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Politique nationale

Mardi 13 décembre 2011 2 13 /12 /Déc /2011 15:58

Marion-Poussier.jpgIl est quand même un peu paradoxal d’entendre – y compris dans la bouche de certains commentateurs avisés – que le débat sur la proposition de loi sur le droit des étrangers serait inopportun. Nul doute que parmi ces éminents observateurs on n’en trouve qui déplorent ailleurs que les hommes politiques ne tiennent jamais leur promesse. Or ce droit de vote est une promesse faite en 1981 par François Mitterrand puis renouvelée très fréquemment depuis trente ans. Mais jusqu’à présent, le Sénat bloquait cette réforme d’ordre constitutionnel et qui demande donc un vote positif des deux chambres. Il était donc logique que la Haute assemblée, désormais majoritairement à gauche, décidât de mettre en application cette promesse. Comme le fit en son temps une majorité de députés de gauche avant que les sénateurs d’alors ne la rejettent.

Mais au-delà de cette polémique sur l’opportunité, ce débat oppose deux conceptions de notre démocratie. Il s’agit en effet de savoir si l’on peut dissocier citoyenneté et nationalité. Autrement dit, faut-il avoir une carte d’identité bleu-blanc-rouge pour être reconnu comme citoyen de France. Le principe de la séparation entre citoyenneté et nationalité est inscrit dans l’histoire de notre pays depuis la Révolution Française.  Mais la droite d’hier et d’aujourd’hui  s’est toujours opposée à cette idée et en particulier cette vieille droite dont le corpus génétique contient une volonté, plus présente que jamais, de remettre en cause les acquis de 1789.

Impôts. Outre qu’il est contraire aux intuitions initiales de notre démocratie, ce refus d’accorder le droit de vote aux étrangers non communautaires pose plusieurs problèmes.

D’abord, les opposants à cette réforme dénient des droits à ceux-là mêmes auxquels ils imposent néanmoins des devoirs liés à leur présence en France, à commencer par celui de payer des impôts.

senat_votedesetrangers.jpg De plus, pour nombre d’entre eux, il s’agit d’hommes (pour l’essentiel) et de femmes que la France est allée chercher dans ses anciennes colonies pour venir, durant les trente glorieuses, construire nos routes, nos immeubles, nos voitures, etc. Leurs enfants sont devenus français pour la plupart (par le droit du sol avant que la même droite ne remette aussi en cause cette intuition de 1789). Ils ont donc le droit de voter. Mais pas leurs parents qui vivent parfois en France depuis bien plus longtemps. Ce qui n’empêche pas la toujours même droite réactionnaire de faire de grands discours sur l’intégration ratée de ces fils et filles d’immigrés. Quelle France intégrationniste leur donne-t-on à voir, à aimer et à respecter si l’on refuse ce droit le plus élémentaire à leurs parents ?

Enfin, si c’est la nationalité qui est la clé de la citoyenneté, pourquoi accorder le droit de vote aux ressortissants étrangers de l’Union européenne ? Certes, c’est le cas partout en Europe. Mais cela revient alors à reconnaître le principe – que je valide totalement – d’une citoyenneté européenne. Je doute cependant que l’idée emporte l’adhésion de cette droite réactionnaire et souvent nationaliste qui s’oppose depuis toujours dans notre pays à toute avancée de notre démocratie.

 

sipa_00526005_000009.jpgRevenu stable. Ainsi donc, cependant, la nationalité serait la clé. Encore faudrait-il qu’on l’accorde à ceux qui en font la demande et qui répondent aux grands principes de ce droit. Or celui-ci aussi est bafoué. Des directives du ministère de l’intérieur, qu’aucun parlementaire n’a jamais validé, ordonnent actuellement aux services compétents de ne pas accorder la nationalité française à des hommes et des femmes qui ne pourraient pas justifier d’un revenu stable et convenable depuis au moins trois ans ! Il y a ainsi cette femme à qui l’on refuse le droit d’être française à cause de sa situation précaire et dont la fille encore mineure, sportive de haut niveau, ne peut intégrer l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire (INJEP) parce qu’elle n’est pas française. A ellee aussi, on reprochera sans doute un jour de ne pas vouloir s’intégrer ! Il y a des footballeurs qui n’ont pas tant attendu pour obtenir la nationalité française. Mais eux, bien sûr, ne connaissent pas la précarité. Loin s’en faut !

Par Pascal Martineau - Publié dans : Politique nationale
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Vendredi 14 octobre 2011 5 14 /10 /Oct /2011 12:49

habits-neufs-2 «Leader incontesté», «candidat naturel» : des militants aux dirigeants, l’UMP n’est pas avare d’expressions plus lyriques, plus définitives les unes que les autres pour dénigrer les primaires citoyennes et expliquer que, chez eux, le chef a toujours raison. Car dans cette histoire, contrairement à 2007, c’est la droite qui est à la traine. Autopersuadée que ces primaires seraient un fiasco, elle n’a pas vu le coup venir. Elle s’en trouve aujourd’hui fort dépourvue. Au point que, faute de propositions crédibles à opposer à celles des candidats socialistes, les ténors de l’UMP tirent sur tout ce qui bouge dans notre démocratie ravivée par ces primaires, jusqu’à couvrir les timides voix qui s’élèvent dans leur camp, pour reconnaître, que, quand même, ces primaires, ça n’est pas si mal. Et celles aussi de ceux qui, à demi-mots, commencent à dire que Nicolas Sarkozy ne serait peut-être pas si « naturel » et « incontesté » que cela. Des voix s’élèvent pour dire l’évidence que beaucoup semblent feindre : le roi est nu.

Par Pascal Martineau - Publié dans : Politique nationale
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Mardi 27 septembre 2011 2 27 /09 /Sep /2011 11:15

PS-3260.jpgPour tenter de contrer une inexorable montée de la gauche au Sénat depuis plusieurs scrutins successifs, Nicolas Sarkozy avait, comme le fait toujours la droite en pareil cas, changé la règle du jeu. En rehaussant à quatre sièges de sénateurs (au lieu de trois en 2011) le seuil à partir duquel l’élection avait lieu à la proportionnelle, l’Etat UMP a essayé de limiter les dégâts. Perdu ! Avec 177 sièges, la gauche socialiste, verte, communiste et radicale emporte la majorité au Sénat.
Dans le Loiret, l’élection dès le premier tour du sénateur socialiste sortant Jean-Pierre Sueur était aussi inattendue que savoureuse. Elle le fut d’autant plus que le président UMP du Conseil général, Eric Doligé, a dû attendre le second tour pour retrouver son siège et que son compère Jean-Noël Cardoux fait son entrée au Palais du Luxembourg sans savoir obtenu la majorité absolue. L’ancien maire de Sully a pour ainsi dire donné le « la » de son mandat en refusant l’invitation de France Bleu Orléans, lundi 26 septembre, au motif que : « Moins je parle à la radio, mieux je me porte » (sic). Cruel pour un département réputé conservateur.
Mais ici comme ailleurs, les grand électeurs ont sanctionné un gouvernement englué dans les affaires, qui ne cesse de ponctionner le budget de l’Etat – et donc les aides aux collectivités locales – pour faires des cadeaux fiscaux aux plus riches ; un gouvernement qui, sous couvert de décentralisation, réduit en réalité les marges de liberté de communes.
 

PS-3262.jpgDon d'ubiquité. Dans le Loiret, le vote des grands électeurs en faveur de Jean-Pierre Sueur marque aussi un rejet de la campagne arrogante et mensongère menée par Eric Doligé qui n’a rien trouvé d’autre, pour expliquer la victoire di socialiste sortant, que de moquer son « don d’ubiquité ». Comme pour mieux cacher, sans doute, son propre don d’invisibilité. Le succès de l’ancien maire d’Orléans sanctionne aussi le mandat fantôme de la très conservatrice Jeannine Rozier.
Mais surtout, les grands électeurs ont validé le travail considérable et dénué de tout sectarisme accompli par Jean-Pierre Sueur pendant dix ans tant au Sénat que dans le Loiret. N’oublions jamais qu’il est arrivé en 2010, premier sur 343, dans le classement établi par le magazine Lyon Capitale de tous les sénateurs, sur le travail parlementaire.
La victoire de Jean-Pierre Sueur l’est aussi à l’intérieur du Parti socialiste, dans le Loiret en particulier, où certains et certaines n’ont de cesse, depuis quelques années, de tenter de le dénigrer et de le déboulonner, lui et ceux qui lui sont fidèles.
Nationalement, on peut espérer que le groupe socialiste du Sénat, à l’instar des grands électeurs du Loiret, reconnaisse à sa juste valeur à la fois l’importance de la victoire de Jean-Pierre Sueur et le travail qu’il a accompli, pour le Loiret, ses communes et ses habitants, pour  la démocratie, pour le Parti socialiste. Vœu pieux ?

 

>> Voir la déclaration de Jean-Pierre Sueur sur son site

 

PS : après de longs mois d'absence, me voici de retour sur mon blog. En espérant pouvoir à nouveau l'alimenter régulièrement.

 

Par Pascal Martineau - Publié dans : Politique nationale
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Vendredi 15 avril 2011 5 15 /04 /Avr /2011 14:41

AfficheEsclavage.jpgComment justifier le fait qu’un être humain puisse, contre rémunération, prendre possession du corps d’un de ses semblables ? Je le dis sans hésiter : le projet de pénaliser les clients des prostitués et des prostituées est une bonne idée. La principale organisation de défense des personnes prostituées, le Mouvement du Nid, ne dit pas autre chose : dans un communiqué, il « se félicite du soutien apporté par Roselyne Bachelot au projet de pénalisation des clients prostitueurs, une mesure qu’il réclame depuis 2007 ».
Les opposants à une telle mesure – aux arrière-pensées pas toujours très honorables – trouveront mille raisons à la dénoncer.
On entend aussi très facilement que beaucoup pratiqueraient cette activité par choix délibéré. C’est tellement rassurant. Et certes, on pourra toujours en trouver un ou deux spécimens du genre. Mais c’est l’arbrisseau qui cache la forêt. Car, pour qui s’intéresse un peu à la question, il est facile de constater, que, dans la très grande majorité des cas, ce « métier » qui n'en n'est pas un n’est pas choisi. Soit parce qu’il se fait sous la contrainte d’un proxénète, soit parce qu’il constitue le seul moyen d’acheter de la drogue ou, tout simplement, de survivre.
Ainsi, s’il l’on a un peu d’humanité, on ne peut, à mon sens, supporter l’idée qu’un homme ou une femme puissent être considérés comme une marchandise, au même titre qu’un animal de compagnie ou qu’une voiture de location.
« L’achat d’un acte sexuel n’est rien de moins que la mise à disposition contrainte du corps des femmes pour les hommes, indépendamment du désir de celles-ci, dans la lignée du « droit de cuissage » et du viol, écrit encore le Nid. Loin d’être réductible à une transaction entre deux individus, au « consentement » de l’une à se plier aux exigences de l’autre, il s’agit d’un rapport fondamentalement inégalitaire, inscrit dans la domination sexiste. »
A mes yeux, et au risque de choquer, le client d’une personne prostituée est l’auteur d’un « crime contre l’humanité », contre l’humanité de celui ou de celle dont il achète le droit de disposer de son corps.

Par Pascal Martineau - Publié dans : Politique nationale
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Mardi 5 avril 2011 2 05 /04 /Avr /2011 16:47

sauvons-rased-L-1.jpeg Petit à petit, le gouvernement Sarkozy-Fillon démantèle notre système éducatif. Dans un conseil de classe du collège Jeanne d'Arc où je siégeais récemment en tant que représentant FCPE des parents d'élèves, on nous apprit qu'un élève en grande difficulté (échec scolaire très important malgré - suite – à deux redoublements) allait revenir dans l'établissement la semaine suivante, parce que la classe relais où il était accueilli avait été contrainte de cesser ses activités. Faute de moyen. Le ministère de l'Education nationale a coupé les vivres à cette structure chargée de prendre en charge pendant un moment, des jeunes qui décrochent.
Cette décision est d'abord grave pour le jeune lui-même et tous ceux qui peuvent avoir besoin de classe relais. Elle le contraint à retourner dans un cadre où, c'est le moins qu'on puisse dire, il a du mal à trouver sa place.
De surcroit, cette situation favorise des comportements qui dérangent les autres élèves de la classe. Si les collégiens les plus doués sont au pire agacés par le perturbateur, ceux qui peinent mais s'accrochent sont plus que dérangés dans leurs études et leur concentration. Une fois de plus, le « système » se moque de voir décrocher des jeunes qui, avec un peu d’attention, pourraient réussir à l’école, pourvu qu’il continue à générer une élite qui, dans sa majorité, saura reproduire ledit système.

RASED. La même logique pernicieuse est à l’œuvre avec le démantèlement des réseaux d’aides spécialisées aux enfants en difficultés (RASED). Composé d’enseignants spécialisés et de psychologues scolaires, ils pouvaient, sans passer part une lourde machine administrative, donner, à un moment donné, un coup de pouce salutaire à un enfant qui menaçait de décrocher.
Elle est encore ce qui motive, au-delà des restrictions budgétaires, la suppression, petit à petit, des classes qui accueillaient les enfants dès l’âge de deux ans. On sait pourtant le rôle essentiel que peut jouer cette scolarisation précoce pour des élèves issus de familles non francophones ou dont le niveau de culture est très faible.
Pour les ultras libéraux qui ont fait main basse sur l’Etat, l’école doit être à l’image de leur idéal de société : la seule loi qui vaille est celle de la loi de la jungle et de la sélection par l’argent.
Les dictateurs, quand ils prennent le pouvoir ont en général deux priorités : s’attaquer à l’éducation et à la culture.

Par Pascal Martineau - Publié dans : Politique nationale
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Lundi 14 février 2011 1 14 /02 /Fév /2011 18:16

C’est à croire que TF1, en précurseur du genre, a voulu appliquer les recettes de la « télé réalité » au show de Nicolas Sarkozy. Questions préparées d’avance, acteurs-citoyens triés sur le volet, journaliste-animateur potiche : direct mis a part, tous les ingrédients étaient réunis pour transformer « Paroles de Français » en un « Le président-parle-aux-Français-en-faisant-semblant-de-les-écouter ». Un des ces Français représentatifs a vendu la mèche le lendemain, confirmant ce que chacun savait déjà : au dernier moment, « on » leur a demandé de changer le sujet de leurs questions. Grogne de magistrats oblige, il fallait parler sécurité. Au diable les vraies préoccupations de nos concitoyens, ils n’étaient convoqués là que comme prétexte.
Rien d’étonnant, bien entendu, que ce soit TF1 qui se prête à ce jeu de dupes. Mais si les reality-shows nous trouvent en général plus dégoutés qu’inquiets, cette sinistre parodie de démocratie, laisse, une fois de plus, un goût amer. Encore le président de la République a-t-il pris le soin de ne pas faire, comme l’an passé, à chacun des participants, des promesses personnelles qu’il n’a pas eu, ensuite, la délicatesse de tenir.
Au moment où la parole se libère de l’autre côté de la Méditerranée, on ne peut qu’être effaré par cette mascarade, qui, sous l’emballage grossier de la démocratie directe, confisque la démocratie tout court.
L’humoriste Anne Roumanoff, citée par Jean-Pierre Sueur, a parfaitement résumé le bilan de cette soirée télévisuelle : « Anne Roumanoff, explique le sénateur socialiste, a regardé Nicolas Sarkozy jeudi soir et a zappé avec les chaînes qui présentaient les foules d'Egypte. Elle en a conclu que le premier "racontait des histoires" cependant que les secondes "faisaient l'histoire" ».

Par Pascal Martineau - Publié dans : Politique nationale
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Mercredi 9 février 2011 3 09 /02 /Fév /2011 10:00

sarkozy-plantu.JPG« La vérité ? c’est que Nicolas Sarkozy cultive l’impopularité des juges pour mieux imposer sa justice populaire ». Avec l’une de ces petites phrases assassines dont il a le secret et qui font le bonheur des revues de presse, Jacques Camus, l’éditorialiste de La République du Centre, résume parfaitement l’idéologie qui anime le président de la République lorsqu’il s’acharne sur les juges. Les réactions postées sur le blog du quotidien régional montent d’ailleurs, et malheureusement, que ces attaques répétées trouvent un écho dans la France profonde. « Nicolas Sarkozy joue l’opinion publique contre les juges » résumait à sa manière le député socialiste André Vallini ce mercredi 9 février sur France Inter.
Toujours sur la radio de service public – la bien nommée – Thomas Legrand, dans sa chronique du 8 février, rappelle le « discours d’Epinal » du chef de l’Etat, en juillet 2007 : « Le Président fraîchement élu y détaillait la réforme institutionnelle qu’il souhaitait. A l’époque, on n’a retenu que les nouveautés proposées et on n’a pas bien lu le reste du discours qui donne sa conception de l’Etat et du pouvoir. Tout est dit. Je cite : "Si l'Etat en France doit obéir à la séparation des pouvoirs, il ne saurait être divisé en pouvoirs rivaux qui se combattent, qui s'affrontent, qui s'affaiblissent l'un l'autre comme c'est le cas dans les Etats fédéraux" ».
Il y aura désormais, pour venir renforcer cette bataille rangée contre les valeurs de notre République, « le discours d’Orléans ». Notre ville, déjà largement étiquetée « sécuritaire » en raison de la politique outrancière du maire d’Orléans et de son adjoint à la sécurité, ne saurait sortir grandie d’une telle popularité.
sarko-orleans.jpgA propos de la diatribe vosgienne de Nicolas Sarkozy, Thomas Legrand explique encore : « Ce discours théorise même le nécessaire affaiblissement des corps intermédiaires qui entraverait le lien entre l’exécutif et le peuple. On comprend mieux, en relisant ce texte le rapport du président aux juges… mais aussi, aux médias ou à tout ce qui pourrait ressembler de près ou de loin à un contre-pouvoir, institutionnel ou non. En gros l’exécutif est le cœur du pouvoir, le législatif est au service de l’exécutif et le judiciaire à ses ordres. »
C’est bien là le cœur du problème. La droite conservatrice, Sarkozy en tête, n’aime ni les contrepouvoirs ni les corps intermédiaires. On l’a bien vu ici même à Orléans quand, dans une parodie de démocratie directe, le maire d’Orléans dénigre et fustige à coup de grandes messes populistes les associations et leurs présidents. Ou encore quand, dans les écoles primaires et maternelles, la municipalité tente de s’affranchir des associations de parents d’élèves en désignant des parents référents non encartés.
On l’a souvent répété et assené sur ce blog : Nicolas Sarkozy, dans son « coup d’Etat permanent » contre la séparation des pouvoirs, met gravement en cause notre démocratie. La révolte sans précédent des juges est un signal d’alarme qui doit nous alerter de toute urgence. Ne serait-ce que parce que, dans l’ombre, sans dire un mot, Marine Le Pen compte les points.

Dédicace spéciale à Tom, de Bordeaux, lecteur fidèle parmi d’autres.

Lire aussi (en autres)

>> Déchéance constitutionnelle

>> Sarkozy en "tonton flingueur" du Défenseur des enfants

>> Attention police

>> La confusion des pouvoirs

>> Fillon IV : la confusion des pouvoirs

Et à propos d'Orléans

>> Main basse sur les régies

>> Orléans dilue le contre-pouvoir citoyen

>> Orléans, la démocratie en creux

 

Par Pascal Martineau - Publié dans : Politique nationale
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Mercredi 13 octobre 2010 3 13 /10 /Oct /2010 17:24

tapie.JPGImpoli, insultant, supérieur : l’insupportable Bernard Tapie a fait son show dans le 7-9 de France Inter mardi 12 octobre. Pire que Jean-Marie Le Pen ne l’a jamais fait. Physiquement, les deux bateleurs du paysage politique français finissent d’ailleurs par se ressembler : même gouaille, même menton carré pointé en avant, même dédain.
Il faut reconnaître à Patrick Cohen, aux commandes de la matinale de la station de service public depuis septembre, le mérite d’avoir su garder son sang-froid face à tant de haine. L’ancien homme d’affaires–ministre–militant PRG– député européen– tôlardyachtmanchanteuracteur a balayé d’un méprisant revers de la main toutes les (im)pertinentes questions de Patrick Cohen à propos des 45 millions d’euros d’indemnités – d’argent public - qu’il va percevoir au titre de ses déboires passés avec le Crédit Lyonnais. « Obsédé », « esprit fermé », « ridicule », « ça vous emmerde », « ça vous fait chier » : les noms d’oiseaux ont volé très bas dans le studio de France Inter. Léchant tour à tour les bottes de Nicolas Sarkozy et de Jean-Luc Mélenchon, Bernard Tapie a même tenté de corrompre le journaliste en direct. Se délectant à en donner la nausée de ses millions gagnés sur le dos des contribuables, il n’a pas eu un instant de compassion pour un auditeur s’étonnant de cette somme astronomique quand lui-même n’avait perçu que 35 000 euros pour avoir été contaminé par l’hépatite B dans un hôpital.
Qu’on ne s’y trompe pas. Bernard Tapie est le détestable produit d’une époque et d’un système dont certains ont bien profité à droite comme à gauche. Et dont on ressent malheureusement aujourd’hui d’inquiétants relents.

 

>> Voir les vidéos de Bernard Tapie sur France Inter

Par Pascal Martineau - Publié dans : Politique nationale
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Mercredi 13 octobre 2010 3 13 /10 /Oct /2010 15:29

castmember-paris.jpgIl était une fois un jeune bien mis de sa personne qui, après des mois de galère, fut embauché comme intérimaire au sein du monde magique de Disneyland Paris. Erwan*, comme nous l’appellerons ici, dut d’abord aller quérir auprès de l’agence de travail intermittent une paire de chaussures de sécurité. Puis plusieurs fois par semaine, au gré des besoins des établissements du parc, il prit le métro et le RER durant quatre vingt dix minutes dans chaque sens pour se rendre au pays de Mickey et Donald. Ses missions, différentes en fonction des lieux où il fut affecté : servir les très nombreux touristes qui viennent se sustenter dans les restaurants du parc, débarrasser des tables, nettoyer la vaisselle, faire le ménage.
Cependant, même si ses costumes varièrent selon le terrain de mission, le même rôle fut irrémédiablement attribué à Erwan : celui d’une Cendrillon des temps modernes (au sens même où l’entendait Charlie Chaplin). L’invisible mégère qui dirige ce pays des rêves transforme en cauchemar le quotidien de ceux qui le font vivre. Ainsi, nul espoir de se voir servir un repas, comme cela se passe dans tout autre établissement de ce type en France – même chez Mc Donald. Pour ceux qui, comme Erwan, attendaient leur premier salaire pour pouvoir enfin manger, il n’y avait d’autre choix que de débarrasser, le ventre vide, les tables souvent jonchées de nombreux restes. Une seule fois, un « CDI » lui permit d’acheter un repas à cinq euros avec son badge de castmember à durée indéterminée.
Dans le monde désenchanté de Disney, la caste inférieure des intérimaires n’a qu’un seul droit : celui de travailler sans broncher.
Un jour, un petit chef à qui le style d’Erwan ne plut pas, décida qu’il fallait s’en séparer. Il appela l’agence d’intérim et accusa Erwan de s’être servi un café, d’avoir volé de la nourriture et d’avoir abandonné son poste. De ce jour, Erwan fut déclaré personna non grata dans les coulisses peu reluisantes du Disneyland Paris. Retour à la case galère.

 

*le prénom a été changé

Par Pascal Martineau - Publié dans : Politique nationale
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Mercredi 15 septembre 2010 3 15 /09 /Sep /2010 14:52

Sarkozy-Hortefeux-Besson : l'humiliation. Après l'ONU, le Pape, de nombreux évêques, des dizaines d'organisations laïques et confessionnelles, des démocrates de gauche et de droite, des milliers de citoyens, le Parlement européen, c'est au tour de la Commission européenne, par la voix de sa commissaire à la Justice, la Luxembourgeoise Viviane Reding, de dénoncer l'insupportable politique anti-Roms de la France auquel s'ajoute le mépris à l'égard des institutions internationales dont font preuve de nombreux caciques de l'UMP. « J’ai été personnellement consternée, a-t-elle dit, de cette situation dans laquelle des gens sont expulsés d’un Etat membre de l’Union simplement parce qu’ils appartiennent à une minorité ethnique. C’est une situation que j’espérais que l’Europe n’aurait pas à vivre à nouveau. Ce n’est pas un délit mineur et j’irais même plus loin : c’est honteux ».

Article 2 du traité sur l'Union européenne : « L'Union est fondée sur les valeurs de respect de la dignité humaine, de liberté, de démocratie, d'égalité, de l'État de droit, ainsi que de respect des droits de l'homme, y compris des droits des personnes appartenant à des minorités. Ces valeurs sont communes aux États membres dans une société caractérisée par le pluralisme, la non-discrimination, la tolérance, la justice, la solidarité et l'égalité entre les femmes et les hommes ».

>> Lire la chronique de Bernard Guetta sur France Inter ce mercredi 15 septembre

Par DAZIBAO - Publié dans : Politique nationale
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