Quel embarras, cette affaire de burka. Il n’y a pas de bonne solution. Soit on
l’interdit au risque d’enfermer purement et simplement chez elles ces femmes que leurs maris ne laisseront alors plus sortir, soit on laisse faire et on admet que des femmes soient ainsi, par cet
indigne accoutrement, réduites à des sous-êtres. Car, en ce qui me concerne, j’enrage lorsque je croise dans la rue, dans le bus, le tram ou le train une de ces femmes enfermées derrière une
burka ou un niqab – version moyen-orientale qui ne laisse voir que les yeux.
Mais c’est bien le but des intégristes de tout poil : obliger nos sociétés démocratiques à stigmatiser, à réduire nos libertés individuelles, à exclure encore plus ceux qui le sont déjà, afin de
créer une société encore plus compartimentée et inégalitaire, terreau de tous les intégrismes. Véritables prisons ambulantes pour les femmes contraintes à nier leur corps et leur féminité sous
cette cage de tissus, la burka ou le niqab sont aussi des pièges pour nos sociétés démocratiques.
Par Pascal Martineau
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Au JT de 20h de France 2 ce soir-là, la fausse indignation de la militante UMP de la Guadeloupe avait quelque
chose d’indécent. Son énorme collier de perles faisait tâche sur ses propos dénonçant l’irresponsabilité des travailleurs antillais demandant une augmentation mensuelle de 200 euros pour les bas
salaires. Quelques jours plus tard, sur la même chaîne, un planteur blanc à l’accent des Antilles expliquait lui aussi à Benoît Dusquenne (Complément d'Enquête du 9 mars 2009), devant sa piscine perchée au dessus des ses champs de
canne à sucre, qu’il s’agissait là d’une revendication inconsidérée. Dans le même reportage, on découvrait avec stupéfaction le massacre, par la gendarmerie, de plus de quatre-vingts travailleurs
guadeloupéens en colère – déjà – en mai… 1967. Aujourd’hui encore, le chiffre officiel des victimes est de… sept morts !
Les raisons de la colère. On ne pourrait comprendre le long conflit qui
a paralysé les Antilles ces dernières semaines sans prendre en compte cette réalité et cette histoire. Les raisons de la colère trouvent tout autant leurs racines dans le passé colonial de ces
départements d’outre-mer que dans des inégalités sociales. Le pouvoir économique reste confisqué, là comme dans les autres DOM, par une poignée de békés (les blancs). Nous avons ainsi pu ainsi
entendre ces dernières semaines, à l’occasion de ce conflit, de nombreux témoignages de discriminations à l’embauche dont sont toujours victimes les descendants noirs des esclaves africains,
majoritaires dans ces anciennes colonies françaises. Chacun sait par ailleurs que les « métros » qui viennent travailler dans les DOM perçoivent une prime exceptionnelle dite de « vie chère ».
Ainsi, pour un pilote d’Air France, elle représente une augmentation de salaire de 40%, à laquelle s’ajoute une prime de logement mensuelle de 2000 euros. De quoi s’offrir la location d’une belle
maison avec piscine. « La Guadeloupe est à nous, la Guadeloupe n’est pas à eux » ont scandé les manifestants durant tout le confilt.
Vierge effarouchée. Dans ce contexte, l’indignation – encore
elle – du secrétaire d’Etat à l’outre-mer, face aux propos provocateurs du leader du LKP Elie Domota, cette indignation est, elle aussi, décalée. Jouant les vierges effarouchées, Yves Jego a
qualifié de « dérapage verbal inqualifiable » les déclarations d’Elie Domota affirmant que les entrepreneurs qui refusaient l'accord d'augmentation de 200 euros des bas salaires
devraient « quitter » la Guadeloupe et qu'il ne « laisser(ait) pas une bande de békés rétablir l'esclavage ». Ou comment se voiler pudiquement la face devant un héritage
historique dérangeant et non assumé.
L'extrait de Complément d'enquête consacré au massacre de Mé 67
Par Pascal Martineau
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Il n’y aucun doute : Nicolas Sarkozy a du
talent. Jeudi 5 février, le président de la République nous a fait son numéro, menant sa barque seul et maitrisant totalement son jeu servi par des journalistes quasiment
absents, pour ne pas dire complaisants. Même Alain Dumahel – à qui on ne la fait plus – faisait bien pâle figure, arrivant difficilement à en placer une. Personne pour lui demander d’expliquer
comment il va compenser, dans les caisses des collectivités locales, la suppression de la taxe professionnelle. Personne encore pour lui faire remarquer que ce qu’il dit de la nomination du
président de France Télévision est juridiquement faux. Dans un communiqué, le Syndicat national des journalistes – CGT a estimé que la profession de journaliste ne « sortait pas grandie » de
l’interview de Nicolas Sarkozy dénonçant une « mascarade » et une « insulte » au métier : David Pujadas, Laurence Ferrari, Guy Lagache et Alain Duhamel ont « parfaitement
joué leur rôle de fou du roi » car le chef de l'Etat les a « adoubés ».
Paradis fiscaux. Il faudra attendre le débat organisé après le show présidentiel pour que cela devienne vraiment intéressant et que
l'on découvre enfin que « le roi est nu ». Les interventions des journalistes Nicolas Domenach (Marianne) et Edwy Plenel (Médipart) vont permettre de bousculer et
ordre bien établi et de pointer les incohérences du discours sarkozyste. Ainsi quand il sera question du double langage à propos des paradis fiscaux. Le président de la République les dénoncera
avec véhémence alors même que son ami Bolloré – vous savez, celui qui lui paie ses voyages ou lui prête son yacht – profite largement du système. En face, Sylvie Pierre-Brossolette du
Point et Nicolas Beytout, des Echos avaient bien du mal à défendre la rhétorique présidentielle. Quand à l’animateur du débat lui-même, Yves Calvi, il nous avait habitué à un
esprit plus incisif. Le 5 février, il a poursuivi dans la même veine que les « fous de roi » de la première partie, se faisant ouvertement et presque systématiquement l’avocat du discours
officiel. A croire qu’il y avait un mot d’ordre. Ordre ?
Par DAZIBAO
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Le problème avec Bernard Kouchner n’est pas qu’il ait pu ou pas profiter de sa position pour gagner beaucoup d’argent, plus ou moins honnêtement. J’ai
personnellement le sentiment que le ministre des affaires étrangères de Nicolas Sarkozy ne mange pas de ce pain-là. Je suis en revanche extrêmement peiné par ses mauvaises fréquentations avérées
(il les a reconnues lui-même), en dehors, bien entendu, des relations qui relèvent de ses fonctions ministérielles et diplomatiques.
Car enfin, comment le défenseur des droits de l’homme qu’il est, l’inventeur du « droit d’ingérence », peut-il travailler avec ou pour des hommes aussi sulfureux qu’Omar Bongo au Gabon
(qu’il tutoie !) ou que le rwandais Paul Kagame ? C’est une question d’éthique personnelle. Il y a sur cette planète des personnages infréquentables. Sans jouer les ingénus, je trouve
totalement indécent que quelqu’un d’aussi respecté que l’ex french doctor puisse s’acoquiner avec des chefs d’Etat dont la terrible réputation n’est plus à faire. Le vrai scandale
Kouchner est là.
Par DAZIBAO
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« Le Pacs est certainement l'un des textes les plus stupides, les plus néfastes qui aient été votés dans la
cadre de la Ve République. C'est une loi absolument désastreuse, qui torpille la famille ». Interrogé par Le Journal du Dimanche à l'occasion des dix ans du PACS, Christian
Vanneste récidive. L'homophobe député UMP du Nord en rajoute un couche, bien lourde, bien grasse. Blanchi par la cour la Cassation le 12 novembre 2008 de sa
condamnation pour injures homophobe, il se croit désormais tout permis. Tout y passe : le choix – être homo ne serait un, la « normalité », la supériorité de la famille et du
mariage hétérosexuels...
Dans le même dossier, relevé par le site d'information GayClic, le socialiste François Rebsamen, heureusement, relève le niveau et rétablit la vérité : le PACS, explique le sénateur-maire de Dijon « ne porte pas du
tout atteinte à l'institution traditionnelle qu'est le mariage. Cela permet à des personnes, quel que soit leur sexe, qui souhaitent vivre ensemble selon une forme légale différente du mariage,
de pouvoir le faire en toute sérénité, avec des garanties juridiques. »
A l'instar du socialiste Georges Frêche, suspendu du PS – certes, on aurait dû l'en exclure – on est en droit
d'attendre de l'UMP qu'il condamne une fois pour toutes cet horrible personnage. Il faut pour cela poser la question au chef suprême, qui décide de tout et en tout lieu. Comme à la
cour du roi Soleil, ce lui qui fait et défait les carrières et les réputations.
Par DAZIBAO
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