Le blog de Pascal Martineau

extrait-tract-mensonges.jpg Serge Grouard s'énerve. Et quand le maire d'Orléans perd son sang-froid, il dit n'importe quoi. Dans un tract riposte intitulé « Rétablissons la vérité », il affirme, sans rire, qu'il perçoit 1 950 euros d'indemnités de maire en janvier 2008, contre 3 300 euros pour Jean-Pierre Sueur en janvier 2001. C'est vrai... et totalement faux. Mensonges par omission. Car le député Grouard « oublie » de parler de son indemnité parlementaire qui se monte à un peu plus de 5 170 euros nets mensuels. Et si Serge Grouard ne perçoit « que » 1 950 euros d'indemnités de maire, c'est que la loi (adoptée sous un gouvernement socialiste) limite le cumul d'indemnités d'un député ou d'un sénateur qui exerce un autre mandat à une fois et demie l'indemnité de député ou de sénateur. Serge Grouard perçoit donc, pour ses deux mandats, un revenu mensuel de 5 170 + 1 950 = 7 120 euros. Ainsi, lorsque Serge Grouard n'était « que » maire, il percevait l'indemnité qu'il s'est lui même octroyée (le plafond maximum autorisé), soit 5 626,95 euros nets auxquels il faut ajouter l'indemnité de vice-président de l'agglomération (925,34 euros, soit un total net de 6 552,29 euros, à comparer aux 3 300 euros de Jean-Pierre Sueur en 2001, qui avait lui renoncé à ses indemnités de président de l'Agglomération).
Enfin, ce que Serge Grouard « oublie » également de dire, c'est que lorsque Jean-Pierre Sueur était député-maire, il avait renoncé à son indemnité de maire. Et qu'il annonce que s'il est élu maire, il annulera l'augmentation décidée en 2001 par Serge Grouard et renoncera à son indemnité de maire et bien entendu d'élu de l'agglomération, son salaire de sénateur lui suffisant amplement. Nous n'avons décidément pas les mêmes valeurs.


Précision affligeante. En réalité, les 6 552 euros nets de Serge Grouard sont à comparer à 2 150 euros nets perçus par Jean-Pierre Sueur lorsqu'il était maire et non pas les 3 300 euros annoncés sur le tract de riposte et qui représente l'indemnité brute, alors que la somme annoncée pour Serge Grouard lui, est en net. Non content d'omettre de parler des ses revenus de député et de ce qu'il percevait lorsqu'il n'était pas parlementaire, la candidat UMP-MPF-MoDem falsifie les chiffres. 

Lun 18 fév 2008 2 commentaires
Bonjour Pascal, Je me demande si l'omission n'est pas un sport politique qui dépasse les clivages. Vous comparez les 6552 € de Serge Grouard avec les 3300 € de Jean-Pierre Sueur. Etaient-ce les seuls revenus de votre candidat ? Si réellement des comparaisons entre les candidats devaient être faites, il serait intéressant de prendre TOUS les revenus, retraites, etc. Merci pour votre réponse, Cordialement.
espritlibre45 - le 20/02/2008 à 10h06
Il ne s'agit dans mon billet, comme dans le tract de Serge Grouard, que des seuls revenus liés aux mandats électifs. Si Jean-Pierre Sueur, tout comme Serge Grouard ont d'autres revenus (retraite, placements bancaires, etc.) je ne le sais pas. Cela relève de leur vie privée et  nous n'avons à la savoir. Je me suis juste borné à rétablir une vérité vérifiée et vérifiable en réponse au mensonge éhonté contenu dans le tract de Serge Grouard.
Pascal Martineau
D'accord Pascal. Ceci dit, je ne vois pas où est la question derrière ces histoires de salaires, revenus, etc. S'agit-il de pointer du doigt le pouvoir d'achat de nos élus (comme j'ai pu le lire par ailleurs) ? Dans ce cas, les chiffres donnés par les uns et les autres ne suffisent pas. Cordialement.
espritlibre45 - le 20/02/2008 à 13h08
La réponse cette question est à demander à Serge Grouard : c'est lui qui publie des chiffres erronés. En aucun cas cependant, il ne s'agit de s'interroger sur le pouvoir d'achat de nos élus, même si la question du statut de l'élu est importante. Il s'agit essentiellement pour moi de ne pas laisser dire n'iimporte quoi, surtout s'agissant d'argent public. Mais je remarque que vous ne répondez pas sur cette question. N'y a-t-il pas une certaine éthique, comme le fait Jean-Pierre Sueur, à renconcer à certaines indemnités - payées par les contribuables - , quand on les juge superflues. Vous vous contentez de noyer le poisson.
Pascal Martineau