Mardi 3 février 2009
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On nous avait dit : vous allez voir ce que vous allez voir. La démocratie municipale allait être un des
grands chantiers du second mandat de Serge Grouard. Neuf mois après leur élection, le député-maire UMP et son équipe ont accouché d’une « Charte de la participation citoyenne ». Un document à lire en creux. Car il y a dans
cette charte un grand absent : le fait associatif. Il y est plus précisément fait référence à deux reprises. Page 10, article 6 : les conseils consultatifs de quartier « entretiennent un
partenariat actif avec tous les habitants, les acteurs économiques, les institutions publiques et les associations intervenant sur le quartier » et, article 7, « les
comités de mobilisation et d’animation comptent chacun jusqu’à 23 membres » dont « 5 à 7 personnes-ressources, choisies en fonction de leur compétence dans des domaines d’activité municipale, dont
des personnes pouvant appartenir au secteur associatif ». Et encore l’insertion de la fin de cette phrase a-t-elle arrachée de haute lutte par l’opposition municipale.
Démagogique. A l’instar de ce que la
droite locale a déjà fait avec les parents d’élèves (passant outre les organisations représentatives) ou encore le collectif pour la seconde ligne de tram (ignorant aves mépris les 11 000
signatures obtenues pour la pétition en faveur de cette seconde ligne), la ville d’Orléans continue de nier la légitimité et la compétence associatives dans le jeu de la démocratie municipale. Il
s’agit là de vieux dogmes populistes - la démocratie directe sans corps intermédiaires - et de pratiques démagogiques éculées : pour la droite, le collectif est à priori dangereux, car il est
organisé et donc moins manipulable que l’individu-citoyen.
L’opposition de gauche a bien tenté de faire revenir par la fenêtre le monde associatif sorti par la porte. Ainsi, dans la liste de personnes-ressources qu’ils ont proposée, les élus socialistes
ont fait figurer nombre de responsables et militants associatifs mais aussi les conseils généraux (y compris l’UMP Jean-Louis Bernard). Tous, ou presque, ont été recalés.
Agenda 21. Curieusement, la société Etik Presse, omniprésente – et parfois
omnipotente – pendant toute l’élaboration de cette charte – dans certaines réunions de travail, ses responsables semblaient diriger la manœuvre en lieu et place des élus chargés de cette
responsabilité – n’est même pas mentionnée dans le document final. Sur son site même, la page d’actualité consacrée à sa mission orléanaise est désespérément vide.
Au début du mandat précédent, lors d’une réunion sur l’Agenda 21, l’un de ses dirigeants m’avait confié en aparté, en substance : « Vous savez, je suis de gauche mais vous allez être étonnés
par les propositions qui vont être faites ». Quelques années plus tard, on est effectivement étonné. Amèrement étonné.
Par Pascal Martineau
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Publié dans : Orléans
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