Samedi 28 février 2009
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« La prison la plus surpeuplée de France » annonçait La République
du Centre dans son édition du 27 février. Avec un taux d'occupation de 253% chez les hommes, la Maison d'arrêt d'Orléans ajoute un nouveau et peu glorieux record au palmarès sécuritaire de
notre ville. Si l'on compte bien, cela fait sept détenus dans une cellule prévue pour trois ou cinq dans une espace censé en accueillir deux.
Faut-il rappeler que, de surcroît, la moitié des hommes et des femmes incarcérés dans ce funeste lieu sont des « prévenus », autrement dit, en vertu de notre loi républicaine
« présumés innocents ».
Je l'ai
dit et redit, et je le reredis : la prison est un honte pour nos sociétés dites développées. Elle est en outre, chacun le sait mais feint de l'ignorer, criminogène : traitez les humains comme
des animaux, laissez-les se traiter entre eux comme des animaux... ils finissent par devenir des animaux. Si la prison servait à quelque chose, ça se saurait. Elle est la solution de facilité alors
qu'elle devrait être l'exception.
Audace réformatrice. Et dans ce domaine, gauche et droite n'ont jamais
fait preuve d'un grand courage. Si les politiques sécuritaires et répressives des conservateurs ne font qu'aggraver la situation en remplissant à outrance les établissement pénitentiaires, le
progressistes n'ont, depuis le travail d'intérêt général de Badinter-Mitterrand, pas fait montre d'une grande audace réformatrice. C'est un euphémisme. Alors qu'il faudrait s'atteler à une
réflexion approfondie sur la punition, on continue à enfermer sans vergogne. Parmi celles et ceux - juges, gendarmes, policiers, jurés, parlementaires, ministres – qui prennent à un moment donné
part à une décision d'incarcération, combien ont, un jour de leur vie, mis les pieds dans une prison ? Combien ont vu les conditions de vie dans ces lieux souvent sordides ? Combien ont entendu le
bruit des portes qu'on referme à clé ? Combien ont ressenti cette étrange et humiliante sensation de ressortir d'une prison en y abandonnant tant de malheureux ?
A l'instar du sénateur du Loiret, Jean-Pierre Sueur, qui s'y rend tous le ans, d'autres élus de la République usent de cette prérogative due à leur fonction. Histoire de savoir de quoi ils parlent lorsqu'ils
s'expriment sur la justice. Quand les autres parlementaires du Loiret ont-ils visité la Maison d'arrêt d'Orléans pour la dernière fois ?
Par Prison d'Orléans
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Publié dans : Orléans
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