Jeudi 6 novembre 2008
La victoire de Barack Obama laisse Serge Grouard sans voix. On ne savait pas le député-maire d’Orléans si concerné par ce scrutin. Interrogé par La République du Centre « il n’a pu donner suite » indique laconiquement le quotidien départemental dans son édition du 6 novembre. Quand le président UMP du conseil général, Eric Doligé, semble se réjouir de cette élection (« probablement un atout pour le monde »), Serge Grouard ne semble lui pas concerné par cet événement historique dont on aurait espéré qu’il le laissât plutôt sans voie, que sans voix. A moins que le maire d’Orléans n’ait espéré la victoire de McCain et que, devant l’ampleur de la défaite du candidat conservateur, il ait choisi de rester discret.
Par DAZIBAO - Publié dans : Orléans
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Jeudi 6 novembre 2008
2011, 2012… 2013. Le délai de construction de la seconde ligne de tram s’allonge régulièrement d’une année supplémentaire. Serge Grouard l’a clairement laissée entendre lors de la visite de Jean-Louis Borloo à Orléans, le 3 novembre, en raison, explique sans rire le maire d’Orléans « de l’ampleur des travaux ». Il aura donc fallu sept ans pour que Serge Grouard se rende compte de ce que représente un tel chantier. Il ne serait sans doute pas si ignorant s’il avait été plus assidu aux réunions du comité de pilotage de cette seconde ligne. On aurait, en outre, aimé que le tracé s'allonge lui aussi dans les même proportions.

Pollution automobile. A ce rythme là, le risque est grand qu’il faille attendre le prochain mandat municipal (après 2014 donc) pour pouvoir monter à bord de ce nouveau tram. Lorsque l’opposition socialiste (les communistes saranais sont contre le tram) de l’agglomération et le collectif pour la deuxième ligne de tram dénonçaient les retards successifs, on nous répliquait qu’il avait fallu dix pour réaliser la ligne A et qu’il en faudra dix autres pour la B. Cette fois, on sort carrément des rails. En attendant, n’en déplaise à Serge Grouard et à ses discours généreux sur le développement durable, la pollution automobile peut continuer à s’étendre dans notre agglomération et les quartiers populaires de l’Argonne et de Saint-Jean de La Ruelle devront encore patienter avant de se voir correctement reliés au centre de l’agglomération.

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Mercredi 5 novembre 2008
Apprenant ce matin par la radio que Barack Obama venait d'être élu président des Etats-Unis d'Amérique, je me précipite sur la télécommande de ma télévision, impatient de voir les images de cette victoire.TF1, France 2, France 3, Arte (même Arte !), M6 : rien, nada, si ce n'est les habituels dessins animés niais et les insipides soap opéra du mercredi matin. Sans doute les journaux du matin avaient-il longuement évoqué cet événement. Mais on aurait pu attendre des éditions spéciales à la hauteur de ce moment historique. Cité par Le Monde, Frédéric Martel, auteur de De la culture en Amérique (Gallimard, 2006), parle de « 11-Septembre à l'envers ». Ce jour-là, toutes les télévisions du monde – y compris en France – s'étaient mises en quatre pour relayer ce terrible attentat, jusqu'à l'écoeurement. L'élection de Barack Obama est – en positif – un événement aussi considérable pour le monde que la destruction des twin towers. Mais le positif, c'est bien connu, ça ne paye pas.
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Mercredi 5 novembre 2008
Il pouvait gagner, il devait gagner, il a gagné. Le quadragénaire métis Barack Obama est devenu le 44e président des Etats-Unis d'Amérique. Une victoire sans appel, totale, qui, quarante ans après l'assassinat du pasteur Martin Luther King apparaît comme une formidable revanche de l'histoire. Un événement digne de l'élection, en 1994, de Nelson Mandela à la tête de l'Afrique du Sud libérée de l'apartheid. Dans un pays qui a connu la traite des Noirs, l'esclavage, le Ku Klux Klan et la ségrégation raciale, l'élection de Barak Obama, qui a encore une grand-mère au Kenya, est une véritable révolution. Un ami, métis lui aussi, me disait ce matin : « Je suis fier d'être noir ». Et moi de lui répondre, tout à ma joie : « Je suis fier de l'humanité ». Les nombreux reportages sur tous ces citoyens noirs se rendant aux urnes radieux et déterminés avait quelque chose de jubilatoire. Cité par Le Monde, Frédéric Martel, auteur de De la culture en Amérique (Gallimard, 2006), parle de « 11-Septembre à l'envers ».

Ecrasante responsabilité. Une fois passée la nécessaire et tellement agréable euphorie de la victoire, la réalité va bien évidemment très vite reprendre ses droits. La formidable espérance née de cette élection confère à Barack Obama une écrasante responsabilité. A cause des millions d'Américains qui vivent dans une grande pauvreté, à cause d'un système judiciaire ségrégationniste, à cause du rôle primordial des Etats-Unis dans la crise économique et écologique qui menace notre planète, dans le désordre politique mondial.

Peine capitale. Avec d'autres sans doute aussi, j'attends de cet homme de progrès ,de ce citoyen universel, de ce président multicolore qu'il révise ses opinions sur la vente des armes et surtout sur la peine de mort. On peut penser – espérer - que la position officielle d'Obama sur ce sujet est d'abord dictée par des raisons électoralistes tant il semble impossible d'être aujourd'hui président des Etats-Unis tout en étant ouvertement contre la peine capitale. Une pratique qui continue de classer les USA dans le camps des  pays barbares. On peut légitimement croire que l'humaniste Obama, qui se réclame de Martin Luther King, est, au fond de lui, abolitionniste. Pour tout cela, ça va être très dur d'attendre le 20 janvier, date officielle d'entrée en fonction du nouveau président de « la plus grande démocratie du monde ».
Par DAZIBAO - Publié dans : Monde
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Mardi 4 novembre 2008
La politique est aussi question de symboles. L’organisation à Vichy, par l’auvergnat Brice Hortefeux, de la troisième conférence européenne sur l’intégration, sonne comme une provocation, venant d’un ministre de l’immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du développement solidaire (ouf !) particulièrement dur en la matière. Toutes choses égales par ailleurs, acceuillir dans la ville qui porte le nom des lois les plus discriminatoires et honteuses de l’histoire de notre pays à quelque chose d’indécent, au moment même où des familles sont obligées de se rentrer dans la clandestinité pour ne pas être expulsées, où des citoyens français se mettent en infraction en cachant des sans-papiers et où, à Paris, une employée municipale dénonce à la police l’inscription dans une école d’un enfant de sans-papiers.

Ville thermale. Le conseiller régional sarkozyste et le maire UMP de Vichy, Claude Malhuret, ont bien entendu raison de vouloir réhabiliter cette ville à l’histoire funeste. Mais un sommet ou une conférence européenne sur tout autre thème n’aurait sans doute provoqué aucune réaction (si ce n’est sur le sujet lui-même). Au lieu de redorer le blason de la ville thermale, cette initiative, qui n’étonnera personne venant de la part de Brice Hortefeux, risque, tout au contraire, de réveiller les vieux démons.

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Samedi 1 novembre 2008

Serge Grouard est un sacré farceur. Voilà qu'il vient d'obtenir de Jean-Louis Borloo qu'il revienne à Orléans donner son absolution à sa politique de développement durable. Au menu, explique Mourad Guichard sur LibéOrléans : «  La thématique des villes durables et des transports collectifs en site propre ». C'est le comble. Celui-là même qui, en 2001, a fait campagne contre la seconde ligne de tramway vient aujourd'hui s'enorgueillir de cet équipement qu'il a tant combattu et décrié. Rappelons nous toute l'énergie déployée par le maire d'Orléans pour empêcher le choix du tramway comme mode de transport pour la seconde ligne de tramway. Puis, toutes ses manœuvres pour retarder sa réalisation au point que l'on ne sait plus vraiment aujourd'hui quelle année elle entrera en service. Enfin toutes ses fins de non recevoir à vouloir privilégier le site propre (faubourg Madeleine et rue des Carmes).
Pour donner un peu de réalité à un discours qui promet d'être très virtuel, Serge Grouard pourra toujours resservir au ministre, pour la énième fois, la pile à combustible installée dans un HLM de la Source et qui, malgré son succès interplanétaire, n'a malheureusement pas, pour le moment, fait école à Orléans même.

>> Voir La saga du tramway

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Mardi 28 octobre 2008
Sous le titre énigmatique « Les CAP, c'est comme un jeu de hasard... tu gagnes ou tu gagnes pas », le syndicat CFDT de la Ville d'Orléans offre au personnel municipal, à l'occasion des élections aux commissions administratives paritaires (CAP), un billet de tombola qui permet de gagner... des places pour le cinéma Pathé ! Quelques semaines après que le gérant des complexes en question s'est répandu en insultes contre la presse locale et contre Jean-Pierre Sueur, on aurait pu attendre du syndicat un peu plus de discernement. Pour garder une saine distance vis à vis d'un individu assez peu fréquentable et pour soutenir, de préférence, un cinéma qui risque aujourd'hui de fermer ses portes. Qui plus est, compte tenu du nombre d'agents que compte notre ville, les vingt places à gagner constituent une maigre loterie. On aurait pu espérer plus de générosité. Pas malin, plus radin.
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Jeudi 23 octobre 2008
Il était sans mandat depuis sa double défaite aux municipales et aux cantonales en mars dernier. Grégoire Mallein, avocat plaidant à Paris, habitant le centre-ville d’Orléans, ancien conseiller général éphémère de l’Argonne, est désormais conseiller municipal d’opposition à Saint-Jean de Braye. Par la grâce du jeu des chaises musicales et de la démission de Jacques Chevalier, maire sortant et sorti. L’inclassable électron libre du petit monde politique orléanais, membre du parti radical valoisien, retrouve ainsi un ancrage politique dans l’agglomération, au moment même où un autre figure agitée, le sécuritaire Florent Montillot, recentre son image pour mieux cacher ses idées extrêmes.

Belles paroles. Comme toujours, Grégoire Mallein tient un discours très soft : « Modérer et contrôler » confie-t-il à Sandrine Séon dans La République du Centre du jeudi 23 octobre. Mais il se méfier des apparences comme des belles paroles. Et celles et ceux qui connaissent un peu le personnage savent très bien que derrière un profil apparemment lisse se cache un homme aux idées parfois assez dures, en particulier sur les questions économiques.
Reste que ce nomadisme politique est toujours déconcertant. Qu’il soit de droite ou de gauche (rappelons-nous Jack Lang quittant Blois pour une circonscription du Pas-de Calais gagnée d’avance). Car, pour ma part, je reste persuadé qu’un ancrage prolongé sur un territoire où l’on habite réellement est une condition indispensable à l’exercice d’un mandat électoral local efficace.

Par DAZIBAO - Publié dans : Orléans
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Mercredi 22 octobre 2008

African footprint. « Empreinte de pied africain ». Samedi 18 octobre, Patrick Sébastien nous a encore étonnés. Parmi les trouvailles, ce soie-là, une troupe de jeunes danseurs-bruiteurs de Soweto : African footprint. Une équipe « rouge » et une « jaune ». Du vrai spectacle. Du genre qui donne ses lettres de noblesse à la télévision publique. Car, en voyant ces jeunes sud-africains, j'ai aussitôt pensé, par contraste, à Koh Lanta (TF1) d'une part et Incroyables talents (M6), d'autre part. Deux facettes de cette pseudo téléréalité qui envahit nos petits écrans, les gangrène chaque jour un peu plus. Du factice, de l'émotion préfabriquée, du vrai-faux spectacle où les images sont montées, manipulées, tronquées pour correspondre à un produit calibré destiné à trouver sa place entre plusieurs écrans publicitaires.

Névroses sublimées. A l’inverse, Patrick Sébastien – dont on peut critiquer le style mais qui, à l’instar d’un Michel Drucker, n’a jamais succombé aux sirènes de la télévision privée – est un formidable découvreur de talents. Il nous offre chaque mois du spectacle vivant, où les artistes ne servent ni de faire-valoir, ni de sujet de dérision et de moquerie à des pseudo-juges, artiste hasbeen en mal de notoriété, transformant les spectateurs – consentants- en complice d’un voyeurisme malsain ; un divertissement où ceux qui se produisent sont des artistes à part entière, qui ne sont pas là pour étaler devant des millions de téléspectateurs consommateurs passifs leurs névroses sublimées par des images trafiquées.

Par DAZIBAO - Publié dans : Culture
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Mercredi 22 octobre 2008
Depuis tout ce temps que j’habite à Orléans, je ne m’en étais pas encore rendu compte : il y a une rue Adolphe Thiers à Orléans, dans le quartier du Châtelet. Bien entendu, cette appellation ne date pas d’hier. Chef de l’Etat et du gouvernement réfugié à Bordeaux après l’invasion prussienne, il conclut le traité de Francfort avec Bismarck en 1871. Les Parisiens refusent ce traité et s’insurgent. La « Commune de Paris » sera réprimée dans le sang par Thiers. Georges Clemenceau, maire de Montmartre pendant la Commune dira de lui : « Thiers, le type même du bourgeois cruel et borné qui s’enfonce sans broncher dans le sang ».
On imagine facilement qu’un tel baptême a eu lieu sous une municipalité de droite. Mais on aurait pu penser que le nom de ce triste sire fût effacé des murs de notre ville depuis.
Certes, de nombreuses villes, en France, de droite comme de gauche, comptent une rueThiers. D’autres, même encore, une rue Staline. Il y a quelques années, le maire UMP de Chartres a débaptisé la place François-Mitterrand de sa ville. Non pas à cause de l’attitude équivoque que l’ancien président de la République a pu avoir durant l’Occupation. Mais par un puéril antisocialisme revanchard.
Avec Thiers ou Staline, on est dans un tout autre cas de figure. Il n’y a pas de honte à changer le nom d’une voie lorsque celle-ci fait injure à l’histoire.


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