée ni même évoquée – pour refuser cette tête de liste
à Julien Dray : le cumul des mandats. Certes, le référendum interne du PS sur la rénovation ne prévoit l’application de cette « règle » qu’après les élections régionales. Mais il y aurait une
certaine grandeur d’âme politique à l’appliquer avant, partout où cela est possible. A moins que le train de vie de Julien Dray ne nécessite le cumul des indemnités.
Même si « mariage gris » semble être une expression consacrée, son évocation, dans la bouche d’un ministre expulseur d’Afghans, ne peut que faire frémir.
La couleur associée évoque en effet, qu’on le veuille ou non, l’insulte qui sert encore à quelques racistes purs et durs pour qualifier les Nord-Africains : les « gris ». Au même titre
que le terrible « melons ». Ajoutées au déjà nauséabond « débat » sur l’identité nationale, ces déclarations d’Eric Besson n’ont d’autre but, chacun le sait, que de s’attirer la sympathie
de l’électorat d’extrême droite à quelques mois des élections régionales. On a l’impression que le ministre de l’immigration, qui n’a plus de socialiste qu’un mot dans un curriculum vitae, fait de
la surenchère extrémiste pour mieux se démarquer de son ancienne étiquette politique. Histoire de passer définitivement du rose au vert de gris.
C’est l’argument qui fait choc. Selon François Foussier, adjoint au maire d’Orléans et ancien président de l’association des commerçants du centre de la capitale
régionale, la piétonisation de la rue des Carmes nierait, notamment, aux personnes âgées qui ne pourraient alors plus venir en ville avec leur voiture (La République du Centre du 16
novembre). Quand on est à court d’arguments, on finit par dire n’importe quoi. S’il est une population pour laquelle une rue sans voiture crée une véritable utilité et une meilleure sécurité, c’est
bien celle du 3e ou du 4e âges. (avec les enfants, les parents-à-poussettes et les personnes handicapées). Et si, s’aventure, l’on objecte que la mort annoncée de Carmes en cas de piétonisation ne
supporte pas la comparaison avec la rue de la République, on nous assure que cela n’a rien à voir. A ceci près, qu’en son temps, des élus de droites, certains vendant même quelque maroquinerie dans
cette grande artère commerçante du centre-ville avaient, déjà, crié au loup et prédit la mort certaine d’une des rues aujourd’hui les plus dynamiques de la cité johannique. Si François Foussier se
préoccupait vraiment de l’essor du commerce à Orléans, il n’aurait pas laissé disparaître le dernier bar de la rue de la République (L’Eucalyptus bientôt remplace par une boutique Orange) ou
aurait, encore, enfin trouvé une solution à la verrue urbanistique que constitue la ruine de l’ancien cinéma Artistic tout proche. On a les combats qu’on peut.Marie N’Diaye : Je trouve cette France monstrueuse. Je trouve détestable cette atmosphère de flicage, de vulgarité. Besson, Hortefeux, tous ces gens-là, je les trouve monstrueux. Je me souviens d’une phrase de Marguerite Duras, qui est au fond un peu bête, mais que j’aime même si je ne la reprendrais pas à mon compte, elle avait dit : « La Droite, c’est la Mort ». (Les Inrock’)
C’est à se demander si le réactionnaire Eric
Raoult n’a pas fait ça pour mettre Frédéric Mitterrand dans l’embarras. Tant il est vrai que beaucoup, à droite, n’ont pas encore digéré sa nomination comme ministre de la
Culture. Il se dit même que l’actuelle hémorragie d’adhérents à l’UMP serait due à la médiatique politique d’ouverture du président de la République. On espère en tout cas, que le
ministre-écrivain saura défendre une liberté d’expression dont il a pu se parer récemment à propos de La mauvaise vie. Son silence est inadmissible.
Reste l’injonction du député UMP. Le voila qui voudrait fonctionnariser, mettre en pas les écrivains français en les soumettant à une devoir de réserve leur interdisant tout propos désobligeant à
l’égard des pouvoirs en place ou à venir (on ne sait jamais).
Les milieux littéraires n’ont pas manqué de réagir vivement à la bavure d’Eric Raoult. Et il y a de quoi. Ces propos nauséabonds constituent une nouvelle expression du sarkozysme dur qui est à
l’œuvre à droite aujourd’hui et qui tente, petit à petit, à force de caporalisme et de confusion des pouvoirs, de grignoter nos libertés fondamentales. Mais parce qu’ils touchent rarement à la
vie quotidienne des Français ou à leur porte-monnaie, ces coups de boutoir à notre démocratie n’émeuvent guère le citoyen lambda. Qui risque bien de se réveiller un matin avec une sacrée gueule
de bois. Pour se rendre compte – trop tard ?- à quel point Marie Ndiaye, prix Goncourt 2009, avait raison.
Où l’on découvre de manière très
concrète l’activité de nos députés. Alors que le seul parlementaire de gauche du Loiret, le socialiste Jean-Pierre Sueur, publie chaque année deux volumineux comptes-rendus
d’activité et chaque semaine un lettre électronique d’information, il est plus difficile de savoir comment les députés d’Orléans honorent leur mandat. Dans le numéro spécial de L'Express
consacré à Orléans, on peut lire que l’UMP Serge Grouard « passe indéniablement plus de temps à l’Assemblée Nationale ». Une affirmation qu’il est désormais possible de vérifier sur un
site très bien fait, www.nosdeputes.fr, qui présente de manière détaillée, l’activité de chacun de nos députés. On constate certes un certain regain
d’activité du maire d’Orléans au Palais Bourbon… après une quasi absence de décembre 2008 à avril 2009. Sans doute son obstination à vouloir faire adopter un amendement supprimant l’avis préalable des Architectes des bâtiments de France (ABF) n’y
est-elle pas pour rien. D’ailleurs l’item « ABF » apparaît dans lle champ lexical (« ABF armée bâtiments eau livre loi de programmation madame la présidente militaire programmation
programmation militaire taxe ») du député de la 2e circonscription du Loiret. Instructif.
Qui a dit que les policiers municipaux avaient tendance à jouer les cow-boys ? Nouvelle illustration
du zèle inébranlable de nos agents locaux de tranquillité publique que nous narre Anthony Gautier dans La République du Centre de ce 15 octobre. Version : j’y suis, j’y reste. En résumé
(lire le billet) : une voiture de la police municipale en faction rue de la République a refusé de se déplacer pour
laisser passer une ambulance. Le tout, juste en face de l’agence locale du quotidien régionale. C’est quand même pas de chance !
Wait ans see. On a vu, entendu aussi. Et on n’a pas attendu longtemps pour que la police municipale débarque. Vendredi 9 octobre, le Petit Bouchon avait programmé un concert d’un jeune groupe orléanais, les Wait ans See. Forcément,
deux guitares, une basse, une batterie et un chanteur, ça fait un peu de bruit. Même porte fermée. Il n’était même pas 21h30 quand, alertés par des voisins, les "cow-boys" (comme les appelle le
préfet) de Florent Montillot ont rappliqué pour remettre un peu d’ordre dans ce débordement acoustique. Pas question de continuer à faire du bruit. Faut la mettre en sourdine. Tenez, il n’y a qu’à
ne plus utiliser la batterie ! Se sentant sans doute menacés par à peine deux dizaines de clients dépités mais calmes, deux autres véhicules de la police municipale sont arrivés rue de la Lionne.
On ne sait jamais. Les quatre musiciens et leur chanteur, eux, ont plié bagage. Pas évident de jouer du rock en sourdine. Il n’était pas encore 22 heures et rue de la Lionne à Orléans, l’ordre
avait été rétabli.
Une fois de plus,
aux grands maux, les faux remèdes. La récidive d’un ancien détenu, surtout si elle est violente et sordide, suscite – outre la douleur justifiée des victimes – un
concert d’indignation des partisans d’une justice plus dire qu’elle ne l’est déjà. Mais en accusant les juges – laxistes, forcément laxistes -, d’être responsables de cette récidive, on se trompe
évidemment de coupable. Car la faute principale – et les accusateurs le savent très bien aussi qui jouent les vierges effarouchées – en revient bien entendu à notre système carcéral. Tous les
rapports internationaux, toutes les statistiques, toutes les enquêtes, tous les témoignages, le prouvent : la prison est criminogène. Et le peines alternatives, elles, ont le sait
encore bien plus efficaces quand les peines-plancher de Perben-Sarkozy remmplissent nos prisons de quasi primo délinquants qui découvrent là l'école du crime.
La réponse ne s’est pas faite attendre. Elle est cinglante. Dans La République du Centre du 30 septembre,
Florent Montillot se plaignait de « l’application de [ses] instructions » par la direction publique de la sécurité publique concernant l’expulsion des gens du voyage
installés sur la stade de l’lle-Arrault. Serge Grouard, pour faire bonne figure, a bien essayé de rattraper la bourde. Mais, piqué au vif et solidaire de la Police nationale mise en cause, le
préfet du Loiret, Bernard Fragneau a répliqué vertement dès le lendemain en rappelant que « la police nationale est placée sous l’autorité du préfet et non de l’adjoint au maire, ce qui me
rassure ». Avant de déplorer le manque de compétence du nouveau président du Nouveau Centre et de l’inviter « à faire preuve de responsabilité ». A vouloir trop jouer au shérif,
Florent Montillot finit par se faire taper sur les doigts. « Nous ne sommes pas au pays des cow-boys a d’ailleurs ajouté, lucide, le préfet. Il n’y a pas d’un côté le shérif et
des cow-boys de l’autre ».
Décidément, après la station d’épuration et le grand équipement sportif, cette île Arrault n’est qu’une source d’ennuis pour Serge Grouard.
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