Vendredi 29 février 2008
Marion CotillardNon content de mentir sur ses indemnités, Serge Grouard semble avoir oublié depuis quand il est conseiller municipal. Mourad Guichard nous révèle ainsi sur le site de Libé Orléans que le député-maire, à propos de la récompense obtenue par Marion Cotillard, s'est félicité que « cette reconnaissance de la part du monde du cinéma prouve la vitalité de la culture locale » (sic). Plus c'est gros plus ça passe. Car en 1994, l'année où la jeune orléanaise a terminé ses études au Conervatoire, Serge Grouard n'était même pas élu de l'opposition. Jean-Pierre Sueur, qui lui, était maire depuis cinq ans, a eu la délicatesse de ne pas tenter de récupérer l'Oscar de « La môme ». Le maire d'Orléans, qui ne peux guère se vanter de son bilan culturel – son adjoint à la culture est d'ailleurs passé à la trappe – aurait mieux fait de la jouer profil bas. Mais comme toujours, il tente de masquer le vide par un nuage de communication. Quitte à nous faire, comme le suggère Mourad Guchard, le coup de la rétroactivité.
par Pascal Martineau publié dans : Elections municipales 2008
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Mercredi 27 février 2008
Un dessin de Kroll paru sur le site du quotidien belge Le SoirNon, le président de la République n'est pas un citoyen comme les autres. Plus qu'un autre, celui qui représente notre pays à l'étranger doit être capable de se maîtriser en public, de ne pas perdre son sang froid. Qu'il le veuille ou non, la fonction suprême à laquelle Nicolas Sarkozy a été élu le soumet à des devoirs incontournables. A commencer par le fait de ne pas mélanger vie privée et vie publique, à ne pas utiliser la vie sentimentale à des fins de communication politique. Mais surtout, être président de la République française lui impose une certaine retenue verbale. Etre « proche des Français » ne signifie pas « parler » comme certains d'entre eux. La fonction, pour qu'elle soit respectée impose une certaine distance. Il ne faut pas confondre « proximité » avec « démagogie » et « populisme ». Nicolas Sarkozy s'autorise à « parler peuple » mais il vit dans un monde de riches, avec des vacances de riches, payées par l'un des hommes les plus riches de France. En dévolorisant ainsi la fonction présidentielle, Nicolas Sarkozy la fragilise.
Les écarts verbaux du locataire de l'Elysée sont en outre – mais nous y sommes désormais habitués – en totale contradiction avec ses discours moralisateurs, en direction des jeunes en particulier. Comment vouloir inculquer la politesse aux jeunes et le respect envers les adultes quand on se laisse aller soi-même à de tels débordements ? Qui peut me dire ce qu'il serait arrivé si, à l'inverse, un quidam, de préférence jeune et basané, avait répondu aussi vertement à une interpellation du président de la République ? Il ne faut pas pas beaucoup d'imagination pour prédire que nous aurions eu droit, pendant plusieurs jours, à un déluge d'indignations, de discours définitifs sur cette « jeunesse qui fout le camp », d'André Gluksman pérorant sur la fin des valeurs ; à un défilé de bien-pensants jouant les vierges effarouchées, etc., à l'instar d'un Roger Karouchi qui, pour défendre Nicolas Sarkozy, n'a pas hésité à en rajouter une couche en reconnaissant que lui serait allé plus loin, en giflant carrément l'impertinent citoyen victime des gros mots présidentiels. Mais peut-être que la gifle est prévue ailleurs dans le « plan média » de Nicolas Sarkozy.

par Pascal Martineau publié dans : Politique nationale
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Mardi 26 février 2008
Devant l'école du Cerceau rue Jeanne d'Arc lundi soirDepuis le début de la campagne électorale, Serge Grouard est à la traîne. Départ précipité après le lancement de la campagne à gauche. Et, sur les marchés, toujours un document de retard.
Nouvel épisode de cette course à l’échalote : l’affichage officiel sur les panneaux électoraux. Lundi soir, Jean-Pierre Sueur avait couvert la quasi-totalité des emplacements à Orléans. Mardi matin, Serge Grouard n’avait toujours pas mis ses affiches au centre-ville. Et ça n’est pas le petit tour en Vélo + (qui a payé au fait ?) samedi dernier qui permettra de rattraper le retard : rien ne sert de courir, il faut partir à point. Un temps d'avance. C'est le slogan de la campagne de... Bertrand Delanoë.
par Pascal Martineau publié dans : Elections municipales 2008
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Dimanche 24 février 2008
300pxconstitution_sceau.jpgArticle 62 de la Constitution française :
« Une disposition déclarée inconstitutionnelle ne peut être promulguée ni mise en application. Les décisions du Conseil Constitutionnel ne sont susceptibles d'aucun recours. Elles s'imposent aux pouvoirs publics et à toutes les autorités administratives et juridictionnelles ».

Faisant fi de cette disposition fondamentale de notre République, Nicolas Sarkozy a décidé de saisir le Cour de Cassation pour tenter de contourner la censure du Conseil constitutionnel à propos de la loi sur le rétention de sécurité. Les sages de le rue d'Ulm ont, en toute logique, au nom de l'article 62, refusé l'effet rétroactif de la loi. Et ça, ça énerve le président de la République. Il n'aime pas qu'on lui résiste. Faut le comprendre : sans rétroactivité, la loi ne sera appliquée au mieux que vers 2020 compte tenu du type de peines auxquelles cette loi s'applique. Sans oublier les nombreuses restrictions d'usage introduites par la décision constitutionnelle. Mais Nicolas Sarkozy est un homme pressé, qui n'aime pas qu'on lui résiste. Alors, pour ne pas perdre la face, l'impétueux président tente de faire croire qu'il peut encore faire mordre la poussière à l'honorable assemblée présidée par le très chiraquien Jean-Louis Debré. Vaine manoeuvre de diversion. Sauf à provoquer une très grave crise institutionnelle, il n'y a aucune raison pour que la Cour de Cassation dédise le Conseil constitutionnel. La dernière fois qu'une loi pénale a été rendue rétroactive, c'était... sous le régime de Vichy.

Reste que cette loi, même retoquée, est dangereuse et liberticide. Sur le site de Rue 89, « Georges Fenech, rapporteur de cette loi et ancien magistrat, désireux d’illustrer l’existence de mécanismes analogues chez nos voisins : "La mesure de 'détention sûreté' a été introduite dans le Code pénal allemand en 1933"».  « Il omettait cependant de mentionner que ce texte fut adopté le 24 novembre 1933 à l’initiative du chancelier du Reich de l’époque, un certain Adolf Hitler » précise l'enseignant-chercheur.
Dans un interview accordée au quotidien Le Monde, Robert Badinter affirme que « nous sommes dans une période sombre pour notre justice ». « Lorsque j'étais président du Conseil constitutionnel (1986-1995), explique le sénateur des Hauts de Seine, j'avais posé sur mon bureau une affichette : "Toute loi inconstitutionnelle est nécessairement mauvaise. Mais toute loi mauvaise n'est pas nécessairement anticonstitutionnelle." Le fait que la loi sur la rétention de sûreté ait été jugée conforme à la Constitution ne change pas sa nature : ce sera toujours une mauvaise loi. Il y a eu des heures de gloire pour la justice : la fin de la torture, du bagne, l'abolition de la peine de mort, la possibilité pour un citoyen français de faire un recours à la Cour européenne des droits de l'homme. Aujourd'hui, nous sommes dans une période sombre pour notre justice ».
Plus encore, après d'autres récemment adoptées sous le régime Chirac-Sarkozy, cette loi remet en cause des valeurs fondamentales de notre société. Le "chanoine" Sarkozy (comme l'appelait récemment un ami) n'a de cesse depuis quelques mois de rappeler les racines chrétiennes de notre République. S'il est une valeur fondamentale du christianisme, c'est la rédemption. S'il est une valeur que cette loi sur la rétention de sécurité bafoue allègrement, c'est la rédemption. Enfermer un humain le plus longtemps possible, voire "à vie", c'est ne plus espérer en l'Homme, c'est ne plus croire en cette idée essentielle : un être humain peut toujours s'améliorer. Le nier, c'est réduire l'humain à l'état d'animal.
par Pascal Martineau publié dans : Politique nationale
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Dimanche 24 février 2008
"Rien n'est plus émouvant pour un enfant que l'histoire d'un enfant de son âge, qui avait les mêmes jeux, les mêmes joies et les mêmes espérances que lui" a affirmé Nicolas Sarkozy pour défendre son idée de parrainage d'enfants victimes de la Shoah par des élèves de CM2.
Le prenant au mot, un anonyme grand-père a eu l'idée suivante qui circule désormais sur la toile : il propose au président de la République que désormais chaque année, à partir de la rentrée scolaire 2008, tous les enfants de CM2 se voient confier la mémoire d'un des 11 000 enfants victimes des lois Hortefeux contre l'immigration. Les enfants de CM2 devront connaître le nom et l'existence d'un enfant renvoyé par avion de son pays pour une destination inconnue et incertaine.


par Pascal Martineau publié dans : Politique nationale
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Jeudi 21 février 2008
fusion-ps-gay.jpgDe la dépénalisation de l’homosexualité (en 1981 sous Mitterrand) au PACS (en 1999 sous Jospin), en passant par plusieurs autres lois antidiscriminatoires, l’évolution des droits des homosexuels a toujours été le fait de la gauche. Certains pourront regretter que nous ne soyons pas allés assez loin. On peut toujours faire mieux. Mais nier cette réalité serait faire mentir l’histoire de notre pays.
Sans oublier que l’homophobie a été et est toujours présente au sein d’une certaine frange coincée de l’extrême gauche, elle reste surtout fortement ancrée dans la culture de droite, comme en témoigne, une fois de plus, le « dérapage verbal » de Jacky Minier*, chantre de la droite orléanaise, sur son blog, dénoncé par Christophe Desportes-Guilloux.
Plus généralement, à l’exception notable de l’atypique Simone Veil et de son combat pour le droit à l’avortement, la prise en compte par la loi des évolutions des mœurs et des droits des minorités a toujours été, en France et ailleurs, le fait des progressistes et de la gauche réformiste en particulier, de l’abolition de l’esclavage à celle de la peine de mort en passant par l’interdiction du travail des enfants ou, plus près de nous, le congé parental pour les pères.
Je forme le vœu que toutes celles et ceux qui sont attachés aux droits des minorités et aux droits de l’Humain en général s’en souviendront les 9 et 16 mars prochains.

*Ce qui m'a incité à publier ce billet.

>> Le site du Groupe d’Action Gay et Lesbien du Loiret
>> Le site d’Homosexualité et socialisme
par Pascal Martineau publié dans : Elections municipales 2008
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Jeudi 21 février 2008
undefinedA croire que les colistiers « secondaires » de Serge Grouard ne sont pas assez fiables et/ou compétents pour s’exprimer eux-mêmes. A l’exception des inévitables Florent Montillot et Olivier Carré (qui ont d’autres ambitions) et sans doute un jour ou l’autre de Charles-Eric Lemaignen, c’est le grand chef en personne qui s’exprime dans La République du Centre sur pratiquement tous les sujets : face à Jean-Philippe Grand à propos du développement durable, face à Carole Miko sur la démocratie municipale, face à Joëlle Beauvallet sur les questions sociales (alors qu’on nous assure que la candidate MoDem Alexandrine Leclerc est pressentie pour occuper cette responsabilité). Une stratégie de communication dans la droite ligne de la mise en page de son programme avec le visage du candidat tête de liste qui occupe la plus grand partie de la première page. Cette omniprésence ne colle pas vraiment avec le discours sur  « le travail en équipe » dont le député-maire nous rebat les oreilles et n’augure rien de bon pour Orléans si, d’aventure, Serge Grouard devait être réélu.
On comprend aussi que le candidat UMP-MFP-MoDem ne souhaite sans doute pas que certains (certaine) de ses colistiers s’expriment publiquement quand on sait les grincements de dents provoqués (y compris au sein de sa garde rapprochée) par l’arrivée de la « Gauche moderne » (sic) sur sa liste.
par Pascal Martineau publié dans : Elections municipales 2008
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Mardi 19 février 2008
J'ai eu l'occasion de dire ici à la fois l'estime que j'ai pour Simone Veil et aussi mon incompréhension face au soutien qu'elle a apporté à Nicolas Sarkozy. C'est donc fort de ce double sentiment que je reproduis ci-dessous l'aticle paru sur le site internet de L'Express sous le titre : "Shoah en CM2 : Simone Veil fustige l'idée de Sarkozy".

"A la seconde, mon sang s’est glacé". Simone Veil, qui assistait mercredi soir au dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), n’a pas de mots assez durs pour condamner la proposition de Nicolas Sarkozy de "confier la mémoire" d’un enfant français victime de la Shoah à chaque élève de CM2, dès la rentrée prochaine.
"C’est inimaginable, insoutenable, dramatique et, surtout, injuste, tranche l’ancien ministre, déportée à 16 ans et demi à Auschwitz. On ne peut pas infliger cela à des petits de dix ans! On ne peut pas demander à un enfant de s’identifier à un enfant mort. Cette mémoire est beaucoup trop lourde à porter. Nous mêmes, anciens déportés, avons eu beaucoup de difficultés, après la guerre, à parler de ce que nous avions vécu, même avec nos proches. Et, aujourd’hui encore, nous essayons d’épargner nos enfants et nos petits-enfants. Par ailleurs, beaucoup d’enseignants parlent -très bien- de ces sujets à l’école."
Aux yeux de Simone Veil, la suggestion du président de la République risque, en prime, d’attiser les antagonismes religieux. "Comment réagira une famille très catholique ou musulmane quand on demandera à leur fils ou à leur fille d’incarner le souvenir d’un petit juif ?" s’interroge-t-elle.

>> Lire aussi à ce sujet le point de vue d'Hélène Mouchard Zay paru dans La République du Centre du 16 février

>> Lire également (avec toutes mes excuses à l'auteur pour cet oubli bien involontaire) l'interview d'Hélène Mouchard-Zay réalisée par Mourad Guichard et publiée sur le site de Libé Orléans.
par Pascal Martineau publié dans : Politique nationale
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Mardi 19 février 2008
programme.jpgprojet-grouard.JPG
Qu’on le veuille ou non, qu’on le regrette ou pas, en politique, l’image, ça compte.
De ce point de vue, l’analyse de la couverture de chacun des deux principaux projets municipaux est très instructive.
A ma gauche, celle de la liste « Orléans gagnant pour tous », conduite par Jean-Pierre Sueur. Le candidat tête de liste n’apparaît sur la page qu’en haut à gauche, l’essentiel de l’espace étant consacré à ce qui est au coeur du projet : Orléans.
A ma droite, la couverture du projet de la liste UMP-MPF-MoDem dont près de la moitié est occupée par la photo du maire sortant.
Une analyse rapide qui est à l’image du mandat de Serge Grouard : tout dans l’image, la com’ pour masquer l’indigence de l’action menée.

par Pascal Martineau publié dans : Elections municipales 2008
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Lundi 18 février 2008

extrait-tract-mensonges.jpgSerge Grouard s'énerve. Et quand le maire d'Orléans perd son sang-froid, il dit n'importe quoi. Dans un tract riposte intitulé « Rétablissons la vérité », il affirme, sans rire, qu'il perçoit 1 950 euros d'indemnités de maire en janvier 2008, contre 3 300 euros pour Jean-Pierre Sueur en janvier 2001. C'est vrai... et totalement faux. Mensonges par omission. Car le député Grouard « oublie » de parler de son indemnité parlementaire qui se monte à un peu plus de 5 170 euros nets mensuels. Et si Serge Grouard ne perçoit « que » 1 950 euros d'indemnités de maire, c'est que la loi (adoptée sous un gouvernement socialiste) limite le cumul d'indemnités d'un député ou d'un sénateur qui exerce un autre mandat à une fois et demie l'indemnité de député ou de sénateur. Serge Grouard perçoit donc, pour ses deux mandats, un revenu mensuel de 5 170 + 1 950 = 7 120 euros. Ainsi, lorsque Serge Grouard n'était « que » maire, il percevait l'indemnité qu'il s'est lui même octroyée (le plafond maximum autorisé), soit 5 626,95 euros nets auxquels il faut ajouter l'indemnité de vice-président de l'agglomération (925,34 euros, soit un total net de 6 552,29 euros, à comparer aux 3 300 euros de Jean-Pierre Sueur en 2001, qui avait lui renoncé à ses indemnités de président de l'Agglomération).
Enfin, ce que Serge Grouard « oublie » également de dire, c'est que lorsque Jean-Pierre Sueur était député-maire, il avait renoncé à son indemnité de maire. Et qu'il annonce que s'il est élu maire, il annulera l'augmentation décidée en 2001 par Serge Grouard et renoncera à son indemnité de maire et bien entendu d'élu de l'agglomération, son salaire de sénateur lui suffisant amplement. Nous n'avons décidément pas les mêmes valeurs.


Précision affligeante. En réalité, les 6 552 euros nets de Serge Grouard sont à comparer à 2 150 euros nets perçus par Jean-Pierre Sueur lorsqu'il était maire et non pas les 3 300 euros annoncés sur le tract de riposte et qui représente l'indemnité brute, alors que la somme annoncée pour Serge Grouard lui, est en net. Non content d'omettre de parler des ses revenus de député et de ce qu'il percevait lorsqu'il n'était pas parlementaire, la candidat UMP-MPF-MoDem falsifie les chiffres. 

par Pascal Martineau publié dans : Elections municipales 2008
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