Jeudi 30 août 2007
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C’est sans conteste un très beau coup médiatique. Mais c’est beaucoup plus que cela, surtout si l’on considère les
sommes investies et les difficultés rencontrées : l’installation de deux éoliennes sur le site de l’usine Michelin de Dundee en Ecosse constitue un véritable pari sur l’avenir.
Pari écologique bien sûr. Car avec ces deux wind turbines installées par Ecotricity, Michelin produit 40 % de l’énergie nécessaire annuellement au fonctionnement de l’unité de fabrication de pneumatiques, soit une économie, pour notre
atmosphère, de 7000 tonnes de CO2. Dans les périodes de vent fort – et ce n’est pas ce qui manque en Ecosse et dans cette région en particulier – l’électricité produite par les deux éoliennes
suffit à 100 % des besoins de l’usine.
Pari industriel ensuite. En investissant aussi lourdement, Michelin Grande Bretagne donne au site de Dundee des gages supplémentaires de longévité, à un moment où, on le sait
bien à Orléans et en France, la multinationale clermontoise n’hésite pas à se délocaliser hors d’Europe. En outre, la réduction de la facture énergétique de l’entreprise doit permettre de
produire des pneumatiques à un moindre coût, favorisant ainsi la place de la marque au bibendum sur un marché très concurrentiel.
Pari citoyen enfin, car installer deux engins hauts de 85 mètres à proximité d’une zone habitée ne s’est pas fait
sans d’âpres discussions. Il a fallu expliquer, rassurer, résoudre les quelques désagréments générés par les deux éoliennes : brouillage de la réception télé, effets stroboscopiques de la
lumière en cas de fort ensoleillement, bruit. De nombreuses réunions ont eu lien avec les riverains et un numéro vert a été mis à la disposition des habitants de Dundee.
Face à une telle réussite, et même si la France n’est pas l’Ecosse en matière de force des vents, on ne peut que s’étonner du fait que de telles
« micro-initiatives » de production d’énergie renouvelable ne fleurissent pas un peu partout, là où c’est possible, à Orléans et sur l’ensemble du territoire de notre pays. Ce qui
serait une manière – concrète, rentable et pas « gadget » – de mettre en application tous les beaux et généreux discours sur le développement durable. Ce qui demande évidemment
« un peu » de courage politique, pour remettre en cause à la fois notre système hyper-centralisé de production d’énergie et le dogme du nucléaire. <
* Fabriquer des pneumatiques avec de l’air frais
Par Pascal Martineau
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Publié dans : Politique nationale
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