Jeudi 27 novembre 2008

Une fois n'est pas coutume, je ne résiste pas à reproduire, sans commentaire, l'intégralité de la chronique matinale de Simon Tivolle, ce jeudi 27 novembre sur France Inter (à podcaster éventuellement sur le site de la radio).

Je ne sais pas si vous avez entendu cette nouvelle : Bush gracie une dinde ! Au début, pour rigoler, je me suis demandé un moment si ça n'avait pas un rapport avec les frasques de Sarah Palin… Ben non.
Et puis en réfléchissant…vraiment… ça fait un drôle d'effet de savoir que le président des Etats-Unis, qui a provoqué des dizaines de milliers de morts en Irak… a gracié une dinde.
Que celui qui a laissé griller sur la chaise électrique des dizaines d'hommes… a gracié une dinde.
Que le Commandant en chef de l'armée la plus puissante du monde, qui a défendu la torture et Guantanamo… a gracié une dinde.
Bien sûr, je sais, ça n'a rien à voir ! C'est une tradition depuis Lincoln : le président reçoit une dinde. Et depuis Truman, il la gracie. Obama fera pareil. Aux Etats-Unis, ça fait partie de ces coutumes que nous avons du mal à apprécier, à l'occasion de la fête de Thanksgiving.
Thanksgiving, qu'on traduit en français par la fête de l'Action de Grâce…

Indiens. C'est encore une affaire de puritains à la sauce américaine. En 1620, les premiers pèlerins meurent de faim. L'année d'après, des Indiens les aident à se nourrir, et pour les remercier les Blancs les invitent à manger. C'est le premier Thanksgiving. Comme par la suite les Indiens seront exterminés, l'histoire officielle n'a retenu que le remerciement à Dieu pour des récoltes abondantes…
Et du coup, ce sont les dindes… qui trinquent ! Aujourd'hui, pas moins de cinquante millions de dindes vont passer à la casserole ! Oui, cinquante millions ! Thanksgiving, le quatrième jeudi de novembre, est un jour férié aux Etats-Unis. Les bestioles sont dégustées en famille. Dinde farcie avec de la sauce aux airelles, et une tarte à la citrouille.

Culs-bénis. Bush gracie la dinde… la dinde glougloute…et ils sont nombreux les dindons de la farce… Au pays des culs-bénis de tous poils, aujourd'hui le président Bush va également remercier Dieu pour les bonnes récoltes… De l'humour, sans doute, alors que la dépression économique gagne la planète.
Et demain, après Thanksgiving, commencent les soldes !
Le vendredi, début de la période des achats de Noël, est sans doute le jour de plus grande activité commerciale de l'année, on l'appelle d'ailleurs le vendredi noir, le Black Friday. Avec la crise, on annonce des déstockages massifs… dès l'aube, il y aura la queue devant de très nombreux magasins…
Dans sa grande clémence, avant de gracier une grosse dinde, George W a promulgué une loi qui prolonge les indemnités de chômage pendant la période des fêtes. Sympa. De plus, 16 000 propriétaires incapables de rembourser leurs prêts immobiliers ont appris qu'on ne peut pas les mettre à la porte… jusqu'au 9 janvier. Un soulagement de courte durée - juste pour laisser croire aux enfants que le Père Noël existe toujours.

Pioupious. En 2003, le président Bush était allé en Irak manger de la dinde avec les pioupious américains qu'il avait envoyés sur place quelques mois plus tôt. Il voudra peut-être faire la même chose, demain, cinq ans après… Pas sûr que les dindes, les pioupious et les Irakiens lui disent merci.
En Caroline du Nord, un malfrat a essayé de voler une voiture sur un parking… Pas de chance, un homme est intervenu et a assommé le voleur… à coup de dinde congelée !
Celle-là, au moins, elle a servi à quelque chose ! Bush a bien fait de ne pas la gracier !

par Simon Tivolle publié dans : Monde
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Mercredi 5 novembre 2008
Apprenant ce matin par la radio que Barack Obama venait d'être élu président des Etats-Unis d'Amérique, je me précipite sur la télécommande de ma télévision, impatient de voir les images de cette victoire.TF1, France 2, France 3, Arte (même Arte !), M6 : rien, nada, si ce n'est les habituels dessins animés niais et les insipides soap opéra du mercredi matin. Sans doute les journaux du matin avaient-il longuement évoqué cet événement. Mais on aurait pu attendre des éditions spéciales à la hauteur de ce moment historique. Cité par Le Monde, Frédéric Martel, auteur de De la culture en Amérique (Gallimard, 2006), parle de « 11-Septembre à l'envers ». Ce jour-là, toutes les télévisions du monde – y compris en France – s'étaient mises en quatre pour relayer ce terrible attentat, jusqu'à l'écoeurement. L'élection de Barack Obama est – en positif – un événement aussi considérable pour le monde que la destruction des twin towers. Mais le positif, c'est bien connu, ça ne paye pas.
par DAZIBAO publié dans : Monde
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Mercredi 5 novembre 2008
Il pouvait gagner, il devait gagner, il a gagné. Le quadragénaire métis Barack Obama est devenu le 44e président des Etats-Unis d'Amérique. Une victoire sans appel, totale, qui, quarante ans après l'assassinat du pasteur Martin Luther King apparaît comme une formidable revanche de l'histoire. Un événement digne de l'élection, en 1994, de Nelson Mandela à la tête de l'Afrique du Sud libérée de l'apartheid. Dans un pays qui a connu la traite des Noirs, l'esclavage, le Ku Klux Klan et la ségrégation raciale, l'élection de Barak Obama, qui a encore une grand-mère au Kenya, est une véritable révolution. Un ami, métis lui aussi, me disait ce matin : « Je suis fier d'être noir ». Et moi de lui répondre, tout à ma joie : « Je suis fier de l'humanité ». Les nombreux reportages sur tous ces citoyens noirs se rendant aux urnes radieux et déterminés avait quelque chose de jubilatoire. Cité par Le Monde, Frédéric Martel, auteur de De la culture en Amérique (Gallimard, 2006), parle de « 11-Septembre à l'envers ».

Ecrasante responsabilité. Une fois passée la nécessaire et tellement agréable euphorie de la victoire, la réalité va bien évidemment très vite reprendre ses droits. La formidable espérance née de cette élection confère à Barack Obama une écrasante responsabilité. A cause des millions d'Américains qui vivent dans une grande pauvreté, à cause d'un système judiciaire ségrégationniste, à cause du rôle primordial des Etats-Unis dans la crise économique et écologique qui menace notre planète, dans le désordre politique mondial.

Peine capitale. Avec d'autres sans doute aussi, j'attends de cet homme de progrès ,de ce citoyen universel, de ce président multicolore qu'il révise ses opinions sur la vente des armes et surtout sur la peine de mort. On peut penser – espérer - que la position officielle d'Obama sur ce sujet est d'abord dictée par des raisons électoralistes tant il semble impossible d'être aujourd'hui président des Etats-Unis tout en étant ouvertement contre la peine capitale. Une pratique qui continue de classer les USA dans le camps des  pays barbares. On peut légitimement croire que l'humaniste Obama, qui se réclame de Martin Luther King, est, au fond de lui, abolitionniste. Pour tout cela, ça va être très dur d'attendre le 20 janvier, date officielle d'entrée en fonction du nouveau président de « la plus grande démocratie du monde ».
par DAZIBAO publié dans : Monde
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Mardi 7 octobre 2008
Crac, boum, hue ! Krach… boum ?. A l’origine du cataclysme financier international en cours, l’économie virtuelle est en train de créer la « crise virtuelle ». Car s’il est indéniable que le système capitalisme dérégulé est en crise, les gesticulations politico-médiatiques de certains semblent ajouter de l’huile sur le feu. Reste que pour des millions d’Américains aujourd’hui et pour de nombreux autres peuples dans les jours et les semaines qui viennent, on est passé du virtuel de la finance au réel de l’économie. « Le plus grave est encore devant nous » affirmait le socialiste Michel Sapin, ce mardi 7 octobre sur France Inter. Et si l’on sent bien que la situation est dramatique, il est pour l’instant difficile, en ce qui me concerne, de mesurer quelles seront les conséquences de tout ce chambardement sur notre vie quotidienne et en particulier sur les hommes et les femmes les plus vulnérables de notre pays et de notre planète. Face à cette avalanche quotidienne d’informations plus alarmistes les unes que les autres, et malgré mon optimisme naïf, j’ai de plus en plus de difficulté à ne pas craindre le pire. La tristement célèbre « crise de 29 » est dans tous les commentaires. Elle fut terrible pour l’ensemble du monde.

Philanthropie. Certains, pourtant, ne semblent pas inquiets. Dans Mots Croisés, sur France 2, ce lundi 7 octobre, le suffisant et ultralibéral Alain Madelin expliquait sans rire que cette crise des subprimes (crédits à risque) était la conséquence d’un excès de générosité et de philanthropie des banques américaines à l’égard des pauvres. Pour qu’eux aussi aient le droit de se loger. Ou comment justifier un système amoral par des causes encore plus amorales ! Car, dans tout cela, toute virtuelle que soit cette crise, certains vont sans aucun doute en profiter. Des sommes d’argent considérables sont en mouvement. Et, comme l’explique encore Michel Sapin, « on peut gagner autant d’argent en spéculant à la baisse qu’en spéculant à la hausse ». Il y a vraiment « quelque chose de pourri…. ». Krach… boum ?
par DAZIBAO publié dans : Monde
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Jeudi 25 septembre 2008
Au royaume de la bagnole, le gâchis est roi. Ce jeudi matin sur France Inter, Patrick Grivaz jubilait totalement à la perspective du premier grand prix de Formule 1 en nocturne, qui va avoir lieu à Singapour le 28 septembre prochain. Selon Wikipédia, « l’intérêt est de permettre aux téléspectateurs européens de la suivre à une heure raisonnable et d'atténuer l'influence du climat tropical sur les hommes et la mécanique ».
J’avais déjà du mal avec la débauche de vroum-vroum, de gaz à effet de serre, de tôles froissées, de corps brûlés et d’accidents mortels qui font l’actualité du sport (sic) automobile. Mais avec la version by night, on atteint un niveau insupportable de gâchis écologique. Il va falloir en effet dépenser des milliers de kilowatts pour éclairer le circuit. Quel cynique pied de nez à notre planète qui se réchauffe. Pour quelques ronds bruyants, polluants et nauséabonds sur Terre.
par DAZIBAO publié dans : Monde
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Lundi 22 septembre 2008

C’est toujours pareil. Quand les grands libéraux sont dans la panade, ils font les yeux doux à l’Etat providence. Limite même si ce dernier ne se fait pas engueuler quand ça ne va pas assez vite. La crise des banques américaines est, de ce point de vue, un exemple criant de l’hypocrisie des grands pourfendeurs officiel de l’interventionnisme étatique. La loi du marché va, directement ou indirectement, coûter 700 milliards de dollars aux contribuables de Georges Bush. Mais le phénomène n’est pas seulement américain, même s’il prend, outre atlantique, comme toujours, des proportions astronomiques.

Ressources naturelles. De ce côté-ci de l’océan, nous avons régulièrement droit à des périodes de soudaine conversion au culte de l’Etat providence de la part d’adeptes d’un autre dogme : le laisser-faire, la libre concurrence, le libre droit de piller les ressources naturelles ou de polluer. Il suffit de se rappeler les réguliers appels au secours des patrons-pêcheurs (qui refusent par ailleurs que l’on limite leur droit de pêche au nom de la préservation des ressources halieutiques ou de la solidarité avec les pays en voie de développement) ou des sociétés de transport routier (dont beaucoup voudraient bien qu’on applique à leurs chauffeurs le moins disant social de certains de leurs concurrents européens et qui crient au loup quand la SNCF envisage des les concurrencer), ou encore des grands agriculteurs (qui envisagent avec horreur l’application du principe pollueur-payeur). Et si, un jour, enfin, on les laissait se dépatouiller avec leur sacro-saint libéralisme ?

par DAZIBAO publié dans : Monde
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Jeudi 19 juin 2008
En politique, ici, comme ailleurs, quand on est à court d’argument pour défendre l’indéfendable, on crie au complot. A propos des casseroles judiciaires qu’il traîne derrière lui depuis des années, Silvio Berlusconi parle de « procès fantaisistes que les magistrats d'extrême gauche ont intenté contre moi à des fins politiques ». Et quand on est à la fois l’homme le plus riche d’Italie et le chef du gouvernement du même pays, on fait voter par le Parlement une loi d’absolution ! On a eu droit aussi à ce genre de manip en France quand le Conseil constitutionnel a exclu la possibilité de toute poursuite judiciaire contre un président de la République – Jacques Chirac – en exercice. Silvio Berlusconi lui, ne recule devant aucun sacrifice démocratique pour… sa sécurité personnelle.
Le Cavaliere a donc obtenu du Sénat italien la suspension de quelque 100 000 procédures judiciaires, dont le procès Milld dans lequel Silvio Berlusconi est accusé d'avoir versé à David Mills, son ancien avocat britannique, 600 000 dollars en échange de faux témoignages devant la justice italienne lors de deux autres procès qui l'inquiétaient dans les années 1990.
Ajoutant l’hypocrisie au déni de justice et au cynisme politique, le président du Conseil italien habille cette le tout d’une honorable intention : faire en sorte que soient traitées par la justice transalpine les affaires « les plus récentes et les plus graves », et en priorité celles liées à la mafia ou dans lesquelles les peines encourues sont supérieures à dix ans.
par DAZIBAO publié dans : Monde
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Vendredi 16 mai 2008
« Les préjugés sont tenaces. Certaines personnes pensent encore que l’homosexualité est un désordre mental et d’autres croient, à tort, qu’elle peut être guérie. Les spécialistes en santé mentale sont d’avis que cela est impossible ». Pour l’édition 2008 de la journée internationale de lutte contre l’homophobie, l’accent est mis sur le fait que « l’homosexualité n’est pas une maladie », ni génétique, ni mentale, ni héréditaire. Si la chose est entendue pour beaucoup de gens, il reste cependant pas mal de chemin à faire. La dépénalisation de l’homosexualité en France date seulement de 1982 (par François Mitterrand et Robert Badinter, certains devraient parfois s’en souvenir). Au niveau international, il a fallu attendre 1991 (le 17 mai de cette année-là justement) pour que l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) la retire de la liste des maladies mentales. Dans de très nombreux pays encore, cette orientation sexuelle est considérée comme une tare, voire comme un crime.

Taux de suicide. Plus près de nous, beaucoup de jeunes qui osent révéler leur homosexualité à leurs parents se heurtent à ces terribles préjugés, affirmés de manière plus ou moins féroce. Cela va de « mais tu verras ça va passer » à « tu es la honte de la famille », voire pire. Résultat, si l’homosexualité n’est définitivement pas une maladie, le rejet dont elle est l’objet peut engendrer des troubles graves. Ainsi selon Stop suicide, « plusieurs travaux montrent, en moyenne, qu’un jeune homosexuel sur quatre fait une tentative de suicide ». Le site de l’association québécoise AlterHeros, s’appuyant sur une étude conduite par Michel Dorais de l’université de Laval au Québec et publiée sous le titre de Mort ou fif, confirme que « plusieurs travaux conduits aux USA et au Canada, mettent en avant un taux de suicide de cinq à quinze fois plus élevé que chez les jeunes hétérosexuels ». « J'ai comme l'impression que mon fils ne s'est pas enlevé la vie, mais qu'on l'a achevé. En fait, j'ai le sentiment qu'on a tué mon enfant. Quelle est la menace de voir deux personnes s'aimer? Qui a le droit de juger de cet amour? Les droits de mon fils ont été bafoués par des gens qui ne voulaient tout simplement pas que mon fils soit heureux. C'est comme si on lui avait enlevé le droit de jouir de la vie » témoigne la mère d’un jeune homosexuel sur un autre site québécois.

>> Lire aussi Suicide chez les jeunes homosexuels : Le cercle vicieux
par DAZIBAO publié dans : Monde
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Vendredi 4 avril 2008












A Pékin, les revendeurs de billets pour les JO
à la sauvette sont passibles de plusieurs années de camp de rééducation, sans procès. Direct au gnouf !
Plus loin, du côté du Tibet, l’armée « populaire » réprime et musèle la contestation du peuple colonisé.
On a beau dire, on a beau faire, les Jeux Olympiques de Pékin ne peuvent pas nous laisser indifférents. Esprit sportif ou pas, à l’heure où la flamme des JO va faire étape à Paris, il est de salubrité publique de s’interroger sur la pertinence du choix du lieu de ces jeux.
Car la Chine a, pour le malheur des Chinois, le triste privilège de cumuler deux défauts majeurs : un système politique verrouillé et stalinien et un capitalisme effréné au sein duquel les « travailleurs » sont pour la plupart des sans-droits (pas de contrat, pas de congés payés, pas de sécurité sociale, pas de syndicats, etc.) au service d’une caste privilégiée composée de dignitaires du parti unique et de grandes multinationales. Celles-là mêmes qui font fabriquer nos vêtements, nos ordinateurs, nos jouets, nos gadgets Mac Do, etc. Comme on le chantait en Mai 68, « chacun de nous est concerné » !
Il est, je le pense, malhonnête de laisser croire que les JO de Pékin puissent être l’occasion d’ébranler le pouvoir en place. Car ce serait sans doute le début de la fin. A l’instar de ce qu’il est advenu à son grand frère soviétique après la chute du Mur de Berlin, il est à craindre que le plus grand pays du monde ne se disloque si le pouvoir autoritaire qui le dirige ne commence à se fissurer. C’est tout le dilemme. Avec un Poutine insaisissable, un Proche-Orient disloqué, l’Irak embourbé dans la guerre et l’Afghanistan qui n’arrive pas à de débarrasser des Talibans, la communauté internationale n’a sans doute pas envie, pour des raisons autant économiques que stratégiques, de voir surgir un foyer d’instabilité dans cette région du monde.
Quelques sincères manifestations indignées n’y changeront sans doute malheureusement rien.


par Pascal Martineau publié dans : Monde
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Vendredi 4 avril 2008
Le 4 avril 1968, le pasteur noir américain Martin Luther King est assassiné à Memphis. L’infatigable et non-violent défenseur des droits de l’Homme est tombé sous les balles de la haine et du racisme. A la force bestiale de l’intolérance, il a inlassablement opposé la force des mots. Des discours qui ont enflammé les foules sans les embraser, qui ont redonné espoir à ces millions de descendants des esclaves africains que les lois ségrégationnistes américaines d’alors maintenaient dans un état de sous-hommes. Soixante ans après, les Etats-Unis de Kennedy et de Bush s’apprêtent peut-être à élire un président métis. Une véritable révolution, même si ce pays reste profondément marqué par l’héritage de l’esclavage et par une conception communautariste de la société.
A l’heure où certains, ici en Europe, semblent séduits par ce modèle au point de vouloir lui faire traverser l’Atlantique (ou même seulement la Manche tant les Anglais en sont déjà très imprégnés), il n’est pas inutile de relire (ou de réécouter en VO) le plus célèbre discours de Martin Luther King – « I have a dream… » -, prononcé le 28 septembre 1963 à Washington. Je suis parcouru de frissons à chaque fois que je l’entends.

« Le moment est maintenant venu de réaliser les promesses de la démocratie ; le moment est venu d’émerger des vallées obscures et désolées de la ségrégation pour fouler le sentier ensoleillé de la justice raciale ; le moment est venu de tirer notre nation des sables mouvants de l’injustice raciale pour la hisser sur le roc solide de la fraternité ; le moment est venu de réaliser la justice pour tous les enfants du Bon Dieu.





Je rêve que, un jour, sur les rouges collines de Géorgie, les fils des anciens esclaves et les fils des anciens propriétaires d’esclaves pourront s’asseoir ensemble à la table de la fraternité.
Je rêve que, un jour, l’État du Mississippi lui-même, tout brûlant des feux de l’injustice, tout brûlant des feux de l’oppression, se transformera en oasis de liberté et de justice. Je rêve que mes quatre petits enfants vivront un jour dans un pays où on ne les jugera pas à la couleur de leur peau mais à la nature de leur caractère. Je fais aujourd’hui un rêve !
Je rêve que, un jour, même en Alabama où le racisme est vicieux, où le gouverneur a la bouche pleine des mots "interposition" et "nullification", un jour, justement en Alabama, les petits garçons et petites filles noirs, les petits garçons et petites filles blancs, pourront tous se prendre par la main comme frères et sœurs. Je fais aujourd’hui un rêve !
Je rêve que, un jour, tout vallon sera relevé, toute montagne et toute colline seront rabaissés, tout éperon deviendra une pleine, tout mamelon une trouée, et la gloire du Seigneur sera révélée à tous les êtres faits de chair tout à la fois.
Telle est mon espérance. Telle est la foi que je remporterai dans le Sud »

par DAZIBAO publié dans : Monde
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