Vendredi 6 février 2009
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Il n’y aucun doute : Nicolas Sarkozy a du
talent. Jeudi 5 février, le président de la République nous a fait son numéro, menant sa barque seul et maitrisant totalement son jeu servi par des journalistes quasiment
absents, pour ne pas dire complaisants. Même Alain Dumahel – à qui on ne la fait plus – faisait bien pâle figure, arrivant difficilement à en placer une. Personne pour lui demander d’expliquer
comment il va compenser, dans les caisses des collectivités locales, la suppression de la taxe professionnelle. Personne encore pour lui faire remarquer que ce qu’il dit de la nomination du
président de France Télévision est juridiquement faux. Dans un communiqué, le Syndicat national des journalistes – CGT a estimé que la profession de journaliste ne « sortait pas grandie » de
l’interview de Nicolas Sarkozy dénonçant une « mascarade » et une « insulte » au métier : David Pujadas, Laurence Ferrari, Guy Lagache et Alain Duhamel ont « parfaitement
joué leur rôle de fou du roi » car le chef de l'Etat les a « adoubés ».
Paradis fiscaux. Il faudra attendre le débat organisé après le show présidentiel pour que cela devienne vraiment intéressant et que
l'on découvre enfin que « le roi est nu ». Les interventions des journalistes Nicolas Domenach (Marianne) et Edwy Plenel (Médipart) vont permettre de bousculer et
ordre bien établi et de pointer les incohérences du discours sarkozyste. Ainsi quand il sera question du double langage à propos des paradis fiscaux. Le président de la République les dénoncera
avec véhémence alors même que son ami Bolloré – vous savez, celui qui lui paie ses voyages ou lui prête son yacht – profite largement du système. En face, Sylvie Pierre-Brossolette du
Point et Nicolas Beytout, des Echos avaient bien du mal à défendre la rhétorique présidentielle. Quand à l’animateur du débat lui-même, Yves Calvi, il nous avait habitué à un
esprit plus incisif. Le 5 février, il a poursuivi dans la même veine que les « fous de roi » de la première partie, se faisant ouvertement et presque systématiquement l’avocat du discours
officiel. A croire qu’il y avait un mot d’ordre. Ordre ?
Par DAZIBAO
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Publié dans : Politique nationale
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