Jean-Claude Kaftanjian a tout a fait raison de parler de l’intérêt du tramway pour l’Argonne. Malheureusement, ce ne
sont là encore que des paroles.
En plus de l’urgence écologique - le développement durable ne doit pas rester qu’un slogan de propagande - qu’il y a pour
toute notre agglomération à voir enfin mise en service cette deuxième ligne de tram, il y a aussi, pour un quartier comme l’Argonne, un véritable urgence sociale : rénover profondément ce
quartier à l’occasion de l’aménagement de la ligne et aussi, et peut-être surtout, relier encore mieux cette partie d’Orléans au centre-ville et à toute
l’agglomération.
On pourrait d’ailleurs dire la même chose pour le quartier des Salmoneries à Saint-Jean de la Ruelle. Mais de même que d’aucuns prédisaient, avec la première ligne, l’arrivée, en centre-ville, de
« hordes » de jeunes venus de la Source, la même crainte - totalement injustifiée - s’exprime plus ou moins sournoisement avec cette seconde ligne, à l’égard de l’Argonne et des Salmoneries.
Certes, une convention territoriale (commune à ces deux quartiers) est à l’étude... mais cela traîne. C’est comme si la municipalité actuelle n’était pas pressée - là aussi - d’accélérer les
choses. Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette « urgence sociale » n’est pas une priorité de Serge Grouard et de son équipe. On préfère s’occuper d’abord - et à grands frais - du
centre-ville ou des bords de Loire. Nous n’avons sans doute pas les mêmes valeurs. Plus profondément, cette manière d’agir de la municipalité actuelle est le signe d’une conception de la ville
qui n’est pas la mienne.
Contrôle social. Là où il faudrait se battre pour faire d’Orléans et de son agglomération un espace urbain où l’on
vive mieux les uns avec les autres, le trio Grouard-Lemaignen-Montillot préfère, à l’instar de Nicolas Sarkozy, opter pour une politique qui a d’abord pour objectif de faire vivre des populations
différentes les unes à côté des autres, jusqu’à, parfois, organiser un contrôle social selon un logique communautariste. On dépense certes de l’argent pour rénover l’Argonne. Mais que fait-on de
concret pour relier ce quartier aux autres, pour y installer une plus grande mixité sociale, ou encore pour que les familles à revenus modestes puissent aller vivre - elles aussi - au
centre-ville d’Orléans ou dans les communes de l’agglomération qui refusent de construire du logement social ?
Nous n’avons décidemment pas les mêmes valeurs.
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