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Mercredi 22 avril 2009 3 22 /04 /Avr /2009 18:20
Il est content Serge Grouard. Serge Grouard est content. « Content d’être heureux » comme dirait Coluche. Dans La République du Centre dateé du 20 avril 2009, le député-maire d’Orléans s’autodélivre un satisfecit intégral : les conseils consultatifs de quartier (CCQ) soient un succès. La preuve : « A La Source, Florent Montillot n’est pas intervenu ». L’adjoint à la « tranquillité publique » (sic) est resté sage. Pas d’envolée lyrique, pas de déballage de graphiques. Même pas un petit mot sur son opération d’élimination des régies de quartier. C’est dire, si, dans la capitale régionale du Centre, tout va bien. Exit l’exclusion assumée et dogmatique de toutes les associations – en tant que telles – dans les comités de pilotage des conseils de quartier. Oubliée la mascarade de démocratie directe avec le tirage au sort de citoyens volontaires pour un an. Effacées les règles de fonctionnement desdits CCQ où les membres ont officiellement pour mission de promouvoir la politique municipale mais surtout pas de la critiquer. Passé sous silence le fait, que dans une structure qui se veut aussi démocratique, on laisse le soin à une entreprise, Etik-Presse – rémunérée pour cela – de mener les débats quand les élus eux-mêmes devraient être en première ligne. Gommée enfin le peu de temps laissé à une véritable expression citoyenne. A l’Argonne, Baptise Chapuis, porte parole socialiste de l’opposition municipale, a fait ses comptes : 1h58 de temps de parole pour les élus contre 27 minutes pour les habitants. Serge Grouard est content. En assemblée générale de quartier, il a beaucoup de temps pour parler.
Par Pascal Martineau - Publié dans : Orléans
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Vendredi 17 avril 2009 5 17 /04 /Avr /2009 14:20
Après avoir sciemment exclu les associations du dispositif de pseudo démocratie municipale – les conseils consultatifs de quartier -, Serge Grouard cherche désormais à dégommer les plus gênantes. Le député-maire d’Orléans s’attaque en ce moment aux régies de quartiers, repères (sic) bien connus de militants contestataires. Profitant des difficultés de la régie de la Source et nonobstant la très bonne santé de celle de l’Argonne, l’édile UMP a décidé de créer une sorte d’association municipale d’insertion qui regrouperait les deux régies sous la houlette municipale et, plus précisément, de Florent Montillot. Le tout, bien entendu sans aucune concertation préalable : l’adjoint à la sécurité s’est borné à convoquer les présidents des deux associations pour leur présenter son opération de normalisation. Le fait que la gestion de ce dossier ait été confiée à Florent Montillot – avec Isabelle Baranger comme pseudo caution morale – donne d’ailleurs le ton de cette reprise en main politique du monde associatif orléanais. Car au delà de l’évidente volonté de casser, au sein de La Source la rebelle, un des piliers du réseau associatif de ce quartier, il y a, dans cette affaire, l’aveu d’une conception de la ville et de la démocratie qui nie totalement, une fois de plus, la nécessité des contre-pouvoirs et le rôle essentiel des militants engagés dans la vie de la cité et au service de ses habitants.

Proximité. Quitte à être en totale contradiction avec les grands discours sur la proximité. Pourquoi « recentraliser » et même « municipaliser » une activité qui a, au contraire besoin de beaucoup de proximité ? Surtout, quand, dans le même temps, on privatise une crèche.
Les quartiers en question – et leurs habitants – risquent de payer cher cette mise au pas de l’oie. Car, dirigées du centre-ville sans l’indispensable investissement militant bénévole, ces structures ne pourront continuer à jouer un rôle aussi essentiel et n’auront plus la même reconnaissance de la part de ses salariés, de ses usagers et, au-delà, de tous les habitants du quartier. Les régies constituent un élément essentiel de la vie économique du secteur urbain où elles interviennent. Elles apportent en effet à leurs salariés des revenus « propres » qui dament en partie le pion à l’économie souterraine qui y règne. Casser les régies, c’est prendre le risque ce casser ce cercle vertueux. Pour mieux justifier ensuite une politique sécuritaire chère à Sarkotillot.

Par Pascal Martineau - Publié dans : Orléans
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Vendredi 17 avril 2009 5 17 /04 /Avr /2009 10:35
En se cachant derrière des arguments horaires qui ne tiennent pas la route, la municipalité d’Orléans a entrepris de privatiser la crèche des Chats Ferrés. En langage politiquement correct, cela donne : « Délégation de service public » (DSP). Il paraît qu’à Dijon, dans la ville du socialiste François Rebsamen, ça marche très bien. Faut quand même être à court d’arguments solides pour aller chercher des justifications dans l’autre camp. Et ça n’est pas parce qu’un maire de gauche fait n’importe quoi qu’on doit répéter les mêmes bêtises.
Car la privatisation d’un service de la petite enfance a, à Orléans comme à Nevers, un objectif essentiel : l’affichage. Faire croire que la masse salariale des fonctionnaires territoriaux reste stable tout en dépensant de l’argent public supplémentaire pour des services extérieurs. Car pour la collectivité, le coût n’est guère inférieur. Mais la société chargée de cette DSP gagne, elle, de l’argent sur le dos des salaires, des conditions de travail et des prestations sociales de ses employés. Qui plus est, le service étant – à Orléans en tout cas - payé via le centre communal d’action sociale, ça permet de faire croire artificiellement qu’on augmente le budget d’action sociale de la ville. Un véritable tour de passe-passe. Un de plus dans la politique en trompe l’œil qui caractérise le député-maire Serge Grouard. La prestidigitation budgétaire comme art supérieur de la com’ !

Lire aussi :
>> L'article de Côté Boulevard
>> L'article de Place de La République
Par Pascal Martineau - Publié dans : Orléans
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Vendredi 27 mars 2009 5 27 /03 /Mars /2009 12:47
A cours d’arguments d’ordre moral, l’évêque d’Orléans en est réduit à faire appel à la science pour fustiger l’utilisation du préservatif. Les Socialistes d’Orléans condamnent cette position de Mgr Fort avec la plus grande fermeté : parce qu’elle est scientifiquement fausse, parce qu’elle est finalement une incitation à ne pas utiliser le préservatif, qui reste le moyen le plus sûr et le plus efficace pour se prémunir des infections sexuellement transmissibles, dont le SIDA.
 
Communiqué de la section d'Orléans du Parti socialiste

Par DAZIBAO - Publié dans : Parti socialiste
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Dimanche 22 mars 2009 7 22 /03 /Mars /2009 00:51
On sait le Vatican attaché à l'acharnement thérapeutique. Si ça continue, l'Eglise catholique risque bien de devoir se l'appliquer à elle-même. Car au rythme où Benoît XVI multiplie des déclarations plus accablantes les unes que les autres, il va finir par donner le coup de grâce à l'institution. Sa dernière bévue à propos du préservatif, prononcée sur un continent qui crève du Sida, a provoqué un tollé international. Il suffit de voir, par exemple, la campagne de soutien, menée par Madonna, au Malawi ravagé par le terrible virus pour se rendre compte de la gravité des propos du pape. Même Alain Juppé y est allé de son commentaire assassin : « Ce pape commence à poser un vrai problème ». Jusqu'aux catholiques français qui commencent à l'avoir mauvaise. Selon un sondage Ifop publié par le Journal du Dimanche, 43% d'entre eux souhaitent la démission de Benoît XVI.

Air frais. Dans un contexte de forte désaffection, toute institution humaine est confrontée à un choix existentiel : ou bien s'ouvrir largement en faisant rentrer de l'air frais pour contenir l'hémorragie, ou bien fermer les portes et les fenêtres pour tenter de sauver ce qui peut l'être. Au risque de l'asphyxie et de la mort lente. C'est cette seconde solution que semble privilégier le Vatican recroquevillé sur son dogme. C'est tout le sens des déclarations moralistes du pape, de sa décision de réintégrer des évêques traditionalistes, de la canonisation du franquiste Balaguer, fondateur de l'Opus Dei, véritable secte officielle à l'intérieur de l'Eglise catholique, j'en passe et des pires.

Schisme. Reste cependant une solution de secours que j'ose à peine suggérer : le schisme. Et si les catholiques progressistes, ceux qui préfèrent une Eglise qui annonce et pardonne plutôt qu'une Eglise qui dénonce et condamne, si ces croyants-là décidaient, dans un sursaut de survie, de quitter cette institution moribonde pour refonder une autre Eglise, celle de Vatican II, celle de l'Evangile. De l'Espérance. Pas celle de l'Opus Dei est des charismatiques et du repli sur soi !

>> Cet article m'a valu une citation dans la "revue de blogs" de La Tribune d'Orléans
Par Pascal Martineau - Publié dans : Eglise et religions
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Samedi 21 mars 2009 6 21 /03 /Mars /2009 14:11
A son âge – Serge Grouard vient de fêter ses 50 ans – c'est pas beau de mentir. Faisant, dans La République du Centre du 17 mars 2009 le tour des ratés et des retards qui s'accumulent, le député-maire d'Orléans explique sans gêne que le partage de la halle de la Charpenterie ne serait imputable qu'au recours déposé par un contribuable odieusement manipulé. On sait qu'il en est tout autrement. L'ensemble des commentaires est du même tonneau. Les relations avec Charles-Eric Lemaignen ? RAS selon Serge Grouard alors que tous ceux qui les ont vus travailler ensemble « hors caméra » ont pu constater qu'il en est tout autrement. Les témoignages ne manquent pas. La fac de lettres ? « Ce n'est pas au maire d'imposer un solution » affirme aujourd'hui celui qui, il y a quelques années a  annoncé ce transfert sans aucune concertation, avant d'être contraint à reculer. La gare routière ? Ca n'est pas sa faute si elle va être supprimée. On sait désormais que le président - UMP – du Conseil général avait averti Serge Grouard de longue date. Le mur végétalisé de la gare d'Orléans ? « Remis en cause pour des raisons techniques et financières ». Après la dalle construite trop vite, les fuites dans la verrière, les reflets gênants de la toiture et la liaison tram-train renvoyée au calendes grecques, ça fait beaucoup d'imprévision. L'Inex ? « On reprend les choses et ça va marcher ». Exit les mises en garde réitérées de l'opposition de gauche au Conseil d'agglomération lors du lancement du projet. L'histoire leur donne raison. Mais le maire d'Orléans persiste et signe et s'autoconcainc : « Ca va marcher »L'équipe municipale ? « Un formidable alchimie ». Des UMP perpétuellement muets (la liste est trop longue) + un ultra libéral compétent aux dents longues (Olivier Carré) + un millonniste aux dents longues (et de deux !) récupéré par le Nouveau Centre (Sarkotillot) + des élus Modem totalement suivistes + des vieux de la vieille reconvertis Gauche moderne (faut-il vraiment dire de qui il s'agit ?) + un jeune militant du mouvement pour la France qui distille des idées d'un autre âge + un président de l'Agglo qui rêve d'être calife à la place du calife : tout cela ressemble beaucoup plus à un mélange hautement instable qu'à une « formidable alchimie ». Le jour où ça va péter, ça va faire du bruit.
Par Pascal Martineau - Publié dans : Orléans
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Samedi 14 mars 2009 6 14 /03 /Mars /2009 19:58
Prenez plus de sept cents candidats pour vingt à vingt-deux sièges potentiels. Ajoutez la parité, l'équilibre des régions françaises, leur poids dans le parti et le jeu des motions et autres courants, quelques égos surdimensionnés, une volonté de renouvellement et de diversité : vous obtenez une équation politique quasiment impossible à résoudre. La liste concoctée par la direction du Parti socialiste pour les élection européennes du 7 juin prochain a pourtant été adoptée sans ambiguïté par le Conseil national du PS le (189 voix pour, 14 contre et 18 abstentions). Qui plus est, 21 régions sur 22, 95 départements sur 100 et et 81 % des militants invités à s'exprimer le 12 mars ont apporté majoritairement leur soutien à ces listes. Reste le Limousin. Ou plus exactement deux départements de cette région qui on fait basculer le vote régional. Mais qu'on ne s'y trompe pas. Il ne s'agissait pas tant de s'opposer à la tête de liste – le fabuisien Henri Veber – que de sanctionner l'absence du président de la région, Jean-Paul Denanot. Ce dernier, député européen sortant, avait mis tout son poids dans la balance : c'était lui ou personne. Au nom du non-cumul des mandat édité comme règle absolue par Martine Aubry, ce fut personne. Il y a des moments où il faut passer des paroles généreuses aux actes.
Par DAZIBAO - Publié dans : Parti socialiste
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Vendredi 13 mars 2009 5 13 /03 /Mars /2009 23:23
C'est une histoire que j'ai souvent racontée. Un jour, journaliste à Témoignage Chrétien, j'interviewais l'abbé Pierre dans son appartement-bureau de la petite couronne parisienne. Le fondateur d'Emmaüs me parlait de sa rencontre avec un prêtre des favelas brésiliens qui lui avait dit, en substance : « Dites au Saint-Père (alors Jean-Paul II), quand vous le verrez, que ses discours sur la contraception, ça ne passe pas ici. Pour se protéger du SIDA et des grossesses non désirées, les préservatifs sont indispensables ».
Je ne sais si l'abbé Pierre répéta un jour ces paroles au pape. Mais l'excommunication de la mère d'une gamine de 9 ans qui s'est faite avorter après avoir été violée montre combien cette supplique reste d'actualité. L'équipe médicale qui a pratiqué l'IVG a subi la même sanction. Face au tollé qu'elle a provoqué, la décision honteuse de l'archevêque réactionnaire de Recife a fort heureusement été annulée par la conférence des évêques du Brésil. En France, plusieurs évêques ont publiquement condamné cette excommunication. Seul le Vatican campe sur ses positions. Quelques semaines après que Benoît XVI a réintégré un évêque schismatique et révisionniste, la hiérarchie de l'Eglise catholique a justifié cette excommunication brésilienne. Dans un entretien au quotidien italien La Stampa. le cardinal Giovanni Battista Re, préfet de la congrégation pour les évêques, a dit que les jumeaux que la fillette portait « avaient le droit de vivre », alors même que les médecins les avaient déclarés non-viables dans ce petit corps violé d'une enfant de 9 ans. Mais l'abbé Pierre n'est plus là pour aller murmurer l'oreille de Benoît XVI le monde tel qu'il est.
Par DAZIBAO - Publié dans : Eglise et religions
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Vendredi 13 mars 2009 5 13 /03 /Mars /2009 20:01

« Ecrire, c'est aussi ne pas parler. C'est se taire. C'est hurler sans bruit » : Marguerite Duras.
Le livre de Sébastien Buron-Levêque est un cri, tout droit sorti du cœur de l'adolescent qu'il était lorsqu'il a écrit ces lignes. Cette période si cruciale de la vie où, le soir au fond d'un lit froid ou au petit matin, on ressent durement, pour la première fois, l'absence de l'être aimé. Ces moments où l'on ressent la blessure des premières séparations, la douleur de l'abandon, le gouffre du désir inassouvi.

Avec des mots - empreints de ce romantisme qui caractérise l'âge des premiers émois - tantôt durs, tantôt doux, qui émeuvent ou font rire, Sébastien, jeune homme pudique, hurle sans bruit.
Par ces lignes, Sébastien nous parle de ces êtres – vivants ou disparus – qui ont marqué sa vie de lycéen et qu'il garde bien enfouis, enfermés dan les recoins de son âme.
Par les photos qui accompagnent ses textes, Sébastien imprime, en filigrane, sa douceur, sa réserve, sa solitude et sa timidité. Ses photos, elles aussi, parlent de lui, assurément.


Pour financer l’édition du premier livre de Sébastien Buron-Lévêque, Enfermés, une souscription vous est proposée. Le principe est simple : acheter à l’avance et avant la date limite du 15 avril 2009 le livre à un prix inférieur à ce que sera son prix de vente public une fois que celui-ci sera imprimé… et permettre ainsi l’édition de l’ouvrage. Le livre, numéroté, vous sera remis ou expédié dès l’impression de celui-ci.
Au format 21 x 15 cm, composé de 76 pages reliées, dont 30 photos pleine page, il est édité par Com’In Design.
Le prix de souscription est de 9,50 € TTC (frais d’envoi non compris en cas d’expédition par voie postale). Prix de vente public (après souscription) : 15 € TTC. 
>> Télécharger le bon de souscription


Par Pascal Matthieux - Publié dans : Culture
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Mercredi 11 mars 2009 3 11 /03 /Mars /2009 11:53

Dessin de la couverture du livre Mé 67, mémoire d'un événement, de Jean-Pierre Sainton et Raymond Gama Au JT de 20h de France 2 ce soir-là, la fausse indignation de la militante UMP de la Guadeloupe avait quelque chose d’indécent. Son énorme collier de perles faisait tâche sur ses propos dénonçant l’irresponsabilité des travailleurs antillais demandant une augmentation mensuelle de 200 euros pour les bas salaires. Quelques jours plus tard, sur la même chaîne, un planteur blanc à l’accent des Antilles expliquait lui aussi à Benoît Dusquenne (Complément d'Enquête du 9 mars 2009), devant sa piscine perchée au dessus des ses champs de canne à sucre, qu’il s’agissait là d’une revendication inconsidérée. Dans le même reportage, on découvrait avec stupéfaction le massacre, par la gendarmerie, de plus de quatre-vingts travailleurs guadeloupéens en colère – déjà – en mai… 1967. Aujourd’hui encore, le chiffre officiel des victimes est de… sept morts !

Les raisons de la colère. On ne pourrait comprendre le long conflit qui a paralysé les Antilles ces dernières semaines sans prendre en compte cette réalité et cette histoire. Les raisons de la colère trouvent tout autant leurs racines dans le passé colonial de ces départements d’outre-mer que dans des inégalités sociales. Le pouvoir économique reste confisqué, là comme dans les autres DOM, par une poignée de békés (les blancs). Nous avons ainsi pu ainsi entendre ces dernières semaines, à l’occasion de ce conflit, de nombreux témoignages de discriminations à l’embauche dont sont toujours victimes les descendants noirs des esclaves africains, majoritaires dans ces anciennes colonies françaises. Chacun sait par ailleurs que les « métros » qui viennent travailler dans les DOM perçoivent une prime exceptionnelle dite de « vie chère ». Ainsi, pour un pilote d’Air France, elle représente une augmentation de salaire de 40%, à laquelle s’ajoute une prime de logement mensuelle de 2000 euros. De quoi s’offrir la location d’une belle maison avec piscine. « La Guadeloupe est à nous, la Guadeloupe n’est pas à eux » ont scandé les manifestants durant tout le confilt.

Vierge effarouchée. Dans ce contexte, l’indignation – encore elle – du secrétaire d’Etat à l’outre-mer, face aux propos provocateurs du leader du LKP Elie Domota, cette indignation est, elle aussi, décalée. Jouant les vierges effarouchées, Yves Jego a qualifié de « dérapage verbal inqualifiable » les déclarations d’Elie Domota affirmant que les entrepreneurs qui refusaient l'accord d'augmentation de 200 euros des bas salaires devraient « quitter » la Guadeloupe et qu'il ne « laisser(ait) pas une bande de békés rétablir l'esclavage ». Ou comment se voiler pudiquement la face devant un héritage historique dérangeant et non assumé.


L'extrait de Complément d'enquête consacré au massacre de Mé 67

Par Pascal Martineau - Publié dans : Politique nationale
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