Découvrez mon activité d'écrivain public agréé
Président de l'Academie des écrivains publics de France
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Après le discours obséquieux de la doyenne Marie-Thérèse Pilet-Duchâteau – incapable de prononcer
sans faute des noms de famille un peu compliqués – et celui, courtois, de maire réélu, l'intervention de Carole
Miko est venue troubler l'ambiance « politiquement correcte » de ce premier conseil municipal de la nouvelle mandature UMP-MPF-MoDem de Serge Grouard.
S’inquiétant, à la lueur des résultats du 16 mars, des « profondes disparités entre quartiers » et du « clivage alarmant et de plus en plus marqué » entre le centre-ville est
les quartiers populaires, l’animatrice de France Bleu Orléans, a rappelé que « les habitants les plus vulnérables ont indiqué lors de l’élection de dimanche dernier, leur défiance face à la
politique menée au cours des sept dernières années, soit plus de 48 % des Orléanais… plus de 18 200 ». Son débit rapide traduisant une réelle émotion, Carole Miko s’est engagée à veiller
« à ce que la deuxième ligne de tram en site propre devienne le plus rapidement possible un outil cohérent de déplacement urbain vraiment conçu pour se substituer à la voiture ».
« Nous tenterons, a-t-elle poursuivi, de vous convaincre qu’une passerelle piétons-vélos entre Saint Marceau et le centre ville est plus utile plus adaptée qu’une passerelle prés du pont
Joffre. Nous vous prouverons que le tri sélectif pour tous est possible. Nous apporterons notre expertise sur le projet d’écoquartier des Groues afin également que les habitants des Blossières,
entre autres, bénéficient de ce nouvel aménagement ».
Enfin, l’enthousiaste nouvelle élue a tenu à rendre hommage à Jean-Pierre Sueur : « Il a aussi en son temps transformé la ville dans son ensemble. Il a toujours servi les Orléanais avec son
cœur, son cœur qui bat à gauche comme le mien, le nôtre, comme le vôtre. Il continuera son travail de parlementaire attentif auprès des gens, auprès des Orléanais. Cet homme de lettres a marqué
de sa patte les dossiers et personne ne peut oublier la pertinence de ses interventions. Alors ce soir nous lui disons merci. Merci Jean-Pierre Sueur d’avoir porté avec nous « Orléans gagnant
pour tous ». On a tous été fiers d’être à vos côtés et nous savons que vous ne serez jamais loin de nous tous … »
Dans la salle des pas-perdus où la séance était retransmise sur un écran
de télévision, quelques-uns, dont j’étais, ont applaudi. Pas la majorité : là aussi, comme dans l’hémicycle, les partisans de Serge Grouard étaient plus nombreux.
>> Le texte intégral du discours de
Carole Miko
On entend tenir, ici
ou là (dans Le Grand Bûcher sur France Bleu Orléans lundi 17 mars en particulier) deux discours contradictoires. En substance : « Jean-Pierre Sueur n’était pas le bon
candidat de gauche à Orléans » et « c’est indigne de la part de Jean-Pierre Sueur de ne pas siéger au sein du conseil municipal ». Après les défaites, les donneurs de leçon font
recette. Personne – ou pas grand monde – en revanche pour s’indigner de l’indignité de la fin de campagne de Serge Grouard et de son équipe. Une fin de campagne à l’image de la droite dure qui a
toute sa place dans la liste UMP-MPF-MoDem : haineuse. Avec, en prime, comme l’a très bien dénoncé Jean-Pierre Sueur, une glorification de la trahison. Jeudi 12 mars à La Source, le candidat socialiste avait fustigé ceux qui brandissent « la trahison comme un étendard, la confusion
comme perspective, le reniement comme objectif, comme modèle, la trahison comme une décoration qu’il faudrait exhiber en disant : regardez, c’est tellement bien ».
Une forte mobilisation des quartiers populaires, un très bon report des voix de l'extrême-gauche, le vote d'une partie
des électeurs du MoDem... Le commentaire diffusé ce lundi 17 mars au matin sur France Inter concernait la ville… d’Amiens où le modéré Gilles de Robien a été battu par le socialiste Gilles
Demailly.
Que n’avons-nous entendu pareille analyse pour Orléans ! En particulier s’agissant du premier facteur. Si la Source, l’Argonne et les Blossières ont connu un réel regain de participation au
second tour, cela n’a pas suffi à faire pencher la balance. Dans le bureau 39 que je présidais, 12 % d’électeurs supplémentaires se sont déplacés le 16 mars et parmi eux près de 150 « nouveaux »,
donc beaucoup de jeunes. C’était un réel plaisir de les voir revenir aux urnes. Leur carte d’électeur témoignait que beaucoup n’étaient pas revenus depuis le 6 mai 2007. Malgré cela, dans ce même
bureau, Jean-Pierre Sueur n’augmente son score que de 79 voix par rapport au total obtenu par les listes de gauche au premier tour. Dans le même temps, Serge Grouard obtient un bonus de trente
voix. Au final, les quartiers populaires ont néanmoins très nettement marqué leur ancrage à gauche. La liste « Orléans gagnant pour tous » est majoritaire dans six des neuf bureaux du canton
Saint-Marc Argonne où elle totalise 56,37% des suffrages exprimés. A la Source, Jean-Pierre Sueur est en tête partout et obtient 65,19% des voix. Même constat aux Blossières. Les habitants des
quartiers populaires, quand ils ont voté, ont dit clairement leur préférence pour la gauche. Mais ils n’ont pas assez voté pour changer la donne.
La confusion des genres très perversement cultivée de l’Elysée à la place de l’Etape n’a sans doute pas incité les indécis et les déçus de la politique à aller voter.
La botte de Chirac. C’est un des paradoxes de cette élection : avec quatre cantons (dont un deux nouveaux) sur les
six que compte Orléans, la gauche reste minoritaire sur l’ensemble de la ville.
Paradoxe pour la gauche, cette situation pourrait devenir inconfortable pour la droite. Car il faut se rendre à l’évidence, Serge Grouard a gagné contre les quartiers populaires, contre les
abstentionnistes silencieux qui y sont très nombreux. Le maire réélu a trouvé la parade : il nous ressort la botte de Chirac : « la fracture sociale » ! Après avoir affirmé tout au long de la
campagne que le GPV était génial, que jamais autant n’avait été fait pour le logement social et que son projet pour les Groues était le meilleurs, Serge Grouard découvre tout à coup que tout ne
va pour le mieux dans le meilleur des mondes à Orléans. Alors que Jean-Pierre Sueur avait été élu et réélu en 1989 et 1995 avec des voix de l’ensemble des quartiers d’Orléans, un véritable
clivage existe, a contrario, dans l’électorat de droite entre les habitants modestes des quartiers populaires et ceux des quartiers plus favorisés d’Orléans que la municipalité sortante
n’a eu de cesse de caresser dans le sens du poil tout au long de ces sept années.
Un tel clivage n’a rien de rassurant. Pour la cohésion sociale de notre ville. Pour la capacité qu’aura ou pas Serge Grouard à faire d’Orléans une ville de « vivre ensemble ».
Au vu de l’ambiance de fin de campagne qui a marqué le retour en force de la droite dure orléanaise, on ne peut qu’être sincèrement inquiet.
Une vidéo de la campagne réalisée par Miguel Texeira
Il a cité Péguy, Apollinaire, Eluard, Brel. Jeudi 13 mars,
devant près de cinq cents personnes réunies salle Fernand Pellicer à La Source, Jean-Pierre Sueur a ému. Au point que certains m’ont avoué avoir eu les larmes aux yeux. Mais le candidat de
la gauche rassemblée ne s’est pas contenté de nous faire vibrer. Dans un discours empreint d’une sincérité profonde, il a donné sens à l’engagement qui est le sien, à l’engagement de ses 54
colistiers, à notre engagement à toutes et à tous, en dénonçant la confusion des genres, en expliquant sa conception de la gauche. Extraits.
A propos de la confusion des genres et de la trahison suite à la publication par la liste de Serge Grouard d’un « édition spéciale » haineuse et par Michel Languerre à La Source d’un
tract d’un autre temps.
Nous retrouvons cette
éternelle littérature de la vieille droite la plus dure, la plus sectaire. L’invective, la prise à parti des personnes, la littérature de caniveau.
Pourquoi faut-il qu’il y ait toujours ce moment où cette droite-là. Ils ont peur. Et e, même temps, mesurent-ils ce qu’ils écrivent ? Quand je vois telle personne brandir la trahison – sa
trahison – comme un étendard, la confusion comme perspective, le reniement comme objectif, comme modèle, la trahison comme une décoration qu’il faudrait exhiber en disant : regardez, c’est
tellement bien. Pourquoi se renier, pourquoi toute cette confusion, puisque cette liste est faite de bric et de broc et que ce bric et ce broc sonnent fort et de plus en plus faux. Pourquoi ?
Parce que ‘il y a au cœur de cela ce que j’appelle le dévoiement de la politique. Et c’est vrai que l’exemple vient de haut. Mais à partir du moment où plus rien n’est distinct, où chacun apporte
son reniement, où tout le monde se vante de sa trahison, où l’on constitue cet ensemble inconstitué et disparate de gens qui veulent garder le pouvoir. Et bien, on n’est pas digne d’être dans la
ville de Charles Péguy.
Sur la République et sur la gauche
Nous sommes des Républicains, nous croyons à la séparation des pouvoirs, nous croyons que la justice c’est différent de la police et de l’action sociale et que c’est parce que
chacun fera dans l’ordre qui est le sien, la tâche qui lui revient, avec tout son cœur, que les choses s’amélioreront, mais pas par ce caporalisme qui est extrêmement inquiétant. La droite dure
est là.
Beaucoup d’électeurs trouvent qu’il faut vivre dans une société de liberté, dans laquelle il y ait une économie vivante et dans laquelle il y a la solidarité
Qui incarne cela aujourd’hui, sinon la gauche. La gauche ouverte, humaniste, généreuse, qui est anti dogmatique, qui est une gauche qui veut construire, qui n’a pas de certitudes mais qui a des
volontés et qui veut être fraternelle à l’égard de tous les êtres humains qui sont là simplement parce qu’ils sont là. C’est cela qui nous différencie.
Je ne suis pas modéré. Je ne fais pas de la politique pour être modéré. Je suis passionné, profondément passionné par cette idée que nous devons inventer la société du futur. La gauche, ce sont
des hommes et des femmes qui ont dans le cœur la volonté de façonner, d’écrire l’histoire du futur avec tous les êtres humains qui sont là autour de nous, et c’est cela qui nous différencie
profondément de la droite.
A propos du livre du Cyril Facchini, Le fils de l’éclipse
Un livre extraordinaire. L’histoire de quelqu’un qui est né « sous X », qui est là et qui, peu à peu construit sa vie. Elle raconte comment, dans beaucoup de difficulté, un être
humain, venant de rien, il existe. Exister. C’est ça la gauche. La gauche, vous savez, c’est Guillaume Apollinaire qui tout d’un coup dit : « A la fin tu es las de ce monde ancien
». C’est Paul Eluard qui dit : « Nous n’irons pas au but un par un mais par deux ; nous connaissant par deux, nous nous connaîtrons tous, nous nous aimerons tous et nos enfants
rirons de la légende noire où pleure un solitaire ». La gauche, c’est toutes ces histoires où l’on est ensemble et où l’on a envie de dire à chacun : toi tu existes, tu es là et on te
respecte, quelle que soit ta peau, d’où tu viens, où tu vas. La gauche c’est tout simplement ces histoires-là qui font que l’histoire a un sens. Si on est de droite, on veut que les choses
restent ce qu’elles sont. Mais à quoi ça sert de se battre pour que le monde reste ce qu’il est, pour que cette ville reste ce qu’elle est. Nous, nous sommes de ceux qui pensent qu’il y a un
espoir. Jacques Brel disait dans une de ses chansons très méconnues : « Mon père était un chercheur d’or. L’ennui, c’est qu’il en a trouvé. ». Mesdames et messieurs, si vous avez trouvé,
ça ne va pas très bien. Si vous cherchez, là il se passe quelque chose. Et la gauche est ce mouvement dans l’histoire et sans lequel il n’y a pas d’histoire, parce que c’est ce qui donne un
sens.
En réponse aux
nouveaux mensonges proférés par Serge Grouard dans La République du Centre de ce vendredi 14 mars 2008 à propos du montant des indemnités de maire, il est
nécessaire, une fois de plus, dé rétablir la vérité.
Voici donc les chiffres réels, vérifiés et vérifiables (sur les sites de l'Assemblée
Nationale, du Sénat).
A la calomnie, Serge Grouard ajoute une fois de plus le mensonge. Triste et inquiétante fin de campagne.
Indemnités de Jean-Pierre Sueur
- quand il était maire – président du SIVOM : 2 150 € nets (aucune indemnité n’existait par les élus du SIVOM)
- depuis qu’il est sénateur et conseiller municipal d’opposition : 5 398,84 € net (comme sénateur) + 117,92 € (comme conseiller municipal), soit un total net de 5 516,76 €.
- Si Jean-Pierre Sueur est élu maire, il renoncera à des indemnités de maire et d’élu de l’agglomération et ne percevra que son indemnité de sénateur, soit 5
398,84 € net.
Indemnités de Serge Grouard
- avant 2002 : 5 626, 95 € net (comme maire) + 925,34 € net (comme vice-président de l’agglo), soit un total net de 6 652,29 €.
- depuis son élection comme député en 2002 : 5 177,56 € nets (comme député) + 1 950 € nets (comme maire d’Orléans, la loi limitant le total des indemnités d’un parlementaire ayant un autre
mandat à une fois et demi l’indemnité parlementaire de base), soit un total net de 7 127,56 € (le plafond étant fixé à 7 766,34 € net).
- Si Serge Grouard est élu maire, il continuera à percevoir le même montant qu’actuellement, soit 7 127,56 € net.
Pour
un peu, on s’attend à voir apparaître en filigrane une caricature du « méchant bolchévique le couteau entre
les dents ». Sur le fond et sur la forme, le tract-torchon distribué hier à la Source par le candidat UMP aux cantonales a un goût amer et rassis d’années 70. D’avant 1989
donc. Brandissant la menace communiste, Michel Languerre semble avoir oublié que, cette année-là, le Mur de Berlin est tombé. Le conseiller municipal sortant s’inquiète de voir La Source devenir le
« nouveau bastion communiste d’Orléans » (sic). Le document sans couleur – il est en noir est blanc – ne mentionne aucune appartenance politique. Michel Languerre aurait-il honte
de son étiquette UMP ? Un comble quand, justement, on dénigre l’appartenance du camp adverse. Pour ma part, je n’ai pas honte, bien au contraire, que le Parti socialiste ait fait alliance avec
le Parti communiste, et en particulier, à la Source, avec un homme comme Michel Ricoud, qui se dévoue depuis des années au service des habitants les plus démunis de ce quartier. La liste de
Jean-Pierre Sueur assume ce choix, en toute clarté. Avant 1981 et la victoire de François Mitterrand, un certain Michel Poniatowski, qui fut ministre de l’Intérieur de l'Etat RPR, avait très
sérieusement prédit dans un livre intitulé Le péril rose, que si la gauche gagnait l’élection présidentielle, les chars soviétiques seraient à Strasbourg en 48 heures. On sait ce qu’il en
advint. A l’époque, le sinistre Mur de Berlin était toujours debout, mais Français Mitterrand l'avait emporté. Michel Languerre se trompe d’époque : le complot socialo-communiste ne fait plus
recette. Mais la droite est comme ça : quand elle a peur de perdre, elle agite frénétiquement le chiffon rouge. Reste à lui donner un carton rouge.
C’est la curée
! Alexandrine Leclerc, candidate MoDem sur la liste de Serge Grouard dit, en parlant de Jean-Pierre Sueur : « L’autre ». Voila qui est délicat. En dernière page de cette «
édition spéciale » vitriolée de la liste UMP-MoDem-MPF, Marie-Thérèse Pilet-Duchâteau se lâche elle aussi. Sans aucune retenue, l’ancienne adjointe de Jean-Pierre Sueur crache son venin dans la
soupe électorale. Il y a quelque chose d’indécent à voir cette ancienne adhérente du PS se retrouver aux côtés d’un homme aussi peu fréquentable que Florent Montillot, après avoir tenu à
l’intérieur du parti des discours révolutionnaires (elle était membre du courant Nouveau Parti Socialiste). L’ancienne radicale de gauche venue au Parti socialiste par opportunité estime que
Jean-Pierre Sueur « ne sert pas les intérêts des Orléanais », quand elle ne sert, elle, qu’un seul intérêt : le sien.
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