Certains trouveront que nous n’inventons
rien. Mais à l’heure où une certaine droite tente de remettre en cause jusqu’à certains acquis de la Révolution française, il n’est pas inutile - il est même salutaire - de
rappeler haut et fort certains idéaux et autres convictions. C’est ce que fait le Parti socialiste avec sa « déclaration de principes » qu’il remet en débat (la version actuelle date de
1990) dans le cadres des travaux préparatoires au Congrès qui se tiendra à Reims (dont Adeline Hazan est le nouveau maire) les 14, 15 et 16 novembre prochains.
On y constate sans ambigüité, pour ceux qui en douteraient encore, que la droite et la gauche, ça n’est pas la même chose. Nous n’avons pas les mêmes valeurs !
Déclinée abondamment dans texte, la préoccupation écologique fait son entrée en force dans les principes fondamentaux du parti socialiste. On ne peut qu’applaudir à cette prise de conscience –
tardive certes si l’on repense aux combats homériques d’un René Dumont dans les années 70 – mais ô combien indispensable, tant le développement durable est à la fois incompatible avec la loi du
plus fort qu’impose le libéralisme et indissociable de notre projet pour l’Homme.
Monde manichéen. Mais surtout, avec ce texte, le PS affirme plus clairement que jamais sa dimension réformiste. « Le
Parti socialiste est un parti républicain », « laïque », « réformiste ». Exit les « espérances révolutionnaires » au service desquelles se trouve, dans le texte de 1990, « le
réformisme ». Je m’en réjouis. Je ne pense pas, en effet, que l‘on puisse décréter le bonheur pour tous de manière unilatérale et autoritaire. L’histoire est jonchée des cadavres de ceux
qui, au lendemain d’une révolution violente (elles le sont toujours à quelques exceptions près), ont été les victimes d’une vision aussi radicale du progrès humain. Que l’on se souvienne,
par antithèse, du sort réservé à Allende au Chili. Les Etats-Unis étaient plus effrayés par l’arrivée au pouvoir, par la voie démocratique, d’un gouvernement réformateur de gauche que par
tel putsch communiste qui ne faisait en fait que renforcer leur propre radicalisme, tandis que la démocratie chilienne venait déstabiliser un monde manichéen.
Comme je l’ai écrit dans un article à propos du retour de Martine
Aubry, je crois profondément que nous devons avoir « la volonté de transformer profondément notre société pour la rendre plus libre, plus juste,
plus fraternelle mais dans le respect de toutes celles et ceux qui sont concernés par les réformes et avec eux ».
Si nous voulons que le message du parti socialiste soit clair et entendu, qu’il rassemble, il est temps qu’il assume totalement son identité réformiste et qu’il range dans les rayons de son passé
glorieux les grands – mais inefficaces – discours sur la rupture.
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