Le blog de Pascal Martineau

Les affiches de Mai 68 De grands ateliers vides qui résonnent. Des réservoirs métaliques remplis de boulons. C'est l'image nette - maus unique - qui me reste de Mai 68. L'entreprise d'Issoudun dans l'Indre - la MECI - où travaillait mon père comme électromécanien était en grève et occupée par les ouvriers. Mon père était responsable CFDT dans cette usine qui fabriquait des fours et des tableaux électriques.
Plus tard, il y aura ces chants, gravés sur un 45 tours qui était interdit à la vente :
Chacun de vous est concerné ou encore La pègre. On les écoutait sur un vieux tourne-disque entre Ferrat et Le Forestier.
Pour le reste, perdu dans cette petite ville de provience où on allait encore  chercher du lait à la derme, n'ayant pas la télé, la chaude actualité parisienne n'arrivait pas jusque dans mon univers même si mes parents devaient sans doute y être très attentif.
Plus tard enfin, j'apprendrai que cette période fut très dure pour mes parents financièrement parlant. Ma mère ne travaillait pas et mon père ne rapportait plus de salaire à la maison. Ce fut le temps de vaches maigres.. et de la solidarité de toutes celles et ceux qui ont permis à un famille de trois enfants de vivre.
Aujourd'hui, Mai 68 symbolise à mes yeux la politique pas seulement conservatrice mais réactionnaire de la droite française de XXIe siècle. Les discours de Nicolas Sarkozy sont tout à fait clairs à ce sujet. Mais à écouter certains discours ou à analyser certaines décisions, on constate avec effarement que le "désir de passé" de la droite française va bien au delà. L'esprit revanchard qui l'anime renvoit l'incite parfois à vouloir remettre en cause le Front populaire et - au delà - la Révolution française elle-même, comme le prouve la tentative du président de la République de remettre en cause le principe fondamental de non-rétroactivité des lois.

Ven 21 mar 2008 3 commentaires
Pascal tu est le seul à faire un article sur mai 68, avec "Le lac des signes". Il est très bien car c'est du ressenti, c'est ta vision à partir d'une ville de province. Le fait est que beaucoup parle des évènements de Paris et des grandes capitales mais peu parlent de la Province. Quant à la remise en cause de cette période, elle est lamentable. C'est bien cette vieille droite, dont on s'était presque débarrassée qui voudrait revenir en force avec ses vieilles scies. Lamentable, petit et mesquin sont les qualificatifs qui me viennent à l'esprit pour caractériser les envie de Mr Sarkosy.
BCT - le 24/03/2008 à 11h03
Merci pour cet article. J'en ai moi-même un en réserve. Je vivais alors dans la banlieue parisienne et mes souvenirs n'ont rien à voir avec le discours présidentiel, qui en brosse un tableau on ne peut infernal dans le sens le plus injurieux du terme. Quand je pense qu'il n'a qu'une année de plus que moi, donc 13 ans à l'époque, je me demande en quoi il a "souffert" et "perdu"... Sans doute un problème de "classe" sociale, bien qu'il tente de se faire passer pour quelqu'un du peuple, qui a manqué ! Toujours l'histoire réécrite, même la sienne. Moi je me souviens du grand espoir que cela a amené, les augmentations salariales non négligeables, de même pour les prestations sociales de toutes sortes ainsi que les pensions des personnes âgées . Je me souviens aussi et tu as raison de le souligner du manque de tout mais d'une entraide et solidarité formidable .
Circé - le 25/03/2008 à 09h15
Il y aurait dix fois plus de raisons objectives pour un soulèvement générationnel aujourd'hui en France qu'à l'époque... http://bboeton.wordpress.com/2008/04/26/mai-68-chacun-son-couplet/ Bien cordialement
L'Abrincate - le 30/04/2008 à 06h14