Le 4 avril 1968, le pasteur noir américain Martin Luther Kingest assassiné à Memphis. L’infatigable et non-violent défenseur des droits de l’Homme est tombé sous les balles de la haine et du racisme. A la force bestiale de
l’intolérance, il a inlassablement opposé la force des mots. Des discours qui ont enflammé les foules sans les embraser, qui ont redonné espoir à ces millions de descendants des esclaves africains
que les lois ségrégationnistes américaines d’alors maintenaient dans un état de sous-hommes. Soixante ans après, les Etats-Unis de Kennedy et de Bush s’apprêtent peut-être à élire un président
métis. Une véritable révolution, même si ce pays reste profondément marqué par l’héritage de l’esclavage et par une conception communautariste de la société.
A l’heure où certains, ici en Europe, semblent séduits par ce modèle au point de vouloir lui faire traverser l’Atlantique (ou même seulement la Manche tant les Anglais en sont déjà très imprégnés),
il n’est pas inutile de relire (ou de réécouter en VO) le plus célèbre discours de Martin Luther King – « I have a dream… » -, prononcé le 28 septembre 1963 à Washington. Je suis parcouru de frissons à chaque fois
que je l’entends.
« Le moment est maintenant venu de réaliser les promesses de la démocratie ; le moment est venu d’émerger des vallées obscures et désolées de
la ségrégation pour fouler le sentier ensoleillé de la justice raciale ; le moment est venu de tirer notre nation des sables mouvants de l’injustice raciale pour la hisser sur le roc solide de la
fraternité ; le moment est venu de réaliser la justice pour tous les enfants du Bon Dieu.
Je rêve que, un jour, sur les rouges collines de Géorgie, les fils des anciens esclaves et les fils des anciens propriétaires d’esclaves pourront s’asseoir
ensemble à la table de la fraternité.
Je rêve que, un jour, l’État du Mississippi lui-même, tout brûlant des feux de l’injustice, tout brûlant des feux de l’oppression, se transformera en oasis de liberté et de justice. Je rêve que
mes quatre petits enfants vivront un jour dans un pays où on ne les jugera pas à la couleur de leur peau mais à la nature de leur caractère. Je fais aujourd’hui un rêve !
Je rêve que, un jour, même en Alabama où le racisme est vicieux, où le gouverneur a la bouche pleine des mots "interposition" et "nullification", un jour, justement en Alabama, les petits garçons
et petites filles noirs, les petits garçons et petites filles blancs, pourront tous se prendre par la main comme frères et sœurs. Je fais aujourd’hui un rêve !
Je rêve que, un jour, tout vallon sera relevé, toute montagne et toute colline seront rabaissés, tout éperon deviendra une pleine, tout mamelon une trouée, et la gloire du Seigneur sera révélée à
tous les êtres faits de chair tout à la fois.
Telle est mon espérance. Telle est la foi que je remporterai dans le Sud »
Partager l'article !40 ans après, j'en frissonne encore:
Le 4 avril 1968, le pasteur noir américain Martin Luther King est assassiné à Memphis. L’infatigabl ...
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