Plus dix-neuf sièges pour la gauche au sein de la Haute Assemblée suite à l’élection qui s’est déroulée ce dimanche 21
septembre. A ce rythme là, explique Simon Tivolle dans sa
décapante chronique sur France Inter ce lundi matin 22 septembre, « la gauche ne peut pas espérer être majoritaire avant… 2030 ou 2040 ». C’est l’anomalie démocratique de
notre pays. Alors qu’à tous les niveaux, nos institutions représentatives (villes, départements, régions, Assemblée Nationale), ont, depuis plus de vingt ans, régulièrement connu
l’alternance politique, le Sénat reste immuablement à droite. La mode de scrutin, indirect et basé sur l’électorat très rural des maires et adjoints des 36 000 communes de France, assure à la
droite une quasi éternité à la Haute Assemblée. Rien ne justifie ce statu quo, même le discours récurrent sur la nécessité de conserver – c’est le mot ! – au Sénat son statut d’assemblée des
collectivités locales. Comme si les députés venaient de la planète Mars !
Déséquilibre démocratique. Les choses, malheureusement, ne risquent pas de s’améliorer. Il se murmure que Sarkozy
voudrait, pour l’élection des conseillers régionaux, adopter le même mode de scrutin – uninominal à deux tours – que pour l’assemblée départementale. Alors même que beaucoup s’accordent à juger
injuste et archaïque ce mode d’élection qui laisse lui aussi, un part disproportionnée au monde rural, le président de la République envisage de renforcer encore ce déséquilibre démocratique.
Histoire, sans doute, d’éviter un nouveau ras de marée, comme celui qui a vu la victoire, en métropole, de la gauche dans vingt-deux régions sur vingt-trois.
>> Le Loiret devrait bientôt compter six circonscriptions au lieu de cinq actuellement. Lire à ce sujet, le communiqué du PS du Loiret.
C’est toujours pareil. Quand les grands libéraux sont dans la panade, ils font les yeux doux à l’Etat providence. Limite même si ce dernier ne se fait pas engueuler
quand ça ne va pas assez vite. La crise des banques américaines est, de ce point de vue, un exemple criant de l’hypocrisie des grands pourfendeurs officiel de l’interventionnisme étatique. La loi
du marché va, directement ou indirectement, coûter 700 milliards de dollars aux contribuables de Georges Bush. Mais le phénomène n’est pas seulement américain, même s’il prend, outre atlantique,
comme toujours, des proportions astronomiques.
Ressources naturelles. De ce côté-ci de l’océan, nous avons régulièrement droit à des périodes de soudaine conversion au
culte de l’Etat providence de la part d’adeptes d’un autre dogme : le laisser-faire, la libre concurrence, le libre droit de piller les ressources naturelles ou de polluer. Il suffit de se
rappeler les réguliers appels au secours des patrons-pêcheurs (qui refusent par ailleurs que l’on limite leur droit de pêche au nom de la préservation des ressources halieutiques ou de la
solidarité avec les pays en voie de développement) ou des sociétés de transport routier (dont beaucoup voudraient bien qu’on applique à leurs chauffeurs le moins disant social de certains de
leurs concurrents européens et qui crient au loup quand la SNCF envisage des les concurrencer), ou encore des grands agriculteurs (qui envisagent avec horreur l’application du principe
pollueur-payeur). Et si, un jour, enfin, on les laissait se dépatouiller avec leur sacro-saint libéralisme ?
Mercredi 17 septembre 2008
Christian Houssack a encore frappé. Coup double. Contre Jean-Pierre Sueur et contre la presse locale. Agacé par les récents propos du sénateur du Loiret sur les
cinémas d’Orléans, le patron des deux Pathé et de feu le Select a placardé un torchon d’injures sur la vitrine de son établissement culturel (sic) : « Quand un homme politique
(Jean-Pierre Sueur, ndlr) n’est plus rien* (*sénateur et socialiste), il ne lui rester pour "exister" que le mensonge, la démagogie, le ridicule. Triste fin de carrière ». On savait le
belliqueux gérant de salles de cinéma très remonté contre Jean-Pierre Sueur depuis que ce dernier s’était battu pour la construction d’un multiplexe intra muros. Mais tant de haine – publique qui
plus est –, ça dépasse les bornes. D’autant qu’on ne comprend pas trop en quoi Christian Houssack est perdant dans cette affaire. Le voila à la tête de deux grands complexes cinématographiques.
Sans la ténacité de Jean-Pierre Sueur lorsqu’il était maire d’Orléans, il en dirigerait au mieux un seul.
"Idées
courtes". Mais comme si cela ne suffisait pas, le détestable patron a agrémenté son dernier programme hebdomadaire d’une « Lettre ouverte à quelques "journalistes" aux idées
courtes ». A ceux d’entre eux qui ont osé s’inquiéter de l’avenir du cinéma d’Art et d’Essai à Orléans, il écrit : « Mesdames et messieurs "les petits journalistes" frustrés de ne
pas présenter le 20h de TF1 ou de ne pas écrire dans Le Monde, rappelez-vous que la critique est aisée mais l’art est difficile et que c’est le public qui décide ». De deux
choses l’une : ou bien Christian Houssack ne regarde jamais le JT de TF1 ou bien il ne lit jamais Le Monde. Je ne connais en effet aucun journaliste qui puisse avoir cette
double ambition.re
>> Christian Houssack avait déjà montré ses grandes qualités humaines lors de la
gestion des problèmes posés par la ruine de l’ancien cinéma de la rue du d'Illiers.
Après avoir donné aux traditionnalistes le droit de célébrer la messe selon un rite antérieur à Vatican II (dans lequel, notamment, les prêtres tournent le dos aux fidèles), Benoît XVI en appelle à une « pacification des
esprits » avec les héritiers du schismatique Monseigneur Lefebvre. Comme si, depuis des décennies, c'étaient les franges les plus rétrograde de l'Eglise qui s'en éloignaient !
Petit à petit, dans le sillage de Jean-Paul II (rédempteur officiel du sulfureux Opus
Dei), l’Eglise catholique grignote les formidables changements que le Concile de Vatican II avait validés et permis. Pire, droit dans sa soutane, le pape campe sur ses positions les plus
rétrogrades : non à la communion des divorcés remariés, non aux unions homosexuelles, non au préservatif, non au mariage des prêtres, non à l’ordination de femmes, etc.
Ce qui ne remplit pas pour autant les églises et les séminaires. Il y a quelques années déjà, on avait tenté de nous faire croire que le succès du Renouveau charismatique allait redonner des forces à l’Eglise. Force est de constater que cette conception d’une
vie chrétienne assez repliée sur elle-même plutôt qu’engagée au cœur du monde a fait long feu. La crise des vocations perdure et les assemblées dominicales sont toujours aussi parsemées. La
hiérarchie de l’Eglise catholique ressemble de plus en plus à ces groupes minoritaires qui, acculés à une désaffection grandissante, ont plutôt tendance à s’arcbouter sur des dogmes plutôt qu’à
ouvrir grandes les fenêtres.
Deux articles anciens que j'ai écrits sur le même sujet :
>> Sexualité : la rigidité morale de l'Eglise
>> Jean-Paul II
On imaginait Florent Montillot plus dans les petits papiers du préfet. Dans une ville
qui a tendance à s’endormir trop tôt, Serge Grouard et son shérif avaient mis en place dès 2001 une charte qui permettait à des établissements servant de
l’alcool d’ouvrir jusqu’à 2h du matin en été. Quarante-trois bars et restaurants l’avaient signée. Débutée en juin, l’ouverture estivale devait être prolongée jusqu’au 8 novembre. Mais pour la
préfecture, cette charte – dont elle n’est plus cosignataire depuis cette année * - n’a pas de valeur juridique. Une demande individuelle de dérogation, accompagnée d’une onéreuse étude
acoustique, doit désormais être formulée pour espérer obtenir ce droit. Une trentaine d’établissements n’ont pas fait la démarche et sont donc contraints de baisser le rideau dès une heure du
mat’. Ca fait désordre. On a un peu de mal à comprendre qu’aucune information n’ait circulé entre la place de l’Etape et la rue de Bourgogne toute proche afin que Ville et Etat accordent leurs
violons. Mais notre « Sakotillot » était sans doute trop occupé à libérer les bords de Loire pour aller s’occuper du respect de la parole donnée de la Ville d’Orléans.
*Dans La Tribune d’Orléans, la préfecture, qui était cosignataire depuis 2001, explique qu'elle a refusé de s'engager « par avance dans un régime dérogatoire
automatique ».
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