Découvrez mon activité d'écrivain public agréé
Président de l'Academie des écrivains publics de France
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Le président de l'Assemblée Nationale, Claude Bartolone, vient de recevoir une menace de mort sous la forme d'une enveloppe remplie de poudre. La semaine dernière, des députés de droite et de gauche qui soutiennent le projet de loi ont reçu une lettre anonymes citée par la journaliste Caroline Fourest, dans laquelle ils sont menacés d’êtres « pendus pour avoir trahi le France » et qui dit, notamment : « Les naïfs croient que les juifs de Sénat votent en 2013 pour le bien des gouines et des pd. C’est faux. Les juifs de tous temps travaillent en souterrain pour eux et polluent tout ce qu’ils touchent ». On croirait se retrouver dans l’intrigue antisémite dénoncée par Umberto Eco dans « Le cimetière de Prague » (à lire absolument). Voilà les démons – la bête immonde - que réveille la droite homophobe en faisant mine de ne pas y toucher. Et que l’on ne vienne pas me dire que c’est le projet de loi qui suscite cette haine. Ce sont bien les appels à la sédition et à la discrimination qui font remonter toute cette fange empoisonnée à la surface de notre République.
Il y a 11 ans, au lendemain du 21 avril 2002, j'ai, sans hésiter, par réflexe républicain, voté Chirac pour dire non à Le Pen. Je suis
même descendu dans la rue pour manifester mon attachement à la démocratie. Et hier, 21 avril 2013, j'ai vu l'UMP défiler bras dessus bras dessous avec le FN , contre le mariage pour tous et, au
delà contre notre démocratie représentative et parlementaire. J'ai longtemps assumé ce vote. Aujourd'hui, je le regrette amèrement. Pire : J'AI HONTE.
Florilège de commentaires postés sur Facebook à propos du mariage pour tous.
13 avril 2013.
On aurait aimé que tous ces cathos coincés, prout-prout, frigides et psychorigides, frustrés et refoulés, manifestassent avec autant - sinon plus - de véhémence et d'indignation contre les dizaines de prêtres et moines pédophiles qui ont détruit la vie de centaines de garçons et de filles, avec la complicité de la hiérarchie catholique ! Moi j'ai vu des amis prêtres brisés parce que le pape les avait démis de leur fonction sacerdotale en raison de leur relation amoureuse saine avec une femme alors que, dans le même temps, la hiérarchie se contentait de déplacer discrètement des prêtres pédophiles, d'un lieu de crime à un autre. Je le dis, moi le chrétien, quelle est cette Eglise qui vient nous donner des leçons sur la protection de l'enfance, complice de crimes contre l'enfance qui a laissé crucifier ces enfants quand Jésus est mort sur la croix pour que plus jamais un être humain ne soit sacrifié ; quelle est cette Eglise qui vient s’opposer aux lois de la République adoptées dans un Etat démocratique; quelle est cette Eglise qui, implicitement au moins, laisse faire voire soutient des factieux haineux et homophobes ; quelle est cette Eglise dirigée par des hommes célibataires non élus dénier le droit à un couple d'hommes ou à un couple de femmes d'élever un enfant quand elle a laissé des êtres sans défense aux mains de prédateurs sexuels ? Honte, honte, honte.
[à propos d’un jeune homme qui de déclare prêt à mourir pour combattre le mariage pour tous] : Alors lui, ça doit vraiment être un refoulé de chez refoulé. Mais qu'il passe à l'acte (sexuel) et ça ira beaucoup mieux ! Fais l'amour pas la guerre mec ! (…) Oh je n'ai pas pitié. Faut juste qu'il arrête de se sentir coupable de mater les mecs dans la rue ou dans sa classe, ou aux vestiaires, ou à la piscine ! lol
Manuel VALLS pourrait peut-être faire arrêter la "fri*ba*" et quelques autres meneurs frustrés et refoulés (frustrés par ce que refoulés) pour trouble à l'ordre public, incitation à la haine, à l'insurrection. En outre, sauf à jouer très dangereusement avec le feu, la hiérarchie de l'Eglise catholique d'une part et l'UMP d'autre part devraient condamner ces agissements de la manière la plus ferme qu'il soit.
12 avril 2013.
Le Sénat a
adopté le projet de loi ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe. J'en ai des frissons partout. Et "mon" JPS qui cause en premier à l'issue de ce votre historique.. il parle de
"grande émotion", de "passer de la honte à la fierté". Vive la République, vive la France. Fier d'être socialiste et d'être le collaborateur parlementaire de Jean-Pierre Sueur.
La droite essaie de nous vendre un "contrat d'union civile" qu'elle a eu dix ans pour faire adopter après s'être farouchement opposé, au Parlement et dans la rue, parfois avec haine et violence au PACS qui est devenu tout à coup sa nouvelle bible. Quelle tartuferie !
Bien qu'elle s'en défende, la droite distille, derrière un discours faussement ouvert, rétrograde, conservateur, une idéologie fondamentalement homophobe en ce qu'elle valide une discrimination à l’égard des homosexuels qui n'auraient pas le droit au mariage parce que, finalement, ils se sont pas "comme tout le monde".
Excellente Esther Bensassa, sénatrice écologiste, qui a livré une émouvante explication de vote en faveur du mariage pour tous, tandis qu'un minable Philippe Darniche, lui succédant, parle de "nature", "lobby homosexuel" et autres mots affreux qu'il vaut mieux taire ici. N'en déplaise aux gays de droite : la droite est la gauche ça n'est pas la même chose. Cette loi et ce combat sont l'honneur de la gauche et de notre République !
[Dialogue avec un ami évêque de Cayenne, Emmanuel Lafont, qui a signé la pétition « Pour un recours constitutionnel contre le mariage pour tous »].
Emmanuel : Cette loi change la nature du mariage au lieu de l'étendre - car le mariage était déjà pour tous ! Il suffit d'en prendre les moyens, qui est de trouver un partenaire de l'autre sexe. Le risque le plus grave sera de faire de l'enfant un objet de droit et de le priver - PAR UNE LOI ! - de son droit fondamental à connaitre ses parents
Moi : « Prendre un partenaire de l'autre sexe" quand on est homosexuel » ?! Je ne comprends pas bien. On ne choisit pas sa sexualité. Il faudrait nier sa propre sexualité pour avoir le droit de se marier ? Si tu penses qu'un homosexuel choisit d'être ce qu'il est, alors, Cher Emmanuel, je tombe des nues. Tu es un homme d'une très grande intelligence. Je ne peux imaginer que tu penses cela.
Emmanuel : Tu as raison, Pascal, on ne choisit pas forcément sa sexualité. Je le reconnais parfaitement. Tu sais, si nous pouvions nous retrouver, ça me ferait plaisir. Et je ne suis pas d'accord avec beaucoup de choses qui sont dites, soit pour, soit contre ce projet de loi. Mais c'est sur la nature d'un "droit" que nous avons une divergence de compréhension. Christiane Taubira a parfaitement raison lorsqu'elle reconnait que ça n'est pas le mariage qui est étendu à tous, c'est la "nature du mariage" qui a été changée, de manière à ce que tous y aient "droit". Et encore une fois, ce qui nous paraît dans ce cadre le plus dangereux, c'est ce que cela va avoir comme conséquence pour les enfants. Pas pour les tiens, bien sûr, car ils connaissent leur père et leur mère, même si vous avez changé de situation matrimoniale. Mais Je parle des enfants - et nous allons arriver là, tu le sais bien - qui seront nés dans des conditions telles qu'ils ne connaîtront pas l'un ou l'autre - ou peut-être même qui sait, un jour, les deux, non pas parce que l'un ou l'autre ou les deux auront disparu, mais en raison de la manière même dont ils auront été conçus. Pour cela, LA LOI aura décidé qu'ils n'ont pas besoin de savoir. Quelle discrimination, tout de même !
Comme l'a très bien exprimé Dominique Baudis dans son rapport à la commission des lois, ce projet de loi a été rédigé à partir des adultes et ne traite des enfants « que par voie de conséquence »...
Moi : Mais la loi est d'abord faite pour les enfants comme les miens. Pour ces centaines d’enfants qui vivent
déjà dans des familles homoparentales. Mon compagnon s'occupe de mes enfants et les aime comme si c'étaient les siens. Sans pour autant que lui ou moins ne nions qu'ils ont une maire. Bien au
contraire. Les enfants adoptés par des couples hétéros ne connaissent pas non plus leur père et leur mère biologiques. Si l'on suit ton raisonnement, il faudrait interdire l'adoption tout court.
Or, ne penses-tu pas qu'un enfant sera plus heureux dans une famille homoparentale que dans un orphelinat ? Quant au "pas forcément" à propos de la sexualité, il est vraiment de trop. On ne
choisit pas. Tout court. On choisit ou pas de passer à l'acte, d’être chaste ou pas, abstinent ou pas (mais c'est vrai aussi pour les hétéros). Mais on ne choisit pas ses désirs. « Se retrouver »
: intellectuellement ? Ca va être difficile vu le fossé qui nous sépare sur ce point Et crois-moi que je le regrette du fond du cœur car je t'ai en très haute estime, tu le sais. En "vrai" pour
en parler de vive voix, de ça et de plein d'autres choses ? Avec grand plaisir.
10 avril 2013.
C'est dingue le nombre de gens de droite qui, tout à coup, sont favorables au PACS, après avoir, pour certains, il y a quelques années, défilé derrière des pancartes qui disaient : "Les PD au bûcher".
Mariage pour tous : mon Dieu que la droite au Sénat est affligeante ! Tous ces relents homophobes qui se cachent derrière un discours policé.
Combien, parmi ceux qui manifestent - parfois violemment - contre le mariage pour tous au nom de « l'intérêt et la protection de l'enfant » ont commis, couvert ou même subi cela ? Bas les masques les Tartuffe !
Le nier
serait se voiler la face : une certaine forme de racisme anti-Blancs existe bel et bien. Et si je m’autorise à affirmer cela, c’est que j’ai pu le constater moi-même, lorsque
mes enfants étaient scolarisés dans un établissement classé en ZEP, l’école Charles-Péguy dans le quartier populaire de l’Argonne à Orléans. Avec quelques autres familles, nous étions les
derniers « Blancs » et cadres moyens, militants à la FCPE, encore parents d’élèves dans cette école.
Nos enfants se faisaient régulièrement traiter de « franscouilles » et quand nous nous permettions, à titre personnel, de signaler aux parents
concernés, le comportement désagréable voire agressif de leur progéniture, nous nous heurtions la plupart du temps à de l’incompréhension, voire à une accusation de racisme. Pour ces raisons et
pour d’autres, nous avons d’ailleurs fini par craquer et les avons changé d’école.
Voilà pour le constat. Il est navrant mais bien réel. Cependant, s’en tenir à cela, comme le fait Copé, ne règle rien, bien au contraire. En plus du
fait qu’il fait, une fois de plus, le lit de l’extrême-droite.
Car, comme l’a si bien fait remarquer quelqu’un – dont j’ai oublié le nom - à la télévision récemment, jamais on n’a refusé à un Blanc, à cause de
la couleur de sa peau, un emploi, un logement ou encore l’accès à une discothèque. Le racisme dont sont victimes les Noirs, les Métis, les Antillais, les Nord-Africains, le Roms et les Asiatiques
est sans commune avec celui que dénoncent haut et fort Copé et sa clique.
Une vraie citoyenneté
Mais surtout, cette situation n’est qu’un très « normal » retour de bâton. Celui que l’on a utilisé pendant des décennies, outre le racisme ordinaire,
en parquant des populations entières dans des cités ghettos ; en refusant le droit de vote à celle et ceux qui, durant les trente glorieuses, sont venus construire nos routes, nos ponts, nos
voitures ; en reconduisant à la frontière leurs frères, oncles et fils venus chercher en France de quoi survivre et faire survivre leurs familles ; en rendant à leur égard une justice
discriminatoire.
En rendant très difficile, voire impossible, l’accès de ces populations à une vraie citoyenneté, politique, sociale, culturelle et économique, nous
avons favorisé le repli communautaire, mais aussi l’économie parallèle, l’intégrisme, les violences urbaines. Nous n’avons, je le crains malheureusement, pas fini de payer collectivement, le prix
de ces décennies de discrimination et de rejet.
Olivier Citron, Angerville-la Rivière ; Hubert Fournier, Neuvy-en-Sullias ; Claude Petit, Préfontaines ; Bernard Gallier,
Santeau ; Patrick Lutton, Barville-en –Gâtinais : ils sont cinq. Cinq maires du Loiret à avoir parrainé la candidature de Jacques Cheminade à la prochaine élection
présidentielle. Quand on découvre l’illuminé émission après émission, on se demande qui a bien pu offrir à ces idées aussi saugrenues que dangereuses une telle tribune. Et quand on lit les noms
de ceux qui ont succombé, on s’interroge sur leurs motivations. Car quand même, qui peut décemment souhaiter que se présente aux suffrages des Français un homme, qui, entre autres inepties,
défend l’idée que Barak Obama puisse être assimilé à Hiller, a mis la conquête de Mars à son programme ou considère l’attentat contre le World Trade Center comme une mystification ?
On trouve une explication dans La République du Centre de ce 3 avril 2012. L’un des élus concernés – dont je tairai le nom – confie au
quotidien départemental : « En 2002, comme cette année, Jean-Pierre Chevènement avait ma signature. Quand il s’est retiré, ma signature est allée à la première équipe qui m’a contacté,
afin de ne plus être sollicité. Même si je privilégie les petits candidats, je ne connais pas Jacques Cheminade. C’est le hasard » (sic).
S l’on peut s’étonner – pour le moins – qu’un parrainage puisse être ainsi accordé « par hasard », on espère néanmoins que l’élu a, depuis, pris
connaissance du « programme » de Jacques Cheminade.
Car derrière l’homme qui se donne des airs goguenard sur les plateaux de télévision, se cache un personnage qui défend des idées à côtés desquelles même
Marine le Pen pourrait passer pour un enfant de cœur. Bien sûr, Jacques Cheminade n’a jamais aucune « chance » (au sens mathématique du terme,) d’être élu président de la République. Mais, outre
qu’il est malsain d’offrir une telle tribune à ses idées nauséabondes, notre démocratie donne un triste spectacle en laissant croire que cet homme, qui ne représente quasiment que lui-même,
puisse prétendre à la plus haute responsabilité de l’Etat. Nous sommes, il est vrai, tombé bien bas depuis cinq ans. Inutile d’en rajouter.
Il a trouvé, comme souvent, les mots justes, la mise en
perspective pertinente. Plutôt que de longs discours sur l’analyse qui peut être faite des trois tueries qui ont touché Toulouse et Montauban ces derniers jours, je vous invite à
écouter la chronique Géopolitique de Bernard Guetta ce mardi 20 mars sur France Inter. Ou il
rappelle, notamment, que toutes les victimes ont un point commun : elles appartiennent à des minorités historiquement la cible des assassins et idéologues d’extrême droite : juifs, maghrébins,
musulmans, noirs.
La réaction de la «classe politique» reste pour, l’heure, très digne – y compris celle de Marine Le Pen, à cent lieues de ce qu’aurait pu éructer son
père en pareille circonstance, ce qui n’obère évidemment pas les compromissions antisémites est les propos haineux de la candidate FN à la présidentielle. Ceux qui distillent en permanence des
discours racistes ont toujours une part de responsabilité historique lorsqu’un homme convaincu de ces thèses passe à l’acte.
Mais face à un tel drame, c’est l'attitude de Nicolas Sarkozy et de la droite dite «républicaine» qui est le plus à craindre. Souvenons-nous de
l’affaire Paul Voise entre les deux tours de l’élection présidentielle de 2002 dont la droite, de Chirac à Montillot, fit ses choux gras sans vergogne ; ou encore de la tuerie de la grotte
d’Ouvéa en Nouvelle Calédonie quelques années auparavant. Je n’ai, pour ma part, aucune confiance en l’UMP en général et en Nicolas Sarkozy en particulier quant à ses capacités à résister à la
tentation d’instrumentaliser ces drames. Et à ce dangereux jeu-là, la droite sera toujours plus forte que la gauche, globalement attachée à une plus grande éthique politique.
>> Ecouter la chronique de
Bernard Guetta
Il est quand même un peu paradoxal d’entendre – y compris dans la bouche de
certains commentateurs avisés – que le débat sur la proposition de loi sur le droit des étrangers serait inopportun. Nul doute que parmi ces éminents observateurs on n’en trouve qui déplorent
ailleurs que les hommes politiques ne tiennent jamais leur promesse. Or ce droit de vote est une promesse faite en 1981 par François Mitterrand puis renouvelée très fréquemment depuis trente ans.
Mais jusqu’à présent, le Sénat bloquait cette réforme d’ordre constitutionnel et qui demande donc un vote positif des deux chambres. Il était donc logique que la Haute assemblée, désormais
majoritairement à gauche, décidât de mettre en application cette promesse. Comme le fit en son temps une majorité de députés de gauche avant que les sénateurs d’alors ne la rejettent.
Mais au-delà de cette polémique sur l’opportunité, ce débat oppose deux conceptions de notre démocratie. Il s’agit en effet de savoir si l’on peut dissocier citoyenneté et nationalité. Autrement dit, faut-il avoir une carte d’identité bleu-blanc-rouge pour être reconnu comme citoyen de France. Le principe de la séparation entre citoyenneté et nationalité est inscrit dans l’histoire de notre pays depuis la Révolution Française. Mais la droite d’hier et d’aujourd’hui s’est toujours opposée à cette idée et en particulier cette vieille droite dont le corpus génétique contient une volonté, plus présente que jamais, de remettre en cause les acquis de 1789.
Impôts. Outre qu’il est contraire aux intuitions initiales de notre démocratie, ce refus d’accorder le droit de vote aux étrangers non communautaires pose plusieurs problèmes.
D’abord, les opposants à cette réforme dénient des droits à ceux-là mêmes auxquels ils imposent néanmoins des devoirs liés à leur présence en France, à commencer par celui de payer des impôts.
De plus, pour nombre d’entre eux, il s’agit d’hommes (pour l’essentiel) et de femmes que la
France est allée chercher dans ses anciennes colonies pour venir, durant les trente glorieuses, construire nos routes, nos immeubles, nos voitures, etc. Leurs enfants sont devenus français pour
la plupart (par le droit du sol avant que la même droite ne remette aussi en cause cette intuition de 1789). Ils ont donc le droit de voter. Mais pas leurs parents qui vivent parfois en France
depuis bien plus longtemps. Ce qui n’empêche pas la toujours même droite réactionnaire de faire de grands discours sur l’intégration ratée de ces fils et filles d’immigrés. Quelle France
intégrationniste leur donne-t-on à voir, à aimer et à respecter si l’on refuse ce droit le plus élémentaire à leurs parents ?
Enfin, si c’est la nationalité qui est la clé de la citoyenneté, pourquoi accorder le droit de vote aux ressortissants étrangers de l’Union européenne ? Certes, c’est le cas partout en Europe. Mais cela revient alors à reconnaître le principe – que je valide totalement – d’une citoyenneté européenne. Je doute cependant que l’idée emporte l’adhésion de cette droite réactionnaire et souvent nationaliste qui s’oppose depuis toujours dans notre pays à toute avancée de notre démocratie.
Revenu stable. Ainsi donc, cependant, la nationalité serait la clé. Encore faudrait-il qu’on l’accorde à ceux qui en font
la demande et qui répondent aux grands principes de ce droit. Or celui-ci aussi est bafoué. Des directives du ministère de l’intérieur, qu’aucun parlementaire n’a jamais validé, ordonnent
actuellement aux services compétents de ne pas accorder la nationalité française à des hommes et des femmes qui ne pourraient pas justifier d’un revenu stable et convenable depuis au moins trois
ans ! Il y a ainsi cette femme à qui l’on refuse le droit d’être française à cause de sa situation précaire et dont la fille encore mineure, sportive de haut niveau, ne peut intégrer
l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire (INJEP) parce qu’elle n’est pas française. A ellee aussi, on reprochera sans doute un jour de ne pas vouloir s’intégrer ! Il y
a des footballeurs qui n’ont pas tant attendu pour obtenir la nationalité française. Mais eux, bien sûr, ne connaissent pas la précarité. Loin s’en faut !
«Leader incontesté», «candidat naturel» : des militants aux dirigeants, l’UMP n’est pas avare d’expressions plus lyriques, plus définitives les
unes que les autres pour dénigrer les primaires citoyennes et expliquer que, chez eux, le chef a toujours raison. Car dans cette histoire, contrairement à 2007, c’est la droite qui est à la
traine. Autopersuadée que ces primaires seraient un fiasco, elle n’a pas vu le coup venir. Elle s’en trouve aujourd’hui fort dépourvue. Au point que, faute de propositions crédibles à opposer à
celles des candidats socialistes, les ténors de l’UMP tirent sur tout ce qui bouge dans notre démocratie ravivée par ces primaires, jusqu’à couvrir les timides voix qui s’élèvent dans leur camp,
pour reconnaître, que, quand même, ces primaires, ça n’est pas si mal. Et celles aussi de ceux qui, à demi-mots, commencent à dire que Nicolas Sarkozy ne serait peut-être pas si « naturel
» et « incontesté » que cela. Des voix s’élèvent pour dire l’évidence que beaucoup semblent feindre : le roi est nu.
Pour tenter de contrer une inexorable montée de la gauche au Sénat depuis plusieurs scrutins successifs, Nicolas Sarkozy avait,
comme le fait toujours la droite en pareil cas, changé la règle du jeu. En rehaussant à quatre sièges de sénateurs (au lieu de trois en 2011) le seuil à partir duquel l’élection avait lieu à la
proportionnelle, l’Etat UMP a essayé de limiter les dégâts. Perdu ! Avec 177 sièges, la gauche socialiste, verte, communiste et radicale emporte la majorité au Sénat.
Dans le Loiret, l’élection dès le premier tour du sénateur socialiste sortant Jean-Pierre Sueur était aussi inattendue que savoureuse. Elle le fut
d’autant plus que le président UMP du Conseil général, Eric Doligé, a dû attendre le second tour pour retrouver son siège et que son compère Jean-Noël Cardoux fait son entrée au Palais du
Luxembourg sans savoir obtenu la majorité absolue. L’ancien maire de Sully a pour ainsi dire donné le « la » de son mandat en refusant l’invitation de France Bleu Orléans, lundi 26 septembre, au
motif que : « Moins je parle à la radio, mieux je me porte » (sic). Cruel pour un département réputé conservateur.
Mais ici comme ailleurs, les grand électeurs ont sanctionné un gouvernement englué dans les affaires, qui ne cesse de ponctionner le budget de l’Etat –
et donc les aides aux collectivités locales – pour faires des cadeaux fiscaux aux plus riches ; un gouvernement qui, sous couvert de décentralisation, réduit en réalité les marges de liberté de
communes.
Don d'ubiquité. Dans le
Loiret, le vote des grands électeurs en faveur de Jean-Pierre Sueur marque aussi un rejet de la campagne arrogante et mensongère menée par Eric Doligé qui n’a rien trouvé d’autre, pour expliquer
la victoire di socialiste sortant, que de moquer son « don d’ubiquité ». Comme pour mieux cacher, sans doute, son propre don d’invisibilité. Le succès de l’ancien maire d’Orléans
sanctionne aussi le mandat fantôme de la très conservatrice Jeannine Rozier.
Mais surtout, les grands électeurs ont validé le travail considérable et dénué de tout sectarisme accompli par Jean-Pierre Sueur pendant dix ans tant au
Sénat que dans le Loiret. N’oublions jamais qu’il est arrivé en 2010, premier sur 343, dans le classement établi par le magazine Lyon Capitale de tous les sénateurs, sur le travail
parlementaire.
La victoire de Jean-Pierre Sueur l’est aussi à l’intérieur du Parti socialiste, dans le Loiret en particulier, où certains et certaines n’ont de cesse,
depuis quelques années, de tenter de le dénigrer et de le déboulonner, lui et ceux qui lui sont fidèles.
Nationalement, on peut espérer que le groupe socialiste du Sénat, à l’instar des grands électeurs du Loiret, reconnaisse à sa juste valeur à la fois
l’importance de la victoire de Jean-Pierre Sueur et le travail qu’il a accompli, pour le Loiret, ses communes et ses habitants, pour la démocratie, pour le Parti socialiste. Vœu pieux
?
>> Voir la déclaration de Jean-Pierre Sueur sur son site
PS : après de longs mois d'absence, me voici de retour sur mon blog. En espérant pouvoir à nouveau l'alimenter régulièrement.
Comment justifier le fait qu’un être humain puisse, contre rémunération, prendre possession
du corps d’un de ses semblables ? Je le dis sans hésiter : le projet de pénaliser les clients des prostitués et des prostituées est une bonne idée. La principale organisation de défense des
personnes prostituées, le Mouvement du Nid, ne dit pas autre chose : dans un
communiqué, il « se félicite du soutien apporté par Roselyne Bachelot au projet de pénalisation des clients prostitueurs, une mesure qu’il réclame depuis 2007 ».
Les opposants à une telle mesure – aux arrière-pensées pas toujours très honorables – trouveront mille raisons à la dénoncer.
On entend aussi très facilement que beaucoup pratiqueraient cette activité par choix délibéré. C’est tellement rassurant. Et certes, on pourra toujours
en trouver un ou deux spécimens du genre. Mais c’est l’arbrisseau qui cache la forêt. Car, pour qui s’intéresse un peu à la question, il est facile de constater, que, dans la très grande majorité
des cas, ce « métier » qui n'en n'est pas un n’est pas choisi. Soit parce qu’il se fait sous la contrainte d’un proxénète, soit parce qu’il constitue le seul moyen d’acheter de la drogue ou, tout
simplement, de survivre.
Ainsi, s’il l’on a un peu d’humanité, on ne peut, à mon sens, supporter l’idée qu’un homme ou une femme puissent être considérés comme une marchandise,
au même titre qu’un animal de compagnie ou qu’une voiture de location.
« L’achat d’un acte sexuel n’est rien de moins que la mise à disposition contrainte du corps des femmes pour les hommes, indépendamment du désir de
celles-ci, dans la lignée du « droit de cuissage » et du viol, écrit encore le Nid. Loin d’être réductible à une transaction entre deux individus, au « consentement » de l’une à se plier
aux exigences de l’autre, il s’agit d’un rapport fondamentalement inégalitaire, inscrit dans la domination sexiste. »
A mes yeux, et au risque de choquer, le client d’une personne prostituée est l’auteur d’un « crime contre l’humanité », contre l’humanité de
celui ou de celle dont il achète le droit de disposer de son corps.
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