Vendredi 10 octobre 2008
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« Alors, sans avoir rien que la force d'aimer, nous aurons dans nos mains, amis, le monde entier
». Quand on n'a que l'amour est, à mes yeux – et à mes oreilles – la plus belle
chanson d'amour du monde. Jacques Brel nous quittés il y a tout juste trente ans. J'avais 15 ans. Il aura fallu toute l'émotion de sa disparation pour que je découvre l’immense artiste qu’il était.
Avec un grand regret : ne pas l’avoir aimé suffisamment à temps pour pouvoir aller assister à un de ses concerts. Brel chantait avec ses tripes. Il disait même que je jour où il n’aurait pu envie
de vomir avant d’entrer en scène, il arrêterait d’en faire.
Depuis, j’écoute toujours le Grand Jacques avec une émotion intacte. Il est impossible de citer ici toutes les chansons que je préfère. Mais je vibre tout particulièrement aux paroles et la
musique de Ces gens-là, une complainte sociale incisive mais empreinte d’un tel besoin d’amour quand il parle de Frida «
qui m’aime comme un soleil et que j’aime peut-être, même si les autres veulent pas ».
Satires sociales. Durant mon enfance, j’ai baigné dans la culture de la
chanson engagée (Maxime Le Forestier, Moustaki, Leny Escudero…). Sans doute Brel n’apparaissait-il pas comme faisant partie de cette espèce. S’il est vrai que ça n’est pas ce qui le caractérise le
plus, nombre de ces textes sont des satires sociales, comme Les Bourgeois bien sûr ou encore Au suivant qui est allé droit au cœur de l’objecteur de conscience que j’étais.
Bouquet de lilas. Au lycée, pour le bac de français, j’avais réussi à
faire accepter par mon prof le choix d’un recueil de chansons-poèmes de Brel parmi les textes que je pouvais moi-même sélectionner. Inutile de dire que l’examinateur ne m’a pas interrogé sur le
poète franco-belge.
La même année, je ne sais plus dans quel cadre exactement, j’ai été amené, à ma demande, à jouer Madeleine
(celle qui veut prendre le tram 33 pour aller manger des frites chez Eugène) devant ma classe. J’avais même, pour l’occasion, confectionné un bouquet de lilas en papier : « J'en apporte toutes
les s'maines, Madeleine elle aime bien ça ». Il y a, dans cette chanson, comme dans beaucoup d’autres, tout ce qui caractérisait Brel dans son rapport aux femmes : du grand amour et beaucoup
la souffrance.
Par DAZIBAO
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Publié dans : Culture
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