Nicolas Sarkozy a convoqué le père Noël en avance. L'homme qui a fait un cadeau de quinze milliards
d'euros de baisses fiscales aux Français les plus riches aurait-il mauvaise conscience en ces temps de cataclysme économique et de hausse record du chômage ? En bon Samaritain, il a décidé
d'augmenter de 67,50 euros la prime individuelle de Noël versée chaque année aux bénéficiaires du RMI qui s'élevait jusque-là à 152,50 euros. Soit un total de 220 euros. Le Haut Commissaire aux
solidarités actives s'est réjouit de cette hausse. En homme habitué aux causes perdues, Martin Hirch sait se contenter d'une aumône. Et comme un bonheur n'arrive jamais seul, le généreux
cadeau présidentiel sera versé en novembre, au lieu du 20 décembre. « J'ai décidé d'accorder une prime exceptionnelle pour compenser le retard sur l'évolution réelle des prix en
2008 », a expliqué le président du bouclier fiscal. Ah bon ? Alors, ça n'est même pas un cadeau, juste un ajustement ?! « Le Père Noël est une ordure ».
Plus dix-neuf sièges pour la gauche au sein de la Haute Assemblée suite à l’élection qui s’est déroulée ce dimanche 21
septembre. A ce rythme là, explique Simon Tivolle dans sa
décapante chronique sur France Inter ce lundi matin 22 septembre, « la gauche ne peut pas espérer être majoritaire avant… 2030 ou 2040 ». C’est l’anomalie démocratique de
notre pays. Alors qu’à tous les niveaux, nos institutions représentatives (villes, départements, régions, Assemblée Nationale), ont, depuis plus de vingt ans, régulièrement connu
l’alternance politique, le Sénat reste immuablement à droite. La mode de scrutin, indirect et basé sur l’électorat très rural des maires et adjoints des 36 000 communes de France, assure à la
droite une quasi éternité à la Haute Assemblée. Rien ne justifie ce statu quo, même le discours récurrent sur la nécessité de conserver – c’est le mot ! – au Sénat son statut d’assemblée des
collectivités locales. Comme si les députés venaient de la planète Mars !
Déséquilibre démocratique. Les choses, malheureusement, ne risquent pas de s’améliorer. Il se murmure que Sarkozy
voudrait, pour l’élection des conseillers régionaux, adopter le même mode de scrutin – uninominal à deux tours – que pour l’assemblée départementale. Alors même que beaucoup s’accordent à juger
injuste et archaïque ce mode d’élection qui laisse lui aussi, un part disproportionnée au monde rural, le président de la République envisage de renforcer encore ce déséquilibre démocratique.
Histoire, sans doute, d’éviter un nouveau ras de marée, comme celui qui a vu la victoire, en métropole, de la gauche dans vingt-deux régions sur vingt-trois.
>> Le Loiret devrait bientôt compter six circonscriptions au lieu de cinq actuellement. Lire à ce sujet, le communiqué du PS du Loiret.
Vendredi 5 septembre 2008
Mais où est passé Jean-Marc Sylvestre ? Le militant-chroniqueur économique a disparu de la grille de France Inter. Ouf ! Enfin ! Depuis des années, ce zélateur du néolibéralisme, ce porte-parole non
officiel du Medef, ce pourfendeur des 35 heures sévissait tous les matins sur notre grande et belle radio nationale de service public. Comme une « tâche » dans cette station dont la qualité de
l’information n’est plus à prouver. On a pu croire un temps, après qu’il eut frôlé la mort* et découvert la qualité du service public de santé français, qu’il allait mettre un peu d'eau dans son
vin. Cela n’a pas duré longtemps. Chassez le naturel, il revient au galop. Il a en particulier déployé tous ses talents de héraut du libéralisme sous Jospin – pour le critiquer sans réserve
– puis sous Raffarin – pour l’encenser sans pudeur.
Un autre son de cloche. J’avais souvent écrit et téléphoné à la rédaction de France Inter pour me plaindre du
parti pris outrancier et unilatéral du désormais directeur adjoint de l’information de TF1 (voila un poste qui correspond mieux aux idées qu’il défend). Il m’est même arrivé de couper la
radio pendant sa chronique tellement cela m’agaçait. Il faut croire que je n’étais pas le seul. Depuis un an en effet, il était précédé, dans les matinales de France Inter, par Bernard Maris qui donne de l’actualité économique un tout autre son de cloche. Or, en cette rentrée 2008-2009, exit Jean-Marc
Sylvestre. Bernard Maris, lui, est toujours là. Avec, désormais, pour lui donner la réplique, un journaliste du quotidien Les Echos, Dominique Seux. Lequel, dégâts du sarkozysme oblige,
la joue beaucoup plus profil bas. Il n’a, surtout, pas l’arrogance, la condescendance et la suffisance de son prédécesseur.
* En 2003, Jean-Marc Sylvestre publie Une petite douleur à l'épaule gauche. Ce livre raconte comment, suite à une
hospitalisation pour ce qui n'était qu'une "petite douleur", il a frôlé la mort en contractant une maladie nosocomiale. Source : evene.fr
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