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Mercredi 5 novembre 2008 3 05 /11 /Nov /2008 19:01
Il pouvait gagner, il devait gagner, il a gagné. Le quadragénaire métis Barack Obama est devenu le 44e président des Etats-Unis d'Amérique. Une victoire sans appel, totale, qui, quarante ans après l'assassinat du pasteur Martin Luther King apparaît comme une formidable revanche de l'histoire. Un événement digne de l'élection, en 1994, de Nelson Mandela à la tête de l'Afrique du Sud libérée de l'apartheid. Dans un pays qui a connu la traite des Noirs, l'esclavage, le Ku Klux Klan et la ségrégation raciale, l'élection de Barak Obama, qui a encore une grand-mère au Kenya, est une véritable révolution. Un ami, métis lui aussi, me disait ce matin : « Je suis fier d'être noir ». Et moi de lui répondre, tout à ma joie : « Je suis fier de l'humanité ». Les nombreux reportages sur tous ces citoyens noirs se rendant aux urnes radieux et déterminés avait quelque chose de jubilatoire. Cité par Le Monde, Frédéric Martel, auteur de De la culture en Amérique (Gallimard, 2006), parle de « 11-Septembre à l'envers ».

Ecrasante responsabilité. Une fois passée la nécessaire et tellement agréable euphorie de la victoire, la réalité va bien évidemment très vite reprendre ses droits. La formidable espérance née de cette élection confère à Barack Obama une écrasante responsabilité. A cause des millions d'Américains qui vivent dans une grande pauvreté, à cause d'un système judiciaire ségrégationniste, à cause du rôle primordial des Etats-Unis dans la crise économique et écologique qui menace notre planète, dans le désordre politique mondial.

Peine capitale. Avec d'autres sans doute aussi, j'attends de cet homme de progrès ,de ce citoyen universel, de ce président multicolore qu'il révise ses opinions sur la vente des armes et surtout sur la peine de mort. On peut penser – espérer - que la position officielle d'Obama sur ce sujet est d'abord dictée par des raisons électoralistes tant il semble impossible d'être aujourd'hui président des Etats-Unis tout en étant ouvertement contre la peine capitale. Une pratique qui continue de classer les USA dans le camps des  pays barbares. On peut légitimement croire que l'humaniste Obama, qui se réclame de Martin Luther King, est, au fond de lui, abolitionniste. Pour tout cela, ça va être très dur d'attendre le 20 janvier, date officielle d'entrée en fonction du nouveau président de « la plus grande démocratie du monde ».
Par DAZIBAO - Publié dans : Monde
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