Le blog de Pascal Martineau

simone-veil.jpg Madame la ministre, Chère Madame.  Militant socialiste, chrétien de gauche, je vous ai, Madame, toujours admiré. Pour la courageux combat pour le droit à l’avortement que vous avez mené en 1976 contre vents et marées et contre votre propre camp – certains de vos « amis », n’hésitant pas, publiquement à l’Assemblée nationale, à vous insulter de manière ordurière, jusqu’à vous traiter de « tricoteuse » ! Pour votre combat pour la Mémoire aussi, comme en témoigne par exemple, votre soutien et votre attachement, ici à Orléans et dans le Loiret, au Centre d’études et de recherche sur les camps d’internement du Loiret (CERCIL). J’ai même espéré, en 1986 lors de la première cohabitation, alors jeune militant, que c’est vous que François Mitterrand nommerait Premier ministre. C’est pourquoi, au nom de l’admiration que j’ai pour vous et du respect que je vous dois, je tiens à vous faire part de mon grand étonnement pour la place que vous avez prise dans la campagne électorale de Nicolas Sarkozy. Son discours sur la prétendue hérédité du suicide, de la pédophilie voire de l’homosexualité (porte ouverte à l’eugénisme) ou encore le sort qu’il a réservé à des centaines de femmes, d’hommes et d’enfants qui sont venus chercher asile en France : tout cela me semble tellement contraire, à l’antithèse même des valeurs que vous défendez depuis toujours. Pourquoi, alors, avez-vous accepté de présider le comité de soutien à la candidature de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République ? La question risque de rester longtemps sans réponse. <
Jeu 21 jun 2007 1 commentaire
Pascal, j'aime beaucoup votre lettre que je trouve très forte et très émouvante. Si Mme Simone Veil vous répond, j'espère que vous pourrez nous faire découvrir ses éléments de réponse. C'est une très grande dame qui, je crois, a pris quelque peu ses distances par rapport à certains propos de Nicolas Sarkozy mais sans doute pas assez clairement. Comme vous, je l'aurais bien vue travailler avec François Mitterrand mais peut-être plus en 1988, lors de "l'ouverture". Je pense qu'elle ne pourras pas vous l'exprimer ainsi mais je me demande en fait dans quelle mesure de nombreuses personnes ne se laissent pas "instrumentaliser" plus ou moins facilement par Nicolas Sarkozy. Iln'y a qu'à voir l'actuel gouvernement pour comprendre que le Président cherche à "se mettre bien" avec diverses personalités de tout bord. C'est à la fois très déroutant et assez malsain car la politique menée ne "suit" pas celle des rapprochements qui sont faits. Cette pratique qui consiste à s'entourer de "personalité-alibis" est interessante et il faudra la suivre pour voir dans quelle mesure elle est sincère ou piégeante. Elle sème le trouble et la confusion mais risque à tout moment de pièger aussi son initiateur... Cela nous interroge tous sur la façon de faire de la politique...
Fansolo - le 22/06/2007 à 17h42